×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Forum de Paris Casablanca Round 2013

Forum de Paris - Casablanca Round
Mais qui donc a tué l’OMC?

Par L'Economiste | Edition N°:3962 Le 06/02/2013 | Partager
L’incroyable conjonction des contraires
Le retour de l’empire américain
Il n’y a plus de place pour les petites nations commerçantes

La contestation altermondialiste de la conférence de Seattle en 1999 avait été organisée à l’échelle planétaire: dans toutes les capitales occidentales des marches plus ou moins violentes ont eu lieu. Ce n’était peut-être pas nécessaire, puisque les Etats-Unis, qui avaient perdu dix ans plus tôt leur plus fidèle ennemi (l’URSS) avaient décidé de tuer l’idée du commerce multilatérale sur un pied d’égalité. Plus un seul round de l’OMC ne va aboutir, sauf celui sur les services, le plus déséquilibré de tous les accords mondiaux 

L’agacement est bien grand chez les politiques comme chez les hommes et femmes d’affaires : tous les accords de libre échange signés par le Maroc tournent au désastre. Ils approfondissent le déficit commercial déjà très inquiétant.
Un débat est engagé chez les intellectuels et les hauts fonctionnaires et dans quelques partis politiques: que faire pour limiter ce déficit, le rendre finançable par les recettes du tourisme, des investissements directs et des transferts des MRE?
Le PJD a été clair : pas question de fermer les frontières. Une partie des industriels souhaitaient en effet revenir au « bon temps » (1978/1982) des listes d’importations… Elles avaient l’avantage d’éliminer les concurrents, sans que la production locale soit obligée de se mettre à niveau.
Mais elles avaient précipité la chute financière du Royaume.
La thèse suivante est de «cibler» les importations. Pour l’instant elle n’a pas été expliquée plus avant. Donc elle ressemble encore trop aux listes. L’idée se disqualifie donc toute seule.
Comment est-il possible que le commerce mondial censé apporter du développement, soit devenu ce qu’il est pour les petits joueurs comme le Maroc?
La réalité que ce n’est pas le commerce international multilatéral qui est responsable, mais bien le commerce bilatéral… comme celui qui existait avant les accords du GATT de 1949. L’Organisation mondiale du Commerce est-elle aussi bien malade? Et ce n’est pas le changement de son directeur, qui va changer quelque chose à cette perte d’audience.
A Seattle, en 1999, L’OMC se trouve prise entre deux feux incroyablement contradictoires:
- d’un coté, les Etats-Unis poussent à l’échec, pour promouvoir un autre système, le bilatéralisme, plus favorable à leur domination;
- de l’autre, des manifestants altermondialistes entretiennent une guerre des rues, comme on n’en avait pas vue par temps de paix, pour provoquer l’échec de la conférence, qu’ils voyaient comme la domination des riches sur les pauvres.
Les deux feux sont pourtant très efficaces : jamais plus l’Organisation ne réussira à mener à bien un round complet. Sauf celui sur les services, qui sur le fonds inscrit dans le marbre la domination des plus grands sur les petits!
Pas à pas, Washington poussera à remplacer les accords multilatéraux par des accords bilatéraux, dont celui qui a été signé avec le Maroc.
Pour l’instant il n’a fonctionné que dans un sens: obliger le Maroc accepter les marchandises d’origine américaine, sans que Rabat ne parvienne à faire jouer la réciprocité, au nom des normes ou des règles sanitaires.
La pression est si déséquilibrée qu’il est difficile pour un officiel marocain de critiquer cet accord, sans s’attirer les foudres de la diplomatie américaine. Même des pays plus grands, comme les membres de l’UE pris individuellement, sont embarrassés de ce «retour d’empire».
Pascal Lami n’a donc pas tort lorsqu’il dit qu’il faut remettre le commerce international dans un cadre géostratégique.
Mais qui l’écoute encore?

Pourquoi les BRIC’s?

 

Pascal Lami, un proche du socialiste français et président de la République, François Hollande, sera remplacé, l’année prochaine, par un DG venu des BRIC’s. 
Ce n’est pas un groupe en soi, comme celui de Cairn (les exportateurs de céréales) par exemple. Les BRIC’s sont le Brésil, la Russie (présence contestée et contestable), Inde et Chine. Ils ont en commun :
- d’avoir des croissances économiques très fortes, entre 7 et 10%;
- d’ éviter les batailles frontales avec les Etats Unis et l’Union européenne, même si cela doit passer par les « douces » instances de l’OMC.
- d’être parfois excédentaires et souvent  d’être les financiers des déficits souverains des Etats occidentaux.
Les tractations son en cours pour trouver le prochain directeur général de l’OMC.
Mais il est fort douteux que l’Organisation retrouve sont lustre perdu.

N. S.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc