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    International

    Attentats de Ouagadougou: Le week-end où tout a basculé

    Par L'Economiste | Edition N°:4688 Le 18/01/2016 | Partager
    Une attaque d’une ampleur inédite dans un pays jusque-là à l’abri des influences jihadistes
    C’était le dernier «bastion» antiterroriste dans la région

    Le Burkina connaît un contexte sécuritaire extrêmement tendu. Les attentats de Ouagadougou ont eu lieu quelques heures après l’attaque menée par une vingtaine d’hommes lourdement armés contre une unité de la gendarmerie dans le nord du pays. Deux Australiens ont aussi été enlevés dans cette même zone dans la nuit de vendredi 15 au samedi 16 janvier (Ph. AFP)

    On le croyait encore relativement à l’abri, dans un Sahel en proie aux violences extrémistes. Le «Pays des hommes intègres» était l’un des derniers îlots de stabilité anti-terroriste dans cette région de la bande sahélienne. C’est aussi l’une des zones d’investissement privilégiées du secteur privé marocain, avec plusieurs entreprises implantées dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Ouest. Les influences des groupuscules islamistes actifs dans cette zone ne s’y étaient pas encore étendues malgré les proximités des zones de combat libyenne et malienne. C’est chose désormais faite depuis ce week-end. C’est un peu le message que le groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, qui a revendiqué les attaques de ce samedi 16 janvier à Ouagadougou, ont essayé de faire passer. Ce mouvement est l’une des ramifications du groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Bousculés et traqués par les forces maliennes et françaises lors de l’opération «Barkane» dans le nord du Mali, les groupes extrémistes ont tendance à traverser les frontières poreuses de la région pour se projeter dans le nord du Burkina. De plus, le pays vient tout juste de réussir une alternance présidentielle démocratique, qui renforçait son exception de sécurité et de stabilité dans la région. La récente élection de Roch Mark Christian Kaboré à la tête du pays relançait la transition démocratique entamée depuis le renversement du président Blaise Compaoré, après près de 30 ans au pouvoir. Une situation de retour à l’ordre institutionnel que les groupes jihadistes ont tout intérêt à mettre en péril, pour profiter des failles d’un Etat affaibli.
    Pour un rappel des faits, 29 personnes ont été tuées et une trentaine d’autres blessées dans l’attaque d’un commando jihadiste contre l’hôtel Splendid et le café-restaurant Capuccino à Ouagadougou, la capitale burkinabée, dans la soirée du samedi 16 janvier. Les établissements visés sont fréquentés majoritairement par des étrangers. Plusieurs nationalités ont été dénombrées parmi les décès. Le Canada a payé le plus lourd tribut: six de ses ressortissants font partis des victimes. Cinq Burkinabés, trois Français, deux Suisses et un Américain sont aussi sur la liste des personnes tuées. L’artiste photographe franco-marocaine Leila Allaoui a été blessée dans des échanges de tirs à l’hôtel Splendid entre les forces de sécurité et les terroristes.  Elle a subi une intervention chirurgicale d’urgence, mettant sa vie hors de danger. Un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération a condamné avec «la plus grande vigueur» les attaques de Ouagadougou et exprimé sa solidarité avec le peuple et le gouvernement burkinabés.
    Safall FALL

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