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Economie

Transition économique
Où sont les grands enjeux pour le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:4199 Le 27/01/2014 | Partager
Une conférence organisée par le think tank de la fondation OCP
Des pistes de réflexion pour une amélioration de la croissance
L’enseignement et la santé, des relais incontournables

En tant que matière grise du vaisseau amiral de l’économie marocaine, l’OCP Policy Center Think Tank affilié à l’OCP  cherche à diversifier les options possibles pour une reprise économique. A cet effet, le think tank vient d’organiser vendredi 24 janvier une conférence sur «Les transitions économiques dans la région Mena: enjeux et perspectives pour le Maroc?» Shantayanan Devarajan, économiste en chef pour la région Mena de la Banque mondiale (BM) et Jean-Pierre Chauffour, économiste principal pour le Maroc,  y ont présenté les différents scénarios possibles afin de consolider la croissance. 
Pour les économistes de la Banque mondiale, une amélioration durable de la croissance marocaine passerait par la mise en place d’institutions «inclusives ou ouvertes». En d’autres mots, des institutions qui puissent garantir la liberté économique, la justice et le respect des règles de droit, le droit à la propriété et l’économie de marché, la transparence et le droit à l’information, mais aussi établir des contre-pouvoirs efficaces et une bonne gouvernance. «Les institutions sont essentielles au développement, les autres facteurs sont secondaires», déclare Chauffour, étayant ses propos par un scénario tendanciel pour la croissance marocaine à l’horizon 2034. Selon cette simulation, le taux de croissance à terme se situerait entre 2,6% et 4,6%, pour un PIB par habitant entre 4.000 et 6.000 dollars, si la croissance continue sur sa tendance actuelle. Ce qui équivaudrait dans le pire des scénarios à un taux de 2,6%,  et à un PIB par habitant équivalent à celui de la Roumanie ou du Costa Rica à l’horizon 2034, et à celui de la Malaisie dans le meilleur des cas 4,6%.  «Il est nécessaire d’accélérer durablement la croissance pendant 20 ans. Pour arriver au niveau atteint par la Corée du Sud, il faut une tendance à la hausse de 10% et pour la Turquie de 6%», insiste Chauffour. Pour lui, seule une restructuration des institutions permettrait une telle accélération, donnant lieu à une «société plus ouverte pour une économie prospère et résiliente».
De son côté, Shantayanan Devarajan va plus loin en déclarant: «Les politiques ne comptent pas changer la situation», et que la clé réside dans la mise enplace de stratégies pour la diversification et l’emploi. Les solutions à envisager permettraient de dépasser des contraintes comme la faiblesse de l’infrastructure en matière de transport. Rappelant qu’en Afrique les coûts de transport ne sont pas plus élevés qu’en France, mais que les prix sont les plus chers au monde. Et ce, à cause des monopoles où les profits atteignent les 100%, comme par exemple l’axe reliant N’Gaoundéré (Cameroun) et N’djamena (Tchad) pour un profit de 118 %. Ce sont ces systèmes rentiers dont les Etats africains doivent s’affranchir, comme ce fut le cas au Rwanda où suite à une déréglementation du secteur, la chute des prix a été fulgurante.
La faiblesse de l’enseignement est aussi un frein à la croissance, estime Devarajan. Selon lui, la richesse d’un pays ne veut pas forcément dire une formation de qualité. L’expert donne l’exemple du Koweït, bien qu’étant un Etat riche de par ses réserves pétrolières, son système d’enseignement n’est pas performant. Tout le contraire de la Palestine qui arrive à offrir un enseignement de qualité malgré sa situation actuelle. En plus du contenu du programme d’enseignement, l’absentéisme des prestataires de services pèse lourd sur la qualité de la formation : il est de 27% au Maroc, 37% au Yémen et de 32% en Egypte, selon des chiffres de la BM. 
Autre frein au développement pour l’économiste en chef de la région Mena, l’influence des politiques sur l’industrie. Où selon lui une bonne gouvernance permettrait  de limiter et de contrôler les intérêts  des hommes politiques dans ce domaine. L’exemple de la Tunisie sous Ben Ali est à ce niveau mis en avant: les sociétés appartenant au clan Ben Ali-Trabelsi (banques, télécoms, transport urbain et ferroviaire) représentaient 3% de la production totale du pays pour 21% des revenus. Situation que Devarajan définit comme la théorie du «chaînon manquant» : les petites entreprises ne grandissent pas alors que les grandes ne cessent de s’accroître, à cause de l’emprise des politiques sur certains secteurs.

Trois piliers

LA solution, selon Devarajan, résiderait au niveau de trois piliers : l’information, l’incitation et la décentralisation.  Pour le premier (l’information), l’expert de la BM donne l’exemple de l’Ouganda, où selon une enquête en 1995 seulement 13% des subventions allouées aux écoles primaires arrivaient à destination. Face à cette situation, les autorités décidèrent de rendre public ce chiffre, et de responsabiliser les citoyens quant à la gestion des budgets en affichant dans toutes les écoles les subventions allouées à l’établissement. Grâce à la mise en place de ce système de budget participatif et transparent, en 5 ans le chiffre est passé de 13% à 90%.  Pour sa part, L’incitation vise surtout la lutte contre l’absentéisme dans des secteurs clés comme la médecine et l’enseignement, en mettant en place un système de primes. Le Rwanda l’a mis en pratique en offrant des primes aux médecins, basées sur le nombre d’enfants vaccinés et de contrôles faits aux femmes enceintes. Le nombre d’enfants immunisés est ainsi passé de 39% en 2005 à 52% en 2008. Pour ce qui est de la décentralisation, Devarajan vise le sens large du mot, plus proche d’une démocratie participative que de la décentralisation étudiée en éducation nationale pendant des décennies par les Marocains. Il illustre sa pensée en évoquant le Bangladesh, un des pays le plus corrompu au monde, où les autorités ont décidé de responsabiliser les citoyens en confiant des projets de travaux publics aux premiers concernés, à savoir les riverains.
Autre exemple de décentralisation, celui de l’Inde où l’Etat envoit des questionnaires par SMS sur les projets mis en place dans des zones rurales, afin de vérifier la bonne utilisation des budgets. L’absentéisme des médecins  ou enseignants peut être aussi signalé par SMS. Devarajan conclura par les secteurs à développer, à savoir l’énergie où les subventions ne bénéficient pas aux consommateurs mais à une minorité. Les transports en les épurant de leur système de rente, ainsi que les mines qu’il estime ne pas être exploitées à leur juste valeur.

 Amine ATER

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