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    Chronique

    Chabat et l’Istiqlal après le 4 septembre
    Du rififi au PI

    Par L'Economiste | Edition N°:4616 Le 29/09/2015 | Partager

    Professeur de droit, politologue, avocat au barreau de Casablanca

    Les résultats du scrutin communal et régional du 4 septembre ont été d’inégale portée pour la trentaine de partis en lice. Mais ce sont les résultats de la formation istiqlalienne de Hamid Chabat qui retiennent davantage l’intérêt – outre le raz-de-marée du PJD qui a triplé ses sièges et ses voix par rapport au précédent scrutin de juin 2009. Pourquoi? Pour deux raisons: l’une a trait au sort de son leader, Hamid Chabat; l’autre regarde le positionnement post-électoral de son parti.
    Ce responsable avait mis en balance son statut de responsable du PI s’il n’arrivait pas premier et partant s’il ne remportait pas la «bataille de Fès», capitale spirituelle qu’il  préside depuis 2003. Or, il a été battu par un candidat PJD, Driss Azami El Idrissi, qui a raflé les six communes. C’est pour lui une cuisante défaite personnelle. Allait-il remettre son tablier? Il s’en est bien gardé, pour l’heure en tout cas. Il a ainsi invoqué un argument: celui de la «résistance» de son parti dont les élus dépassent les 5.000 sièges (5.106 contre 5.292 en 2009), soit 16,22% comparés aux 16,6% six ans  plus tôt. Mais son recul est patent à Fès, Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger,…
    Dans le même temps, il initie une manœuvre pour faire pièce à l’absence de solidarité de ses alliés de l’opposition. Il annonce la fin de l’alliance avec le PAM ainsi que sa décision d’apporter un «soutien critique» à la majorité et ce, au cours d’une réunion d’urgence du comité exécutif dans la soirée du 12 septembre. Cinq membres seulement étaient présents. De quoi faire réagir une bonne vingtaine d’«absents» – dont Karim Ghellab, Toufik Hjira et Yasmina Baddou. Une deuxième réunion du comité exécutif se tient alors le samedi 19 septembre; elle fixe au 17 octobre les 8es assises de ce conseil national, prévues d’ailleurs dans le calendrier de ce parti, six mois après celles du 25 avril dernier.
    Chabat a ainsi créé une situation de fait qui n’est sans doute qu’une option: celle de quitter l’opposition et d’examiner la faisabilité d’un redéploiement vers la majorité. Avec la nouvelle posture du «soutien critique», le PI garderait sa liberté de parole et de vote: il se prononcerait au cas par cas, dossier par dossier. Dans cette même ligne, il fait  aussi miroiter aux siens un proche retour au gouvernement après 2016, les douze mois restant d’ici cette échéance n’étant qu’un «tour de chauffe» de normalisation. C’est qu’en effet le PI a un centre de gravité qui ne le place pas dans l’opposition. Son parcours historique pousse dans ce sens; la sociologie de son électorat et de sa clientèle aussi; enfin, le profil de ses dirigeants et le maillage d’intérêts consolidés depuis l’indépendance dans le secteur financier, l’agro-industrie, le commerce…
    Reste des obstacles à surmonter. Le premier est celui du conseil national du 17 octobre. Se tiendra-t-il à cette date? Les problèmes de sa composition seront-ils réglés? Référence est faite ici aux 200 membres rajoutés in extremis par Chabat pour boucler un millier de participants mais aussi au sort de la trentaine d’exclus. Maître-d’œuvre de cette grand-messe en sa qualité de président de cette instance, Toufik Hjira devra aplanir toutes ces difficultés. Karim Ghellab et Yasmina Baddou sont sur cette même ligne alors qu’ils avaient déserté le camp Abdelouahed El Fassi – candidat contre Chabat en 2012 ­– par suite de «pressions» de dernière minute… Des dirigeants comme Kayouh, Mediene, Hamdi Ould Rachid ou encore Ansari s’interrogent et scrutent la météo. Le groupe parlementaire istiqlalien est en effervescence. Et tout le monde attend le scrutin du 2 octobre prochain relatif à la nouvelle Chambre des conseillers pour savoir si le PI pourra former un nouveau groupe, douze élus étant requis.
    Pour l’heure, en tout cas, Hamid Chabat se veut confiant dans la perspective du conseil national; il dispose au sein de cette instance de quelque 450 membres acquis (350 pour la jeunesse et 100 pour l’UGTM), sans parler de centaines de «flottants». Son profil et sa pratique cristallisent les uns et les autres; il tient cependant l’appareil et ses réseaux.  Mais son sort n’est-il réductible qu’aux seules instances istiqlaliennes? La «sortie» du ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad, lors du Conseil de gouvernement du jeudi 17 septembre sur le «chantage» de Chabat fait à l’Etat pour le faire élire laisse perplexe et il nourrit de forte interrogation à cet égard. Pourquoi en effet une mise en cause si tardive et pas inscrite au reste à l’ordre du jour de la réunion de ce cabinet ? Un billard à deux bandes au moins?...

    Le PAM, victime collatérale?

    Dans tout ce remue-ménage frappant la famille istiqlalienne, le PAM, en premier lieu, se trouve bien isolé du fait de cette nouvelle situation. Cette volte-face du PI laisse en effet le PAM esseulé, dégarni, fortement exposé et ne pouvant plus se présenter comme porteur d’une alternative crédible à terme.
    En second lieu, le statut actuel du RNI, incontournable pour boucler une majorité en octobre 2013, sera minoré non seulement d’ici la fin de la présente législature mais sans doute au-delà. L’état des forces électorales, marqué par une certaine stabilité, pourra même permettre d’envisager sa non-participation suppléée par le PI, si d’aventure il était trop gourmand.
    Enfin, en dernier lieu, Benkirane reprend la main dans tous les cas de figure en pouvant tabler sur une majorité formée du PJD, du PI et/ou du RNI, du MP et de l’UC. Il peut même faire une offre à l’USFP pour isoler davantage le PAM. C’était d’ailleurs ce qu’il souhaitait au lendemain du scrutin du 25 novembre 2011, à savoir une alliance PJD/Koutla qui avait plus d’une vingtaine de sièges au-dessus de la majorité absolue de 198 membres.

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