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    Analyse

    Aquaculture: Un plan fantôme

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    Aucun début d’exécution depuis son lancement en 2011
    L’objectif de 200.000 tonnes «enterré»
    Pléthore d’intervenants et déficit de coordination

    Quatre grands sites ont été identifiés depuis quatre ans mais tardent à être exploités. Des projets conventionnés et signés devant le Souverain dans le cadre du partenariat public-privé sont restés sur le papier, faute d’autorisations nécessaires

    Quatre années nous séparent de l’échéance 2020, alors que le plan aquacole est toujours au point mort. Cette pièce maîtresse de la stratégie Halieutis lancée en 2009 peine à démarrer. Pourtant, l’Agence en charge du pilotage est réellement opérationnelle depuis 2011.
    Quatre sites ont été identifiés mais leurs plans d’aménagement ne sont toujours pas opposables aux divers départements ministériels concernés: Intérieur, Equipement, Tourisme et Pêche. Déficit de syndication interministérielle  ou absence de coordination des politiques publiques?
    Ce qui est sûr, toutes les conventions signées devant le Souverain, le 14 avril 2014 sont restées lettre morte. En cause! Des difficultés administratives à la pelle, faute de plans d’aménagement de sites aquacoles opposables à tous les intervenants. Du coup, de nombreux projets aquacoles ont été tout simplement enterrés pour ne pas dire noyés. En novembre 2015, l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA) avait lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour l’exploitation du site de Dakhla-Oued Eddahab. Le dernier délai pour les dépôts de dossiers ayant été fixé au 22 avril 2016. Ce plan d’aménagement a identifié 878 unités de production pour superficie de plus de 6.556 hectares. Le montant d’investissement prévisionnel est estimé à 2,8 milliards de DH avec une production cible annuelle de près de 115.000 tonnes et 3.300 emplois à la clé.
    Des prévisions ambitieuses certes, mais qui éloignent encore de l’objectif de 200.000 tonnes de poissons à l’horizon 2020. Le cycle de croissance aquacole, en particulier la production de poissons est en effet, assez long. Il faut compter entre 4 et 5 années selon les espèces. C’est dire le retard pris pour une activité censée réduire la pression sur la ressource halieutique, voire générer des richesses et des milliers d’emplois qualifiés. Aujourd’hui des profils qui ont suivi des formations pointues pour justement accompagner les projets aquacoles sont obligés de s’expatrier. Quel gâchis! Quand on sait que la moitié de la consommation mondiale du poisson est fournie par l’élevage.     
    Pour le moment, la production aquacole ne représente que 0,1% du total des prises de la pêche maritime. Elle stagne aux alentours de 430 tonnes dont environ 93% de poissons et 7% de coquillages. Une seule ferme, Aqua M’Diq assure la totalité de la production de poisson issu de l’élevage marin: 300 tonnes.  
    L’évolution de cette production montre que l’aquaculture s’est faite selon deux étapes. Avant 2006, la production piscicole, constituée essentiellement du bar et de la dorade, avait connu une croissance rapide entre 1990 et 2005 pour cumuler à 1.300 tonnes. Pour ce qui est de la production conchylicole, composée  d'huîtres creuses et localisée à Dakhla et Oualidia, elle est restée quasiment stable aux alentours de 300 tonnes. A partir de 2006, c’est la chute libre de la production piscicole avec l’arrêt de la société Marost à Nador.
    Pourtant, l’activité ne manque pas d’atouts. Tous les sites identifiés s’y prêtent. Ils sont assistés par un réseau de surveillance zoo-sanitaire géré par un laboratoire national de pathologie des animaux marins. Le savoir ne manque pas non plus. L’aquaculture a bénéficié d’un  programme de R&D en matière de diversification et d’études sur la nutrition des espèces, notamment le développement des aliments spécifiques. Des chantiers de mise en place de nouveaux laboratoires spécialisés en aquaculture et des fermes expérimentales ont été également lancés dans certaines régions.
    A.G.

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