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    Enquête

    Nostalgie: L’autorité du fqih…

    Par L'Economiste | Edition N°:3934 Le 21/12/2012 | Partager

    «L’enfant qui apprend le Coran va au paradis et emmène avec lui toute sa famille!»… cette croyance était courante au début du siècle dernier. Les familles courraient donc chez les fqihs pour qu’ils fassent apprendre le Coran à leurs bambins, peu importe la méthode et le prix. Sauf que cet apprentissage se déroulait dans un climat d’une violence inouïe! Une violence cautionnée par les parents eux-mêmes. «On nous réveillait à l’aube pour nous rendre au jamaâ juste après la prière du fajr. Nous y restions jusqu’aux environs de midi. On y retournait à 14h00. Le fqih ne nous libérait qu’après la prière du Maghreb», se rappelle un sexagénaire. Le «jamaâ» ou «Msid» (école coranique), était le plus souvent une sorte  de salle pouvant contenir une trentaine d’élèves assis sur un sol couvert d’une natte. Ils n’avaient pour fournitures qu’une planche en bois, de l’encre traditionnelle (smakh), de l’argile pour laver la planche (sensal) et un roseau pour écrire.
    Le fqih, lui, «trônait» sur une petite estrade couverte d’une peau de mouton, confortablement installé. A côté de lui, l’on trouvait toujours des cordes (pour une éventuelle falaka), des badines et des bâtons prêts à l’emploi! Dès l’arrivée des enfants, et juste après le traditionnel baisemain, le fqih serinait aux enfants des versets du Coran durant toute la matinée. Les récitations commençaient l’après-midi. Mais à la moindre erreur, les coups fusaient.
    Gifles, coups de pieds, coups de bâtons,… «Chaque jour nous étions quasi certains de recevoir des coups. Mais nous ne pouvions nous plaindre à nos parents, car eux-mêmes risquaient de se retourner contre nous si nous osions contester l’autorité du fqih», raconte la même source. Mais, paradoxalement, beaucoup se rappellent de cette période avec nostalgie, et sans vraiment de haine contre le fameux personnage du fqih. Certains font même l’apologie du châtiment corporel. «Il s’agit en fait d’une nostalgie pour une époque, un quartier, un lieu… qui atténue le souvenir de la violence. Mais si on leur avait posé la question étant enfant, aucun n’aurait aimé être maltraité», explique Bouchaïb Karroumi. «Ceux qui ont réussi dans la vie ont tendance à idéaliser le passé et à croire que leur réussite est due à cette violence. Ils en font même l’apologie.
    Mais il faut aussi écouter ceux qui ont été traumatisés à vie», estime pour sa part Abdellah Ouardini. Actuellement, il existe des écoles coraniques un peu plus modernes, mais les pratiques n’ont pas tellement changé!

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