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Workaholics, ils se dépensent sans compter

Par L'Economiste | Edition N°:4558 Le 30/06/2015 | Partager
Jusqu’à 80 heures de travail par semaine, leur passion les anime
Besoin de personnes «miroirs» et de conseil

Les businessmen vivent leur vie à cent à l’heure. Ils sont souvent amenés à travailler deux fois plus que tout le monde. Ceux qui réussissent sont ceux qui n’ont pas peur de faire des sacrifices

Le patron d’entreprise qui arrive au bureau à bord de sa berline dernier cri, cigare à la main, à l’heure qui lui chante et qui passe son temps à ne rien faire, si ce n’est donner quelques ordres, n’est souvent qu’une vulgaire caricature. Pour préserver leur business, les entrepreneurs sont obligés de travailler deux fois plus que tout le monde. Même s’ils ne sont pas physiquement au travail, ils n’arrêtent jamais de cogiter. Dans leur tête, les idées bouillonnent. Ils savent qu’ils n’ont qu’une: réussir, sinon mettre la clé sous la porte. Pour entreprendre, il ne faut pas avoir peur de faire des sacrifices.
«Lorsque je rentre du bureau avant 22h, ma femme pense que je suis malade», ironise Anas Sefrioui, président du groupe Addoha, cité dans le livre «Surprenants entrepreneurs marocains», de Karim Amor et Mohamed Elmanjra.  
«Je travaille depuis que j’ouvre les yeux. Je vais petit déjeuner en testant des idées de boulot, je m’habille en pensant à un problème, je monte dans ma voiture en passant des coups de fil. Après avoir passé ma journée au bureau, le soir je finis de traiter mes mails», confie Adil Douiri. L’ex-ministre du Tourisme travaille en moyenne 6 jours/7 et jusqu’à 60 heures par semaine. Sans compter le «processing inconscient du cerveau» qui fonctionne non-stop.
«Même quand vous êtes en vacances, impossible de vous détachez complètement de votre entreprise. Mais quand vous êtes passionné, vous ne comptez pas», confirme Mohamed Khalil. Philippe Bloch, lui, quand il essayait de sauver son affaire vers la fin des années 90, travaillait jusqu’à 80 heures par semaine. Mais passionné, c’était pour lui «du pur bonheur».
Moulay Hafid Elalamy, lui, se dépense sans compter. «Ce n’est pas du fonctionnariat. Tout dépend des besoins. Vous pouvez ne pas travailler pendant deux jours, et puis enchaîner sur une semaine sans arrêter, en dormant deux heures par nuit. Et encore! Quand on a des soucis, le cerveau ne dort pas», estime le fondateur du groupe Saham.  
Si certains vivent plutôt bien cette situation, d’autres s’en sortent péniblement. C’est le cas de Adil Douiri, également homme politique très en vue. «Je ne surmonte pas mon stress, je le vis très mal. Cela dépend de la nature des gens. Il y a ceux qui restent sereins, et puis ceux qui ne dorment pas, qui se réveillent en pleine nuit en pensant à des problèmes, qui en parlent le lendemain, qui y réfléchissent en se rasant ou sous la douche», livre-t-il.
Stress, pressions, challenges,… les businessmen vivent leur vie à cent à l’heure. Néanmoins, tous ceux qui ont été interrogés affirment qu’ils n’ont pas pour autant besoin d’être «accompagnés» ou coachés. Ils ont plus besoin de «miroirs» ou de «sparring-partners», comme dirait Douiri. De personnes de leur entourage immédiat (famille, amis, collaborateurs,…) à même de les écouter, et avec suffisamment de recul pour les conseillers et leur permettre de «dédramatiser» les situations. Ils s’appuient aussi sur leurs leçons de vie.

Pour se ressourcer, chacun

sa méthode

Se détendre et évacuer son stress est capital pour les entrepreneurs. Chacun sa méthode. Si Adil Douiri se réfugie dans la musique et le sport, quand il le peut, Samir Benmakhlouf a un rituel bien à lui pour se «vider l’esprit». Après une dure journée, il aime à regarder les news et les documentaires policiers. «La spiritualité m’aide aussi énormément. J’ai des croyances très profondes. J’estime que nous sommes responsables des moyens, mais les résultats, c’est la volonté divine», dit-il. Moulay Hafid Elalamy, pour sa part, se ressource d’abord en s’entourant de sa famille. Pour se détendre et recharger ses batteries, rien de mieux à ses yeux que la lecture et la musique.  
Mohamed Khalil, lui aussi est friand de lecture. Il planche actuellement sur l’histoire du Maroc, qu’il n’a «pas assez étudiée étant petit». C’est aussi un amateur de sports, surtout de nage et de footing. Plus jeune, il pratiquait la chasse sous-marine. «Le stress dépend aussi de l’âge. Quand vous avez plus de 70 ans, vous jouissez de plus de sagesse et de recul, vous n’avez pas les mêmes réactions qu’un jeune fougueux», concède-t-il. Karim Amor, pour sa part, raffole des «rides à moto» et de «l’exploration marketing des trends futurs».

Ahlam NAZIH

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