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Economie

Fonction publique
Les recettes pour réduire la masse salariale

Par L'Economiste | Edition N°:4166 Le 06/12/2013 | Partager
L’expérience française exposée à Rabat
Le non-remplacement des départs à la retraite
Mutualiser les fonctions support pour contenir la hausse des dépenses

La proposition de Driss Dahak, secrétaire général du gouvernement, de supprimer des postes pour réduire le poids de la masse salariale avait suscité la polémique lors du dernier colloque sur la réforme du statut de la fonction publique. Abdelilah Benkirane avait qualifié cette mesure d’ «impossible». D’ailleurs, la masse salariale continue d’augmenter pour atteindre 103,7 milliards de DH en 2014

«La modernisation de l’action publique devient impérieuse pour répondre efficacement aux attentes des citoyens». L’expression revenait souvent dans la bouche de Pierre Thénard, directeur des relations internationales de l’Ecole nationale d’administration de France (ENA), lors d’une conférence organisée par l’Université internationale de Rabat, mercredi dernier. Cet ancien consul général à Tétouan a présenté l’expérience française en matière de réforme de l’administration. Il s’agit notamment de la révision générale des politiques publiques (RGPP) lancée en 2007 par Nicolas Sarkozy et transformée par l’actuel président en «modernisation de l’action publique» (MAP). En tout cas, si la méthode diffère, l’objectif reste le même: maîtriser les dépenses publiques. Thénard a rappelé l’une des mesures phares de la RGPP, à savoir le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite avec pour but de réduire le poids de la masse salariale. Ce mécanisme n’a pas été apprécié par Najat Zarrouk, gouverneur et directrice de la formation des cadres administratifs au ministère de l’Intérieur. Pour elle, supprimer des postes pour mieux maîtriser les dépenses de l’Etat est loin d’être la bonne solution. «Réduire les effectifs de la fonction publique est une expérience que nous avons déjà tentée à la demande de la Banque mondiale. Aujourd’hui, nous avons besoin de main-d’œuvre pour répondre aux attentes des citoyens», a-t-elle dit, en faisant allusion au programme de départ volontaire, effectué par le gouvernement de Driss Jettou. D’autant qu’«il n’est pas toujours facile de réduire les effectifs sans nuire à la qualité des services», a reconnu Thénard. D’ailleurs, la suppression des postes au Maroc avait suscité la polémique lors du colloque national sur la réforme du statut de la fonction publique.
Le secrétaire général du gouvernement, Driss Dahak, avait jeté un pavé dans la mare, en proposant le système de contrats, comme c’est le cas dans le secteur privé. Dahak est allé jusqu’à conseiller de licencier des fonctionnaires en leur versant des indemnités. En tout cas, la masse salariale continue d’augmenter pour atteindre 103,7 milliards de DH en 2014, soit une augmentation de 5,82% par rapport à 2013. 
Au-delà de la réduction des effectifs, la France a également recouru à la mutualisation des fonctions support pour contenir l’augmentation de ses dépenses. Il s’agit d’un mécanisme qui consiste en la mise en commun d’activités de gestion de plusieurs départements, notamment les ressources humaines et la logistique. «Dans un contexte de crise, cette mesure apparaît comme un levier majeur de réduction des dépenses publiques», a ajouté Thénard.
Le directeur des relations internationales de l’ENA a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la culture de l’évaluation des politiques publiques. Au Maroc, la Constitution de 2011 a consacré ce principe en liant la responsabilité à la reddition des comptes. Hamid Abdellaoui, vice-président de l’Université internationale de Rabat, a rappelé que le Royaume est loin d’être champion en matière d’évaluation des politiques publiques. «Mais la création de la Cour des comptes et le renforcement des prérogatives du Parlement témoignent de sa volonté de s’imprégner davantage d’une culture de l’évaluation», a-t-il conclu.

A quand le contrat dans la fonction publique?

La baisse des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. Le chef du gouvernement l’avait clairement souligné lors du colloque sur la réforme du statut de la fonction publique. Toutefois, ce chantier prévoit l’adoption du principe du contrat dans la relation entre l’Administration et ses fonctionnaires. D’ailleurs, un amendement dans ce sens a déjà été introduit en 2011. Mais sa mise en œuvre est liée à l’élaboration du décret d’application qui n’a pas encore vu le jour.

Hajar BENEZHA

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