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    Economie

    Les pêcheurs en rogne boycottent Halieutis

    Par L'Economiste | Edition N°:4459 Le 10/02/2015 | Partager
    Ils s'estiment lésés par la surexploitation des navires pélagiques
    600 t de captures/j dont 8% destinées à la fabrication des farines de poisson
    Les opérateurs exigent une révision de la réglementation

    Boycott, sit-in, manifestations… les représentants de la Fédération nationale des professionnels

    Ambiance tendue à quelques jours de la tenue de la 3ème édition d’Halieutis. En témoigne la conférence de presse «houleuse» qui a eu lieu samedi dernier en début de soirée et qui a tangué entre pro et anti-Halieutis. Les uns saluant les clauses de la stratégie Halieutis, les autres les remettant en question

    de la pêche côtière au Maroc (FNPPCM) promettent de faire porter leurs voix durant la 3e édition du Salon Halieutis. Apparemment, la manifestation qui se déroulera du 18 au 22 février prochain ne fait pas l’unanimité. Motif, désaccord sur les clauses de la stratégie Halieutis. Dans les rangs des professionnels de la pêche, ça chauffe déjà. En témoigne la conférence de presse «houleuse» qui a eu lieu samedi dernier et qui a tangué entre pro et anti-Halieutis. «Durabilité, performance et compétitivité… les axes majeurs de la stratégie annoncés par le ministre de tutelle en 2009 ne sont même pas réalisés à 50%», déclare Abdellatif Saâdouni, président de la Fédération nationale des mareyeurs dans les ports et marchés nationaux (FNMPMN). Dans ce sens, les professionnels de la pêche mettent en avant l’exemple du port de Dakhla où sont actifs 23 navires pélagiques Refrigerated sea water (RSW). Sont pointés du doigt les pratiques de capture utilisées par «ces engins destructeurs». Avec une main-d’œuvre limitée à 4 personnes, ces navires peuvent pêcher jusqu’à 600 tonnes par jour dont seulement 20% congelés. Les 80% restants étant orientés vers la fabrication de farine de poisson, un véritable gâchis, précisent les organisateurs. Le cumul de la récolte des 23 chalutiers sur les douze mois de l’année fait ressortir que les richesses halieutiques pêchées dépassent les 4 millions de tonnes par an.
    Par opposition, et dans la même zone C, 75 bateaux de pêche côtière industrielle utilisent

    La capacité industrielle des navires pélagiques ne dépasse pas 600 t/j. Le surplus est rejeté à la mer causant un véritable désastre écologique
     

    les senneurs pour leurs captures qui ne doivent pas dépasser les 30 tonnes par unité sachant qu’ils ont une capacité réelle de 120 tonnes par bateau. Toutefois, ces senneurs doivent être équipés en caisse de plastique normalisée dont le nombre ne doit pas dépasser  2.000, ce qui est l’équivalent d’une charge de 30 tonnes. «Ce n’est pas facile d’amortir l’investissement surtout que le coût d’aménagement des cales atteint 220.000 DH par bateau», explique Mohamed Adid, président de la FNPPCM. D’un autre côté, ces senneurs sont soumis à une réglementation qui interdit de pêcher la courbine (Azemza), alors que le système utilisé ne permet pas la pêche sélective. Pour précision, la capture de la courbine est réservée aux palangriers depuis 2011. Récemment, une vidéo a fait le buzz sur Internet. Elle montrait les pêcheurs à bord d’un senneur, obligés de déverser dans la mer un banc de courbine de près de 400 tonnes. Une décision difficile mais obligatoire sinon il faut payer une amende élevée. Cas du capitaine du «Kortoba» qui a bravé cette mesure et qui risque actuellement de payer un montant qui varie entre 400.000 DH à 1 million de DH d’amende avec mise à pied et risque d’emprisonnement. Par ailleurs, le poisson déversé dégage en se décomposant une matière qui fait fuir les autres espèces marines durant un certain temps, ce qui porte un coup à l’environnement.

    Emplois générés

    Pour les 75 bateaux de pêche côtière, on enregistre un cumul total annuel de 400.000 tonnes de poisson pêché durant les sept mois que dure l’activité. Et qui est conservé ou congelé à 100%. Ce qui porte le taux d’exploitation de la réserve halieutique par ces bateaux dans cette zone C à 9,5% tandis que celui des RSW atteint 90,5%. «Difficile de parler de durabilité dans ces conditions», souligne Saâdouni. C’est pourquoi, les professionnels de la pêche insistent pour une révision des pratiques adoptées par les RSW et qui ne vont pas dans le même sens que la stratégie Halieutis puisqu’elle représente un gaspillage de la ressource. La donne est inversée dès qu’il s’agit des emplois directs engendrés, avec notamment pour les 75 bateaux de pêche côtière quelque 2.400 postes d’emploi directs et 1.275 indirects. Contre seulement 92 emplois directs pour les RSW. Par ailleurs, les professionnels de la pêche côtière se plaignent aussi du zoning qui les pénalise. La zone C qui comprend Dakhla et Boujdour étant la plus riche en potentiel halieutique est aussi monopolisée par les 23 RSW. Ce qui impacte la valorisation du stock C et les intérêts des pêcheurs de la zone A qui s’étale de Saïdia à Tafdna et la zone B de Tafdna à Nord Boujdour.

    Fatiha NAKHLI

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