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Analyse/Etablissements privés cherchent profs désespérément

Par L'Economiste | Edition N°:4388 Le 28/10/2014 | Partager
Pénurie de docteurs dans plusieurs disciplines
Marketing, gestion, droit privé, droit maritime,…
Les ressources des universités publiques toujours convoitées

Si la majorité des établissements de l’enseignement supérieur privé  emploient

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plus de vacataires que de permanents ce n’est seulement pour des considérations de coût ou de flexibilité. «Nous sommes prêts à recruter, mais nous ne trouvons pas toujours les profils adéquats, surtout du côté des titulaires de doctorat où il y a vraiment pénurie», explique Nezha Alami, rectrice de l’université internationale de Casablanca (UIC) qui emploie 35 permanents (dont 85% de docteurs et 75% avec une expérience à l’internationale) pour près de 200 vacataires. «L’exigence des 60% de l’enveloppe horaire dispensée par des permanents introduite par la tutelle risque d’être une contrainte pour beaucoup d’établissements. Pour notre part, nous n’en sommes pas loin, mais nous attendons le détail du nouveau cahier de charges pour avoir plus de visibilité», poursuit Alami. Le ministère de l’Enseignement supérieur prépare, en effet, une circulaire qui précisera toutes les conditions nécessaires pour que les écoles et universités privées puissent décrocher la reconnaissance de l’Etat et l’équivalence de leurs diplômes. «Nous travaillons toujours sur ce document, mais il y a deux critères qui sont évidents. Les opérateurs doivent tous présenter un quitus fiscal, c’est le minimum pour un établissement citoyen. La recherche fera aussi partie des conditions, surtout pour les universités», confie le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi.
Le manque de professeurs docteurs concerne plusieurs disciplines qui, pourtant, font partie des plus prisées par les étudiants. En marketing, gestion, droit privé, droit maritime, médecine, … «Nous avons là des besoins structuels. C’est dommage, parce que la relève dans ces spécialités aurait pu être préparée», reconnaît Daoudi.
Pour s’assurer des enseignants «compétents», chaque établissement dispose de ses propres techniques. L’UIC, par exemple, signe des conventions avec les universités et établissements publics en vue de bénéficier de leurs ressources. Deux accords ont été noués avec les universités de Casablanca et d’El Jadida, et un troisième avec l’INPT de Rabat. Deux autres sont en cours de préparation avec les universités de Settat et de Berrechid. Une manière aussi de décloisonner les deux secteurs, public et privé, et de mener des projets communs. L’UIC a, par exemple, prévu de travailler sur des projets de recherche avec l’Ensem (Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique).L’université offre aussi des cours de formation pour ses enseignants, y compris en ligne.
L’Université internationale de Rabat (UIR), pour sa part, cible les compétences marocaines à l’étranger. Ses 70 professeurs permanents (pour 1.600 étudiants) ont pratiquement tous été recrutés dans des établissements prestigieux à l’international. Pour les attirer, l’université a mis les moyens. Les salaires proposés vont jusqu’à 50.000 DH nets. «Nous avons recours à des chercheurs de grande renommée qui nous permettront de rayonner à l’international et d’améliorer notre classement en matière de recherche. C’est notre principal objectif. Au Maroc, nous ne trouvons pas ce genre de profil», explique Noureddine Mouaddib, le président. Les enseignants chercheurs permanents de l’UIR, qui assurent 50% du volume horaire  aux côtés de 100 vacataires, dont peu d’universitaires (moins de 5% de l’enveloppe horaire), dispensent 240 heures de cours par an. Ce qui leur permet de consacrer plus de temps à la recherche scientifique. La mesure semble payer. L’UIR a signé à aujourd’hui 30 millions de DH de contrats de recherche et a déposé 94 brevets d’invention.
Généralement, les établissements privés ont recours aux ressources du public ou à des enseignants étrangers. «Les professeurs souhaitant passer du public au privé, ou le contraire, doivent d’abord disposer de l’accord du chef de leur établissement, et ne pas dépasser 20 h de cours par mois, en tout et pour tout», précise un cadre au ministère de l’Enseignement supérieur. Mais beaucoup dépassent ce plafond pour aller jusqu’à 40 heures par mois.
Si les opérateurs du privé s’inquiètent, la tutelle elle semble confiante. «Avec l’assistanat et les bourses d’excellence que nous avons mis en place, nous pourrons remédier au déficit d’enseignants dans 3 à 5 ans», avance Daoudi.

Le public pas mieux loti !

Les universités publiques aussi, dont les ressources sont vieillissantes, sont à court d’enseignants. Les besoins sont estimés à 1.620 cette année, dont 1.183 dans les établissements à accès ouvert et 437 dans ceux accès régulés. Les plus grands déficits sont relevés auprès des facultés polydisciplinaires, ainsi que celles de droit et des sciences sociales. Les départs à la retraite risquent d’aggraver la situation. A l’université Mohammed V de Rabat, par exemple, des départs dépassant 80 professeurs par an sont attendus dès 2017. Cette année même, 55 professeurs et 60 cadres administratifs ont quitté l’université. Faute de postes budgétaires et de profils titulaires de doctorats, il sera difficile d’assurer la relève.

Ahlam NAZIH

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