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    International

    L’Espagne rentre dans une nouvelle ère politique

    Par L'Economiste | Edition N°:4672 Le 21/12/2015 | Partager
    Des législatives historiques qui mettent fin à plus de 33 ans de bipartisme
    Deux nouveaux partis redéploient les cartes du pouvoir

    36,5 millions d’électeurs devaient se rendre aux urnes hier dimanche en Espagne (jusqu’à 19h00 GMT) pour des législatives sans précédent, destinées à choisir 350 députés et 208 sénateurs et à élire un nouveau chef du gouvernement. A l’heure où nous mettions sous presse, les résultats n’étaient pas encore tombés. Mais quelle que soit l’issue, ces élections marquent la fin d’une ère politique marquée par un bipartisme qui a duré pendant plusieurs décennies. En effet, depuis 1982, deux partis s’alternent au pouvoir: le Parti socialiste (PSOE) et le Parti populaire (PP). Le dernier à gouverner est le PP, à la tête du gouvernement depuis 2011, mené par Mariano Rajoy.
    Jamais les élections n’ont été aussi incertaines. Crise économique, bulle immobilière, chômage, austérité et scandales de corruption à répétition ont eu raison d’une droite qui ne cesse de s’effriter ouvrant une brèche à de nouveaux concurrents. Pour ce rendez-vous historique, deux jeunes formations politiques sont venues bousculer les mastodontes traditionnels: le parti anti-austérité de gauche radicale, Podemos, fondé début 2014 et dirigé par un jeune professeur de sciences politiques de 37 ans, Pablo Iglesias. Il met surtout l’accent sur la lutte contre la corruption, la défense des classes populaires, pour lesquelles il prône un «plan d’urgence sociale», ainsi que sur le droit à l’autodétermination pour les Catalans et les Basques. Et puis le petit parti de centre droit, Ciudadanos, mené depuis 2006 par le jeune avocat de 36 ans, Albert Rivera, qui a assis sa notoriété sur la dénonciation de la corruption et la défense de l’unité de l’Espagne face aux tentations indépendantistes. Revendiquant des orientations économiques et sociales libérales, il propose notamment d’investir dans la recherche et l’éducation, et de mettre fin aux contrats de travail temporaires qui céderaient la place à un contrat de travail unique.
    Face à ces jeunes loups de la politique, le chef du gouvernement sortant, Mariano Rajoy (60 ans, 34 ans de vie politique, cinq fois ministre), plaide en faveur de la poursuite d’une gestion saine des finances publiques. Il  garantit aussi des retraites aux 11 millions d’électeurs de plus de 60 ans sur lesquels il se concentre. Rajoy axe son argumentaire sur la reprise démarrée en 2014, et promet la création de deux millions d’emplois en quatre ans.
    Le quatrième candidat est le socialiste Pedro Sanchez (43 ans), un professeur d’économie madrilène, qui ne s’est fait connaître du grand public qu’il y a deux ans. Le social démocrate promet un revenu minimum «vital» pour les familles sans ressources, et s’engage à rétablir les droits bafoués, selon lui, par la droite (des salariés, des immigrés, des femmes,…).

    Aucun parti ne pourra
    gouverner seul

    Le PP, largement majoritaire en 2011 avec 45,23% des voix, n’aurait que quelques points d’avance sur les trois autres, selon les sondages, sans dépasser les 30%. Avec un Parlement fractionné, le vainqueur aura du mal à former un gouvernement, surtout que le centriste droit, Ciudadanos, a déjà annoncé son refus de toute alliance avec le PP ou le PSOE. Certains observateurs appréhendent même la tenue de nouvelles élections.

    A.Na

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