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    International

    Région Mena
    Gueule de bois de la classe moyenne

    Par L'Economiste | Edition N°:4688 Le 18/01/2016 | Partager
    Il faut un nouveau contrat social
    Education et santé, deux gros échecs
    L’analyse d’un expert de la Banque mondiale

    Les experts sont unanimes quant à la nécessité d’un nouveau contrat social. «S’il est parvenu à accroître les taux de scolarisation, à améliorer l’accès aux soins de santé essentiels et à réduire l’extrême pauvreté, l’ancien a cessé d’être opérant à partir des années 2000, surtout du point de vue de la classe moyenne», fait savoir Shantayanan Devarajan, économiste en chef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale(1). L’expert était intervenu au Forum de Paris-Casablanca Round 2015. Le «contrat n’était pas en mesure d’offrir des systèmes d’éducation et de santé de qualité. Ni des emplois dans le secteur privé».
    Shantayanan Devarajan soutient la thèse qui confirme que l’insatisfaction ressentie par les populations quant à leur qualité de vie a conduit au surgissement du Printemps arabe en 2011. Cette dégradation se manifestait par la pénurie d’emplois dans le secteur formel, la mauvaise qualité des services publics, une gouvernance et une responsabilisation déficientes. Aussi, l’existence d’un système de subventions généralisées ne permettait pas de compenser ces frustrations sociales dans la mesure où elles ne profitaient pas aux pauvres et ne créaient pas d’emplois.
    Cinq ans après, c’est la fragilité, voire le chaos qui prévaut dans la plupart des pays traversés par le «Printemps arabe». La situation est telle que plusieurs régions dont la Syrie, l’Irak, le Yémen et la Libye sont enlisées dans la guerre civile tandis que le terrorisme menace la sécurité d’autres pays. C’est toute la région Mena qui souffre de cette fragilité.
    Les besoins de financement pour la reconstruction et la relance de ces pays sont élevés. Le coût de la reconstruction de la Syrie, de l’Iraq et de Gaza est estimé à 750 milliards de dollars, selon la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale.
    D’où la nécessité de toute urgence de renouveler le contrat social et restaurer la confiance dans l’Etat. Pour l’expert de la Banque mondiale, «ce nouveau contrat social doit reposer sur un secteur privé plus puissant, porteur d’emplois et d’égalité des chances, sur des services publics plus efficaces, inclusifs et transparents». Et surtout sur la promotion de la participation et de la parole citoyennes.
    A noter que le «contrat social» est une expression inventée par Jean-Jacques Rousseau. «Du Contrat Social ou Principes du droit politique» est un ouvrage de philosophie politique pensé et écrit par Jean-Jacques Rousseau, publié en 1762. L’œuvre a constitué un tournant décisif pour la modernité et s’est imposée comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Tout en affirmant le principe de souveraineté du peuple appuyé sur les notions de liberté, d’égalité, et de volonté générale.

    Retour de la croissance

    La croissance économique dans la région Mena a considérablement ralenti après 2011. Dans ses Perspectives économiques mondiales 2016, la Banque mondiale prédit que la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 5,1% en 2016 contre 2,5% en 2015. Toutefois, la région est exposée à d’importants risques. «Escalade possible des conflits, poursuite de la baisse des cours pétroliers et incapacité à améliorer les conditions de vie outre la hausse du chômage… sont susceptibles de déclencher des troubles sociaux». Ce qui risque d’impacter le climat des affaires et la confiance des investisseurs (cf. notre édition du N° 4682 du 07/01/2016).

    F. Z. T.

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    (1) Pour mieux expliquer sa vision, il a rendu publique une note avec des infographies interactives intitulée «Pourquoi faut-il un nouveau contrat social dans la région Mena» (http://menaviz.worldbank.org).
     

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