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    Société

    Une coalition pour défendre les handicapés

    Par L'Economiste | Edition N°:4414 Le 05/12/2014 | Partager
    Composée d’ONG, elle vise à modifier le projet de loi-cadre 97/13
    Son objectif : dialoguer avec le Parlement autour des amendements
    Près de 10% de la population sans prise en charge, ni accès aux soins

    Marginalisées, les personnes handicapées sont en situation précaire au Maroc. Elles sont ignorées du système. La coalition «SOS 97/13» s’est constituée pour défendre leurs droits et proposer des nouvelles mesures plus efficaces au gouvernement

    Pas de prise en charge, pas de couverture sociale, pas d’accessibilité et très peu de reconnaissance. Voilà le quotidien des handicapés au Maroc que l’OMS estime à près de 10% de la population globale. Leurs droits ont pendant longtemps été mis à l’écart des priorités du législatif jusqu’à l’adoption récente du projet de loi-cadre 97/13 relatif à la promotion des droits des PSH par le Conseil de Gouvernement. C’est pour changer la donne qu’une nouvelle coalition composée d’associations  et de réseaux créée il  y a quelques semaines de cela a organisé une rencontre à Rabat. Son objectif: dialoguer avec le Parlement en mettant en place un plaidoyer et proposer des modifications au projet de loi-cadre 97/13 qui permettront d’améliorer la situation des handicapés dans le Royaume.
    Le Mouvement en question, dénommé «SOS 97/13», est né suite à l’adoption par le gouvernement du projet de loi-cadre 97/13 renvoyant aux droits des handicapés au Maroc. Un projet sur lequel la coalition est actuellement en train de structurer un premier avis. «SOS 97/13» est par ailleurs constitué de nombreuses ONG, parmi lesquelles le Réseau des associations intervenant dans le domaine du handicap au Nord du Maroc, la Fédération Nationale des sourds au Maroc, l’Association Horizon de Ouarzazate et l’Amicale Marocaine des Handicapés (AMH), dont l’implication est totale.
    «Il s’agit d’un mouvement dont le but consiste dans un premier temps à créer une force de proposition émanant de la société civile et regroupant handicapés, familles et associations pour agir auprès des décideurs politiques afin d’obtenir une meilleure intégration de l’approche du handicap dans les politiques publiques», confie Mohamed Laazri, l’un des coordinateurs de la coalition et Vice-président de l’AMH. Une démarche qui permettra ainsi de promouvoir le plein exercice de l’ensemble des droits et libertés fondamentaux des personnes en situation de handicap. «Nous demandons à ouvrir un débat national auquel tout le monde doit participer», souligne le coordinateur. «Il est temps que les besoins réels de la population l’emportent sur l’enjeu politique. Notre SOS est une sonnette d’alarme. La situation des PSH, de leurs familles est tellement alarmante qu’ils n’arrivent plus à supporter le coût du handicap», ajoute le vice-président de l’AMH.
    Le mouvement revendique le droit à l’accès aux soins et à l’autonomie ainsi que la diminution des préjugés au sein de la société. Le gouvernement doit également,  d’après la coalition, encourager la participation des handicapés et de leurs familles à l’élaboration de la loi cadre durant les prochaines étapes de l’adoption du projet.
    De plus, le soutien des handicapés et leur évolution positive au sein de notre société doit reposer en partie sur les épaules des élus, des ministères concernés et de l’agence de développement social. «Il n’y a que la famille qui supporte les retombées du handicap, quand famille il y a», précise Laazri. Enfin, en ce qui concerne l’éducation,  d’importants progrès demeurent encore à accomplir d’après le groupe. «Un autiste nécessite une éducation adaptée et cela demande un investissement en terme de coût», confie-t-il.
    Le projet de loi nécessite d’être revu à plusieurs niveaux. Le document adopte différentes approches à la fois, ce qui affaibli le traitement du texte. Deuxièmement, il n’existe pas à ce jour d’agenda concernant l’élaboration des lois et des décrets d’application concernés. Le mouvement a également mis en exergue la non participation des personnes en situation de handicap et de leurs associations représentatives à la réalisation du projet. Enfin, ce dernier n’a pas été soumis au Conseil national des droits de l’Homme et au Conseil économique, social et environnemental pour avis.
    La réforme du projet de lois reposera sur plusieurs moyens d’action concrets employés par la coalition. Le mouvement réalisera tout d’abord un dialogue avec les acteurs politiques autour du projet en mobilisant l’opinion publique. Le groupe favorisera par ailleurs la participation des PSH au processus du plaidoyer. Une démarche qui aboutira à la formulation de propositions d’amendement de ce projet.
    Suite à la structuration d’un premier avis sur la loi cadre et à la présentation de la stratégie plaidoyer du mouvement, la démarche de «SOS 97/13» donnera lieu à l’élaboration concrète d’un mémorandum. Le document présentera de manière succincte les corrections et les propositions d’amendement. La proposition d’amendements représentera le résultat du travail des acteurs et mouvements œuvrant pour la promotion des droits des PSH, autrement dit la voix de la société civile.

    Un régime de retraite adapté

    Parallèlement à cette action et à l’occasion de la journée mondiale des handicapés, le collectif pour la promotion des droits et de la citoyenneté des personnes en situation de handicap/Région de Casablanca-Settat (CPDCPSH) qui a créé «SOS 97/13», vient de tenir une journée d’étude avec des syndicats renommés pour permettre aux handicapés d’accéder à un système de retraite adapté conformément à l’esprit de la Convention internationale des droits des Personnes handicapées. L’objectif de la rencontre a consisté plus exactement à donner une visibilité au statut du salarié handicapé et de la femme employée mère d’un enfant handicapé au niveau du débat social de la réforme des retraites. Une démarche qui aboutira à un plaidoyer avec le gouvernement et les syndicats impliqués, dont entre autre la Confédération démocratique du Travail (CDT) ou encore l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM).
    La rencontre se concrétisera également par la suite par la rédaction d’un mémorandum entre tous les partenaires ayant participé à cette journée. Une recommandation à laquelle le Maroc doit adhérer dès que possible, conformément à l’expérience réussie d’autres pays.

    K. A.

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