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Journalisme: Un monde encore très masculin

Par L'Economiste | Edition N°:3978 Le 28/02/2013 | Partager
Formation, conditions de travail… les axes d’une journée d’étude
L’accès au métier encore très limité
Sur un total de 2.145 journalistes, 600 sont des femmes

Le ministre de la Communication, Mustapha Khalfi, a insisté sur l’importance d’une meilleure compréhension des obstacles entravant l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans les médias, en vue d’apporter des solutions efficaces

«La place de la femme journaliste dans le paysage médiatique », voilà le thème choisi pour la 1ère sortie à Casablanca du Réseau des Femmes Journalistes (RFJ). Une journée organisée par le ministère de la Communication en partenariat avec le réseau. L’occasion de mettre le doigt sur les véritables freins à une meilleure insertion de la femme dans les métiers de la presse et de l’audiovisuel. Le ministre, Mustapha Khalfi, était ainsi entouré de plusieurs professionnels dont Bahia Amrani qui représentait la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ), les membres du RFJ ou encore Fatima Al Ifriqui, journaliste à la SNRT. Cette journée a été consacrée à la question à travers 4 ateliers thématiques animés par des experts, traitant ainsi de la formation, de l’accès aux postes de responsabilité, des conditions de travail et du harcèlement en milieu professionnel. L’objectif étant d’établir un diagnostic quant aux conditions de travail des femmes journalistes au Maroc, mais surtout d’élaborer des recommandations en vue de réaliser une étude concrète sur la place de la femme journaliste dans les médias.
Et le constat laisse à désirer. Ainsi, selon les chiffres du ministère de la Communication, les médias comptent aujourd’hui 28% de femmes journalistes dans le Royaume. Une insertion très faible mais qui demeure importante comparée aux autres secteurs. Ce pourcentage a été établi grâce au nombre de cartes de presse délivrées. Seulement, ce chiffre fait polémique comme l’a souligné Fatima Al Ifriqui. En effet, plusieurs cartes de presse auraient été délivrées à des personnes qui ne sont même pas journalistes. Ce qui biaise de fait le pourcentage avancé par le ministère.
Un autre chiffre est bien plus parlant : le monde de l’édition marocain compte en tout 322 éditeurs dans le domaine, dont seulement 32 femmes. Et selon Khalfi, cette absence des femmes au niveau des centres de décision n’épargne pas la presse électronique. Pourtant, toujours selon le ministre, la conjoncture politique est favorable à cette insertion féminine et à l’accès des femmes aux sphères de décision dans les médias (conformément à la nouvelle Constitution ou encore à l'adoption de la Charte nationale pour l'amélioration de l'image de la femme dans les médias en 2005 …).
Alors à quel niveau y a-t-il blocage? Et c’est là où le bât blesse : il semblerait bien que ce soient les mentalités qui fassent défaut… En effet, Fatima Al Ifriqui, profitant de son intervention pour parler de son expérience personnelle en tant que journaliste expérimentée, a pu partager avec l’auditoire des anecdotes pour le moins troublantes. Ainsi, tout au long de sa carrière, et encore aujourd’hui, elle aurait été confrontée, de façon directe ou indirecte, à «plusieurs réactions d’ordre machiste» de la part de ses collègues. Ceux-ci lui reprochant souvent de ne pas s’occuper assez de sa famille. La journaliste craint d’ailleurs que ce soit une raison suffisante pour beaucoup de femmes d’abandonner le métier ou de se vouer à autre chose dès le départ. Une crainte partagée par Nadia Lamhidi, professeur à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC). Ainsi, en 2011, l’ISIC comptait 66% d’étudiantes, «un taux qu’on est loin de retrouver dans le journalisme», conclut Lamhidi.

Carte de visite

Le Réseau des Femmes Journalistes a été créé en novembre 2011 à Casablanca, à l’initiative de 7 femmes journalistes. Les membres fondateurs de ce réseau ont toutes à leur actif une longue expérience dans le domaine: en presse écrite, audiovisuelle, radiophonique et électronique. De cette association est né un ouvrage: «Journalistes marocaines: Génération Dialogue» dans lequel elles décrivent leur itinéraire et insistent sur l’importance du dialogue dans leur métier. Mais leur combat ne s’arrête pas là. Le Réseau a pour objectif de favoriser l’échange entre les femmes du métier et de faire évoluer le statut de la femme journaliste ainsi que ses conditions de travail. Il fait également la promotion de la formation et de l’accès des femmes aux postes à responsabilité, tout en luttant contre toute forme de discrimination ou de harcèlement à l’égard des femmes journalistes.

Sanaa EDDAÏF

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