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    Justice

    Affaire ONDA
    On reprend les mêmes et on recommence!

    Par L'Economiste | Edition N°:4373 Le 07/10/2014 | Partager
    L’audition des accusés se poursuit
    Quatre d’entre eux sont déjà passés à la barre
    Les questions changent, mais pas les réponses

    L’affaire ONDA se déroule à la Cour d’appel de Casablanca. Celle-ci compte au côté de Tanger, Rabat et Marrakech parmi les 4 pôles chargés des crimes économiques et financiers

     

    Vendredi 10 octobre, l’affaire ONDA reprend à la Cour d’appel de Casablanca. Le président Lahcen Tolfi et ses 4 accesseurs vont continuer à auditionner les accusés. Sur dix d’entre eux, 4 sont déjà passés à la barre durant les audiences du 24 septembre et du 1er octobre 2014. Abdelhanin Benallou, l’ex-DG de l’Office national des aéroports (ONDA), Ahmed Amine Berkallil, directeur de communication ont été les deux premiers à être entendus par leurs juges. Ont suivi après, lors de la seconde audience, Ouadii Mouline, directeur financier et administratif qui vient de partir en retraite, et Abderrahim Boutaleb, enfin, ex-directeur des ressources humaines. Cette affaire jugée en 1er ressort en juillet 2013 tourne autour d’une présumée dilapidation de deniers publics, de trafic d’influence et de faux et usage de faux.
    Les accusés doivent, chacun en ce qui le concerne, répondre de ses charges pénales. Rappelons qu’après le départ de deux juges, il fallait reprendre le procès à zéro et qui a été relancé en appel début janvier 2014 (cf. L’Economiste du 29 septembre 2014).
    Les déclarations de l’ex-DG de l’ONDA se sont beaucoup assagies. Plus question de dénoncer un complot politique. Ses réponses et les éclaircissements qui vont avec sont techniques, juridiques ou circonstancielles. «Les cadeaux offerts par l’ONDA à ses fournisseurs?», interroge la présidence. «Une tradition» que Benallou a trouvée en prenant ses fonctions en 2003. La fameuse clé USB remise en 1re instance à la chambre criminelle contenait tous les noms des bénéficiaires y compris ceux des officiels amateurs de golf. On n’y reviendra!
    Les 10 lots de terrains pour villas situés à Ifrane. «Ce n’est pas une opération commerciale mais sociale» au bénéfice des salariés comme cela a été le cas à Berrchid ou Casablanca.  Dans le cas d’Ifrane, le statut hiérarchique a servi de critère: directeurs, chefs de division… Le DG de l’Office, son secrétaire général et d’autres… ont racheté les lots en payant jusqu’ «aux derniers centimes»  l’établissement. Ces biens immobiliers ont été revendus en ajoutant à leurs prix les frais d’enregistrement notamment. L’opération a été en plus validée par le conseil d’administration que présidait l’ex-ministre du Transport et de l’équipement, Karim Ghellab.
    Berkallil prend la parole pour s’expliquer sur un supposé conflit d’intérêts. Lui qui était actionnaire dans une société ayant décroché un bon de livraison et sans que l’accusé «ne soit au courant». Il en veut pour preuve «le jour où l’entreprise l’a joint au téléphone en vue d’une  intervention visant à accélérer son paiement», selon le directeur de communication puis des ressources humaines. Ahmed Amine Berkallil assure au juge «avoir admonesté» son interlocuteur: «Ne m’appelez plus jamais pour ce genre d’affaire». L’accusé, qui porte la barbe depuis, a été le seul contre qui le trafic d’influence a été retenu lors du 1er round de ce procès. Il se défendra aussi contre le délit d’initié qui lui est reproché indirectement  en sa qualité de membre de la commission des marchés publics lancés par l’ONDA.  Arguant que l’offre technique surtout est jaugée par des ingénieurs et qui représentent les directions concernées notamment des systèmes d’information…   
    La liste des questions posées par la cour est longue. Ouadii Mouline, l’ex-directeur financier, a été aussi président de cette commission des marchés publics. Il a «une voix au même titre que les autre membre» et le volet technique «n’est pas de son ressort». Concernant les déplacements dits «fictifs», le rôle du directeur «est de vérifier les pièces justificatives parmi lesquelles l’ordre de mission…». A quoi sert alors l’ordonnateur qui représente le ministère des Finances au sein de l’Office? Car le règlement de ces missions est mis en cause.
    Les déplacements s’inséraient en fait dans le cadre du suivi des projets financés par la Banque africaine de développement (BAD). Les déplacements prévisionnels des hauts cadres de l’Office s’étalaient sur 6 mois. Le DG de l’Office, directeur des infrastructures, Jilali Hamdani et d’autres «se déplaçaient pour assurer le suivi». La vie étant ce qu’elle est. Les dates des déplacements changeaient selon les cas: congés, réunions d’urgence… Sauf que sur le plan comptable, les dates mentionnées par le système informatique demeurent celles fixées sur le planning initial de la BAD. C’est à cause de ce déphasage administratif que «nous sommes aujourd’hui devant la justice», déclare avec regret l’un des accusés. Dans le cas de Mouline, la supposée imprécision du système informatique a également pesé. L’ex-directeur financier est un contractuel et non un fonctionnaire. Il devait d’abord préciser son statut à la cour et  lui nuancer ensuite la différence entre primes de gratification, de rendement et de performance.
    Lorsque Abderrahim Boutaleb entre en scène, c’est surtout le processus de recrutement qui intéresse le juge. Là aussi l’ex-directeur des ressources humaines se présente comme un exécutant. Et qui écarte toute responsabilité en matière d’embauche ou d’octroi de primes.
    Faiçal FAQUIHI

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