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Economie

Bouée de sauvetage pour le blé tendre

Par L'Economiste | Edition N°:4092 Le 13/08/2013 | Partager
Révision à la hausse du droit d’importation
Les stocks au plus haut niveau
Forte baisse des cours mondiaux

Pour la première fois, le Maroc dispose  d’un stock de blé tende couvrant plus de 7 mois d’écrasement des minoteries industrielles. Au 15 juillet dernier, le stock détenu par les organismes agréés s’élevait à 21 millions de quintaux alors que la collecte a porté sur 13,5 millions à la même période

Le gouvernement vient enfin de réagir à la mévente que connaît le marché du blé tendre. Un décret modifiant la quotité du droit d’importation de cette céréale a été adopté en Conseil de gouvernement réuni le mercredi 7août. Il fixe ce droit à 45% au lieu de 17,5% pour la tranche de la valeur inférieure ou égale à 1.000 DH/tonne. Celle supérieure à cette valeur reste soumise à 2,5%.
La mesure qui est entrée en application depuis samedi 10 août vise à «assurer l’écoulement dans de bonnes conditions  de la production locale de blé tende», peut-on relever dans la note de présentation. Depuis le début de la commercialisation de la récolte, mai-juin 2013, les prix, en particulier ceux de la céréale la plus demandée par les minotiers, le blé tendre en l’occurrence, sont sur un trend baissier. D’énormes écarts ont été en effet constatés entre le prix de référence fixé à 280 DH/quintal et ceux pratiqués sur le marché. Selon diverses sources, ces derniers variaient entre 230 et 245 DH/quintal pour une qualité jugée bonne à très bonne.
On est donc loin du seuil fixé par l’Etat à coup de soutien des frais de stockage et du transport. «Ce qui pose avec acuité le problème de la réforme des circuits de commercialisation de produits agricoles», commente un gros producteur de céréales. «Cette année, le pays a enregistré une production record de blé tendre estimée à 5,2 millions de tonnes, mais cela ne semble profiter qu’à l’armada des intermédiaires», renchérit cet autre agriculteur de la région de Fès-Saïs.
Pourtant, les négociants en céréales «se sont abstenus d’importer durant le mois de juin dernier bien que le marché se soit avéré favorable avec à la clé des prix en forte baisse», confie un importateur. Ce que confirment les chiffres de l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses. Durant ce mois, les achats à l’international ont porté uniquement sur 1 million de quintaux de maïs, certifie l’Office. Mais auparavant, le plein a été fait par les organismes stockeurs. Au total, le stock détenu par les opérateurs s’élève à mi-juillet à près de 21 millions de quintaux, soit près de 5,5 mois d’écrasement des minoteries industrielles. Et à la même période,  la collecte de la production locale, essentiellement de blé tendre, a atteint 13,75 de quintaux.
C’est donc pour permettre aux agriculteurs de tirer profit de l’actuelle campagne que le gouvernement a procédé au relèvement du droit d’importation. D’autant plus que les cours mondiaux ont accusé une forte baisse depuis début juin compte tenu des bonnes perspectives de la production mondiale des céréales. Excepté le blé américain qui est resté relativement stable, ceux français, russe et ukrainien ont accusé des baisses significatives.  
Sur la base des niveaux actuels du marché mondial du blé tendre, le prix de revient sortie port avoisine 280 DH/quintal contre 320 DH, en juin dernier. Ce qui est de nature à favoriser le recours aux importations. Or, la nouvelle quotité place le prix de revient du blé tendre  sortie port à plus de 300 DH/quintal, estiment les professionnels. Ce qui est dissuasif en soi. De plus, la qualité du blé tendre local est jugée bonne avec un poids spécifique de près de 80 kg/hectolitre. Ce qui est largement en dessus de la valeur standard (77 kg/hl). Et les taux d’impuretés sont également inférieurs aux tolérances admises. Reste à savoir si les jeux ne sont pas déjà faits pour le petit agriculteur qui trinque quel que soit le niveau de la récolte.

A.G.

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