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Gibraltar: Les opérateurs marocains à l’affût

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager
La crise entre Londres et Madrid ouvre la voie aux opérateurs marocains, surtout à Tanger
Des marchés potentiels pour les produits frais et les matériaux de construction
Un renforcement de la connexion maritime pour stimuler les flux

Enclavé géographiquement, Gibraltar a peu de marge pour son approvisionnement. A la faveur de la crise hispano-britannique, les opérateurs marocains souhaitent se positionner sur ce marché

LE malheur des uns ferait-il le bonhheur des autres…? A la faveur de la crise entre Londres et Madrid autour de Gibraltar, les opérateurs marocains à Tanger restent convaincus qu’il y a là quelques bons coups commerciaux à jouer. Dans le scénario extrême, c’est-à-dire la fermeture de la frontière entre le «Rocher» et l’Espagne, il y aurait alors très peu d’alternatives pour l’approvisionnement du détroit, si ce n’est d’acheminer des produits marocains. Reste à transformer l’essai. «Les opportunités sont là, il suffit d’être plus rapide que les autres», estime Adil Raiss, vice-président de la CGEM-Nord. Pour ce dernier, le Maroc, vu sa proximité, est imbattable en matière de produits frais : Légumes, fruits, viande, poisson, etc. Ce type de produits provient habituellement d’Espagne, la production agricole de Gibraltar étant quasi-inexistante.
De ce côté-ci de la Méditerannée, un marché est surveillé de près, celui du Rocher! En effet, faute de terrains, la ville est obligée de s’étendre sur la mer. D’où un besoin important en produits de remblai et matériaux de construction. A l’issue de la crise, ce type de produits est interdit de transit sur la frontière entre l’Espagne et Gibraltar. L’année dernière, ce sont près d’un million de tonnes de rochers que l’Espagne a fourni à cette colonie anglaise pour un chiffre d’affaires, selon la presse espagnole, de près de 35 millions d’euros, près de 400 millions de dirhams. Dans l’ensemble, les opérateurs marocains ne se font pas d’illusions : les demandes éventuelles porteraient cependant sur de petits volumes seulement. Selon Hakim Oualit, homme d’affaires de la ville de Tanger, le territoire est trop petit et la population de Gibraltar de près de 30.000 populations ne laisse pas envisager de grosses commandes. «Le véritable deal serait de se positionner sur des marchés de niches, avec des produits de qualité mais de plus grande valeur ajoutée». Des produits qui cadreraient mieux avec les attentes de la clientèle de Gibraltar, au niveau de vie qui dépasse (avec un revenu per capita jusqu’à 60% supérieur) celui des pays voisins, Espagne et Portugal. Au préalable, il faudra aussi renforcer la connexion maritime avec le Rocher de Gibraltar. La quasi-fermeture des frontières entre Gibraltar et l’Espagne, mais surtout les menaces de l’apposition d’une taxe de passage de 50 euros, fait de la ligne maritime connectant Gibraltar et Tanger, l’une des rares voies d’accès au Rocher, même en ce qui concerne les visiteurs.
Actuellement, c’est la compagnie FRS qui assure cette liaison à raison de deux fois par semaine (en week-end). La companie Intershipping ne cache pas ses ambitions «Nous avons en projet la mise en place d’un bateau dédié sur cette ligne et augmenter les fréquences», annonce Rachid Chrigui, le directeur d’Intershipping. En effet, selon lui, les perspectives d’échange et de trafic avec Gibraltar sont optimistes, ce qui justifie un tel déploiement.
Frappé par la crise, mais moins que son voisin espagnol, Gibraltar avait commencé en mars dernier à alléger ses formalités d’entrée pour les visiteurs marocains. A l’époque, les autorités avaient commencé à autoriser l’entrée sur leur territoire des Marocains porteurs d’un visa Schengen, alors qu’auparavant, il était nécessaire de disposer d’un visa spécifique pour Gibraltar, différent de celui exigé pour l’Angleterre. Cette nouvelle disposition a fait naître un nouveau créneau, celui du tourisme. Plusieurs agences ont alors commencé à proposer des excursions, une tendance qui devrait se renforcer dans le futur.

La Pêche envenime les relations au Détroit

LES relations entre l’Espagne et les autorités de Gibraltar ont toujours été marquées par la tension. L’Espagne affiche des ambitions souveraines sur le Rocher, des ambitions qui butent sur l’entêtement même des habitants de ce petit territoire autonome qui veut rester indépendant. Depuis quelques années, les tensions se sont ravivées après une période d’accalmie. Les Espagnols accusent les autorités de Gibraltar de fermer l’oeil sur les trafics en tout genre qui agitent le Détroit et d’offrir un refuge aux contrebandiers. En effet, à plusieurs reprises, la Garde civile a été empêchée de poursuivre des embarcations ‘suspectes’ dans les eaux territoriales de Gibraltar. Ce jeu du chat et de la souris s’est aggravé avec la plantation de blocs de béton et de rochers par Gibraltar dans ce que les Espagnols considèrent comme un de leurs lieux de pêche. Officiellement, ce seraient des rochers destinés à favoriser le repeuplement des fonds marins de la région, mais selon les Espagnols ce serait une manoeuvre pour interdire l’accès des pêcheurs espagnols, Gibraltar ne disposant pas de flotte de pêche. L’une des dernières actions côté espagnol a été d’augmenter le contrôle début août au niveau de la Linéa, le passage qui donne accès à Gibraltar. Les délais d’attente ont alors augmenté pour atteindre les douze heures, fermant pratiquement la frontière.

De notre correspondant Ali ABJIOU

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