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    Enquête

    La spirale des phobies et des peurs...

    Par L'Economiste | Edition N°:3934 Le 21/12/2012 | Partager
    La violence à l’école: L’un des principaux motifs de consultations chez les psy
    Les coups et bâtons ont la peau dure

    Le fait de ne pas faire ses devoirs est de loin le premier motif de châtiment corporel cité par les enseignants. Pour pousser les élèves à fournir plus d’efforts, les profs, à court d’idées, optent pour la violence! Drôle de méthode pédagogique…

    L’enseignement a de tout temps été associé au châtiment corporel et à  la violence verbale. Comme si le système n’était pas suffisamment en faillite! Coups, gifles, insultes, menaces,… que ce soit dans le public ou dans le privé, de quoi rebuter les élèves. Combien d’entre eux ont abandonné l’école à cause des mauvais traitements reçus par leurs enseignants, et même par le personnel administratif des établissements… «La violence n’a jamais été une technique de transmission du savoir. C’est plutôt un moyen de soumission. C’est une pratique anti-pédagogique mais qui a la peau dure», relève Abdellah Ouardini, pédopsychiatre à Casablanca, membre de la Société marocaine de pédopsychiatrie. Selon les praticiens, les punitions ne sont pas interdites, mais la violence, quel qu’en soit son degré ou sa forme, ne pourrait être acceptable en milieu scolaire. L’école est censée être un espace de créativité, d’épanouissement, d’apprentissage, et non une source de terreur et de mal-être.
    Un espace où il est permis de s’exprimer librement, d’analyser les informations reçues et d’interagir avec son environnement. Et non un lieu de répression et de soumission. «Malheureusement, les problèmes liés à l’école représentent le premier motif de consultation pour les enfants», indique Bouchaïb Karroumi, pédopsychiatre à Casablanca. Le résultat on le voit, malheureusement à la sortie du système. Les diplômés, notamment de l’enseignement public, ont pour la majorité des difficultés à s’exprimer et à communiquer.  La situation désastreuse des écoles n’arrange pas les choses. Dépassés par des classes de 50 élèves et des programmes surchargés, manquant de formation et de motivation, une bonne partie des profs choisit la facilité. Pour asseoir leur autorité, ils optent pour la violence. «Nous avons malheureusement une conception makhzénienne de l’autorité», martèle Ouardini. La confusion est souvent faite entre «autorité» et «autoritarisme». «On respecte quelqu’un parce qu’il est respectable, parce qu’il porte et véhicule des valeurs, et non parce qu’il fait peur», nuance Amine Benjelloun, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Marseille).
    Les conséquences de cette violence peuvent être graves sur le plan psychologique.  «Elle peut engendrer des troubles de la confiance en soi, de l’estime de soi. Pis encore, elle peut entraîner une perte de confiance dans l’adulte, et plus tard, dans les institutions», explique Benjelloun. Ce sont donc des personnes perturbées, introverties et méfiantes que l’on produit dans les écoles.
    Les réactions des enfants face à la violence diffèrent selon les personnalités. Certains développent une sorte de «phobie de l’école», et perdent toute envie de savoir et toute curiosité. D’autres répondent à leur tour avec de la violence à ce qu’ils vivent comme des agressions. «Heureusement, ces réactions ne sont pas automatiques. Car l’enfant jouit de la capacité de s’en sortir malgré tout, grâce à des rencontres qui lui redonnent confiance», rassure Ouardini.
     
    Ahlam NAZIH

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