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L’artisanat cherche ses talents

Par L'Economiste | Edition N°:3976 Le 26/02/2013 | Partager
Des formations pour susciter des vocations
Designers, des profils très demandés

L’artisanat compte environ 150 métiers. Certains sont en voie de disparition faute de relève. La tutelle a mis en place un plan pour revaloriser ces métiers qui peinent à recruter

Aujourd’hui, l’artisanat compte plus de 2,2 millions d’actifs. Ce qui place le secteur comme la première entreprise du Maroc. Mais jusqu’à quand ? En effet, les métiers de l’artisanat attirent peu les jeunes. Il en existe environ 150 mais beaucoup sont en voie de disparition faute de vocation auprès des jeunes. "La situation est inquiétante", souligne Jacques Caenen, de Caprices d'Orient, société spécialisée dans la commercialisation d'objets d'artisanat. "On n'arrive plus à répondre à la demande : des métiers sont en voie de disparition, notamment dans le travail du bois", ajoute-t-il. Une réalité que confirme le ministère de tutelle qui a répertorié une quarantaine de métiers "à sauver" et qui peinent à trouver des compétences. Ainsi, pour le travail du bois incrusté, on ne trouve plus qu'un seul artisan à Fès et il a 70 ans ! Sellerie, natterie de Fès et Salé, damasquinerie de Meknès, armurie à Tourirte et Oujda, broderie de Salé, baboucherie mellali, fabrication de cierges (Fès, Salé) ou de lanternes de Marrakech…autant de métiers qui disparaissent peu à peu. "La raison, des jeunes sont peu attirés par les métiers de l'artisanat", ajoute Jacques Caenen.
Précarité, absence de couverture sociale, accès difficile au financement bancaire… sont des obstacles qui empêchent, en effet, les jeunes générations à opter pour les métiers de l'artisanat. Des difficultés que le ministère de tutelle s'emploie à lever. "L’un des principaux objectifs du programme de développement du dispositif de la formation professionnelle du secteur,  est justement l’encouragement des jeunes générations à intégrer les métiers de l’artisanat", répond le ministre de l'Artisanat, Abdessamad Kayouh qui se veut rassurant. "La création des emplois et l’amélioration des revenus ainsi que les conditions de vie des artisans au premier plan des priorités". Pour illustrer cette dynamique, il avance des chiffres: le secteur (artisanat d'art et de production) a réalisé un chiffre d’affaires de 17,7 milliards de DH en 2011, contre 10,4 milliards en 2007 soit une évolution de 14,3% ; le nombre de PME est de 700, contre 100 en 2006.  Il ajoute que les   emplois créés dans le secteur sont passés de 345.827 en 2007 à 381.568 emplois en 2011.
Sur le terrain, les professionnels sont plus sceptiques. "Les jeunes préfèrent travailler dans les centres d'appels. Ils sont sûrs d'avoir un salaire à la fin du mois", lance un artisan du quartier des Habbous, à Casablanca.  Pourtant, des entrepreneurs ont fait le pari de réussir dans l'artisanat. C'est le cas du groupe Mutandis, avec la création de Fenyadi, en 2009. Cette marque d'artisanat de luxe a su trouver la recette pour "associer avec talent le raffinement de designers internationaux et le savoir-faire ancestral de maîtres artisans marocains". Aujourd'hui, l'entreprise compte trois points de vente à Casablanca, Rabat et Marrakech. A partir de son usine installée à Sidi Ghannem, la société exporte en Europe et au Moyen-Orient. Elle emploie 109 personnes. Le salaire d'un artisan débutant y est de 3500 DH. Les nouvelles recrues bénéficient d'une formation. Quant aux designers, perles rares au Maroc, leur salaire n'a pas été dévoilé. Mais, l'on apprend que ce sont des "profils très prisés".

Entrepreneuriat

L’Académie des arts traditionnels de Casablanca vise à assurer une formation de qualité dans le secteur de l’artisanat. Formation qui vient compléter celle assurée par le ministère de tutelle et qui est sanctionnée à la fin du cursus par un diplôme technique, qualifiant ou professionnel dans de nombreux métiers : Arts du bois, des métaux, du bâtiment traditionel, du cuir, du tissage, de la calligraphie etc.. «Les formations sont censées répondre aux besoins du marché du travail et doivent aussi permettre aux lauréats de créer leur entreprise », souligne la direction de l’Académie des arts. Il s’agit aussi de former des compétences pour les entreprises s’intéressant au patrimoine ou à la décoration intérieure.

F. E. O.

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