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Analyse/Abandon scolaire: Encore trop d’exclus

Par L'Economiste | Edition N°:4114 Le 17/09/2013 | Partager
15% des moins de 12 ans quittent chaque année le primaire
Mais des progrès ont été réalisés depuis 2005
Le taux d’insertion des enfants non scolarisés passe à 42%

L’ÉCOLE publique peine aussi à retenir les élèves dans le système. Chaque année, près de 150.000 enfants laissent tomber leurs études  primaires, selon la tutelle. Généralement, parmi les moins de 12 ans, environ 15% quittent l’école avant d’avoir achevé leur premier cycle. Il y a quelques années, ce chiffre montait jusqu’à 28%, soit pratiquement le tiers. Ce qui veut dire que l’on est malgré tout sur la bonne voie pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (voir L’Economiste du 13 septembre 2013), même s’il y a encore trop d’exclus du système. «Les raisons derrière ce phénomène sont diverses, mais elles sont à 70% internes au système. C’est l’inadaptabilité de l’enseignement, la relation de l’enseignant aux élèves,… L’école publique doit être repensée», explique Hssaïn Oujour, directeur de l’Education non formelle au ministère de l’Education nationale. Au-delà des conditions familiales et socio-économiques de ces enfants, ainsi que celles liées à l’éloignement ou l’inexistence des établissements, c’est l’école qui les fait décrocher. Aller à l’école est perçu comme une «corvée» par la plupart des enfants. Pas assez attrayante, ni motivante, d’autant plus que la qualité de l’enseignement laisse à désirer. Sans oublier le phénomène de la violence en classe auquel recourent bon nombre de profs. Selon une enquête menée en 2004 par l’Ecole supérieure de psychologie en partenariat avec l’Unicef, 73% des enseignants ont reconnu user de châtiments corporels. De leur côté, 87% des enfants ont confié avoir été frappés à l’école. Depuis, les choses n’ont pas vraiment changé. En milieu rural, certains enfants sont même réduits à exécuter les tâches ménagères de leurs enseignants.
Fort  heureusement, des progrès ont été réalisés depuis 2005, afin de limiter l’abandon scolaire et de réinsérer les moins de 16 ans déscolarisés, ou qui n’ont jamais entrepris le chemin de l’école. Le budget de l’éducation non formelle est, par exemple, passé de près de 21,3 millions de DH en 2005 à plus de 52 millions en 2012, en grande partie grâce à la coopération internationale.
Depuis 2007, un programme de lutte basé sur la veille éducative, «child to child», a été lancé. Chaque année, tous les établissements du primaire sont invités à y participer. Pendant une semaine pédagogique les écoliers sont tenus de recenser les enfants de leur entourage qui ne vont pas à l’école. Les élèves de 6e année se chargent ensuite de remplir une fiche par enfant. Chaque école obtient ainsi une carte régionale permettant d’identifier les bénéficiaires potentiels du programme, pratiquement sans coûts supplémentaires. L’opération démarre généralement en avril et se termine vers fin mai. Elle permet de recenser en moyenne 100.000 enfants annuellement. En 2012, plus de 123.700 ont été repérés. Plus de 101.000 relèvent du primaire, dont plus de 66.200 de ruraux. Une caravane de  réinsertion est ensuite lancée en octobre. Environ 20.000 à 30.000 sont réinsérés chaque année (plus de 27.000 en 2012), pour un total d’environ 65.000  bénéficiaires (avec une hausse de 40% sur un an).  Le taux d’insertion se situe donc à 42%, contre seulement 12% en 2002. «Il est malheureusement difficile de faire revenir une personne qui a goûté à un revenu économique dans le système. Ceux-là ont également un effet négatif sur les autres enfants qui les côtoient ainsi que sur leurs parents, car ils sont perçus comme une source de revenu», regrette cependant Oujour. Les enfants de moins de 15 sont automatiquement renvoyés sur les bancs de l’école pour une formation accélérée de 3 ans. Ils représentent 86% du total. Tandis que ceux de 16 ans sont orientés vers la formation professionnelle. «Toutefois, le département de la Formation professionnelle ne coordonne pas beaucoup avec nous concernant l’avenir de ces jeunes», martèle le directeur de l’Education non formelle. 
Cela dit, le nombre d’écoles qui participent au programme Child to child, perçu comme une charge de travail supplémentaire, ne cesse de diminuer.  La part des établissements partenaires est passée de 100% à 65% aujourd’hui.

Le nombre d’associations partenaires décuplé

CE sont principalement des associations qui prennent en charge le programme d’éducation non formelle. Quelque 420 disposent d’une convention avec la tutelle (contre 42 en 1998). Elles reçoivent une subvention de 1.000 DH par enfant. Les plus actives peuvent drainer des fonds leur permettant de débourser jusqu’à 8.000 DH par bénéficiaire. Ces associations font travailler près de 2.000 jeunes diplômés (des licenciés) qui doivent être issus des régions dans lesquels ils exercent, avec un salaire moyen de 2.000 DH. Ils bénéficient de trois sessions de formation par an dans les Aref (Académies régionales de l’éducation et de la formation). Compte tenu du caractère complexe et hétérogène des classes auxquelles ils sont affectés, ces formateurs sont encadrés par environ 180 inspecteurs de l’enseignement. Ces derniers, rémunérés à hauteur de 4.000 DH par an, doivent produire trois rapports de visite par an. Une manière aussi de s’assurer que les classes restent ouvertes toute l’année.

A. NA.

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