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Réformes: L’Istiqlal défend ses idées

Par L'Economiste | Edition N°:3965 Le 11/02/2013 | Partager
Le gouvernement doit renforcer l’investissement public
Maîtriser les importations, poursuivre les plans sectoriels... le détail
Chabat: «Il n’est pas question de toucher aux prix subventionnés»

Adil Douiri, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, en compagnie de Hamid Chabat, SG de l’Istiqlal. S’adressant à plus de 250 opérateurs économiques de la région de Fès, Douiri a proposé quatre corrections pour sortir de la conjoncture actuelle 

LE Maroc devra faire face à un incident macroéconomique majeur s’il ne se décide pas à rééquilibrer sa balance des paiements au plus vite. Adil Douiri ne va pas par quatre chemins pour alerter l’exécutif sur la crise économique que traverse le pays. Le président de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI) intervenait, samedi dernier à Fès, lors d’une conférence sur «la réalité économique du Maroc et les perspectives d’avenir», organisée par le bureau AEI-Fès.
Selon lui, le Maroc doit intervenir immédiatement «pour remettre le train sur les rails afin d’éviter que les réserves de changes ne passent sous un seuil critique. Ce qui conduirait à une mise sous tutelle de l’économie nationale par les institutions financières internationales. Cela signifie par ailleurs la perte de la souveraineté économique du pays et le retour à plus de 30 ans en arrière». L’ancien ministre du Tourisme a rappelé le déficit de la balance des paiements qui avoisine les 100 milliards de DH par an et les réserves en devises en chute libre et qui ont atteint 130 milliards de DH en 2012 contre 220 milliards en 2008. S’adressant à plus de 250 opérateurs économiques de la région, Douiri a proposé quatre corrections pour sortir de la conjoncture actuelle. D’emblée, il a invité l’État à une implication directe dans l’achèvement des plans sectoriels lancés, en l’occurrence les plans «Azur» et «Emergence». Pour le tourisme, Adil Douiri souligne que seuls 7% du plan sont réalisés et que chaque station touristique achevée générera 2 à 4 milliards de DH par an de chiffre d’affaires à l’export. L’Etat doit, selon le président de l’AEI, miser dans la construction de ces stations. Toutefois, il faut éviter de lancer des projets nouveaux autres que ceux qui sont en cours et dont l’achèvement est en retard. Pour le cas de Fès, à titre d’exemple, il est opportun de finaliser le projet de la zone touristique Oued Fès, confié à la CDG. Pour le secteur industriel, Douiri propose une implication étatique directe dans l’investissement, durant 2 à 4 ans. Ce qui induirait, selon lui, l’encouragement des privés et la mobilisation des banques. A ce titre, outre le réaménagement des P2I, comme celle de Ras El Ma à Fès, une deuxième plateforme industrielle pour l’automobile serait d’un grand apport. Argument à l’appui, Douiri évoque l’implication étatique dans le complexe industriel de Renault à TangerMed qui a été une nette réussite. «Une usine de cette taille génère en moyenne quelque 15 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export». De quoi équilibrer, en partie, notre balance commerciale. Il en est de même pour l’offshoring. Par ailleurs, le président de l’AEI appelle à «maîtriser autant que possible la hausse des importations de biens de consommation et renforcer les métiers exportateurs». La dernière recommandation de l’économiste istiqlalien est de piloter l’économie en se concentrant sur les réserves de changes, plus largement, pendant une phase transitoire allant de trois à quatre ans. «Ce travail doit commencer dans le plus bref délai», souligne Douiri.
Même son de cloche auprès de Hamid Chabat qui estime que «l’économie est liée à la politique». Le SG du parti de l’Istiqlal veut faire des propositions de l’AEI un modèle économique à méditer. Il rappelle à ce titre que le mémorandum du PI envoyé au chef du gouvernement comprend ces propositions et qu’il sera débattu lors de la réunion de la majorité, prévue vendredi prochain. Révision de la charte de la majorité, renforcement de la productivité, relance de l’économie… seront à l’ordre du jour. N’y échappera pas non plus la discussion sur la réforme de la Caisse de compensation. Pour le patron du PI, «octroyer des subventions directes aux populations encouragera la rente. Il faut des solutions économiques et sociales plus efficaces. Ce qui nécessitera des débats de fond durant au moins 2 ou 3 ans». «En attendant, il n’est pas question de toucher aux prix subventionnés, et notamment celui des bonbonnes de gaz pour qu’elles n’explosent pas», conclut-il.

Le parti reste au gouvernement

 

«Par notre dynamique, nous voulons trouver ensemble, nous partis de la majorité, des solutions pouvant assurer un développement économique réel pour le pays», affirme Hamid Chabat. Selon lui, lors de la réunion du 15 février, «l’Itiqlal réaffirmera sa volonté de participer à la réussite de l’expérience du gouvernement conduit par le PJD». Car, dans cette réussite, il y aura celle de la démocratie marocaine. Pour ceux qui laissent croire que le PI veut claquer la porte, Chabat répond qu’il «restera au gouvernement et imposera ses idées pour hisser la productivité gouvernementale, regagner la confiance des investisseurs et développer le pays».

Youness SAAD ALAMI

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