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    Enquête

    Stérilité dans les couples: C’est toujours à cause d’elle!

    Par L'Economiste | Edition N°:3867 Le 14/09/2012 | Partager
    La société accepte toujours mal les «défaillances» de l’homme
    Encore trop de tabous autour des nouvelles techniques de fécondation
    Les tarifs peuvent aller de 3.000 à 40.000 DH

    Le taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV) avoisine les 40%. Mais, les couples ne sont pas égaux face à une tentative de FIV. Il faut tenir compte de l’âge de la femme, son poids, sa réserve ovarienne et la qualité des spermatozoïdes. Les chances de réussite sont importantes avant 30 ans chez la femme. L’homme pouvant procréer à tout âge. Le coût varie, quant à lui, entre 30.000 et 40.000 DH y compris les frais des médicaments

    EJACULER de l’eau de robinet! Peu d’hommes le savent et pourtant, parmi les causes les plus habituelles de l’infertilité du couple, un éjaculat qui contient zéro spermatozoïdes. Il peut aussi s’agir très fréquemment de sperme moins fertile ou de malformations de l’appareil génital.
    Pour des raisons culturelles et par méconnaissance, l’homme a toujours du mal à consulter, voire même à accepter son hypofécondité. C’est sa virilité qui est en jeu, à tort! «Il faut dépasser ce stade de réflexion et s’inquiéter très tôt pour ne pas perdre ses chances d’avoir des enfants», indique Farid Osman, pharmacien biologiste. Pour déclencher une grossesse, il ne suffit pas seulement de pouvoir éjaculer mais, il faut pouvoir féconder. D’où la nécessité, pour tout couple hypofécond, de consulter et de s’y prendre à l’avance, soit une année après des tentatives régulières infructueuses.
    Le diagnostic des causes de l’infertilité doit s’adresser à la fois à l’homme et à la femme. Mais, «c’est l’homme qui est censé consulter en premier, vu qu’on lui prescrit un seul examen biologique, facile et rapide, qui permet d’évaluer sa fertilité», indique un gynécologue. Si les résultats sont bons, c’est-à-dire les paramètres du sperme ne présentent aucune anomalie, le médecin traitant va diagnostiquer les causes de l’infertilité féminine. Il procédera à la détermination des taux d’hormones, à l’examen échographique de l’appareil génital et la vérification de la bonne constitution de l’utérus.
    Les causes de l’infertilité masculine sont nombreuses mais les plus habituelles sont des modifications hormonales et des infections anciennes mal traitées qui entraînent des obstructions sur les voies naturelles de l’excrétion du sperme. Dans certains cas, l’infécondité découle de varicosités (c’est-à-dire des microvarices traduisant une mauvaise circulation veineuse) développées sur les veines entourant les testicules.
    Dans d’autres cas, les altérations du sperme découlent d’anomalies génétiques. A chaque cas sa solution. «Nous proposons une insémination intra-utérine (insémination artificielle) qui facilitera la rencontre des spermatozoïdes et des ovules pour augmenter les chances de fécondation et de grossesse», souligne Osman. Le principe repose sur l’injection directe du sperme du conjoint dans la cavité utérine en période péri-ovulaire. En cas d’échecs répétés, le médecin traitant peut proposer le recours à la fécondation in vitro (FIV) ou la fécondation in vitro avec micro-injection (ICSI).
    La différence se situe uniquement au niveau de la technique que va utiliser le biologiste. «Dans la FIV, nous mettons en contact les spermatozoïdes du conjoint, après avoir sélectionné les plus mobiles, avec les ovocytes de la conjointe», explique le biologiste. «Dans l’autre cas, c’est-à-dire quand le nombre de spermatozoïdes ne permet pas de tenter une FIV conventionnelle, nous sélectionnons un spermatozoïde et nous l’injectons dans le cytoplasme de l’ovocyte, à un endroit bien déterminé pour déclencher le processus de fécondation», ajoute-t-il. «Lorsque le spermogramme montre une absence de spermatozoïdes, il faut prescrire un bilan hormonal dont les résultats peuvent orienter vers un défaut de fabrication ou de livraison. Dans ce cas, nous proposons de faire des biopsies testiculaires où nous allons chercher les spermatozoïdes dans le testicule», précise un gynécologue.

    «C’est au moment où les anomalies transitoires

    d’hypofécondité vont disparaitre qu’interviendront

    le miel, le poivron rouge et toutes les recettes

    de charlatanisme»

    Technique plus légère, l’insémination artificielle coûte en moyenne 3.000 DH. Mais, les taux de grossesses sont moins importants, de l’ordre de 10 à 15% seulement par cycle. Il faut noter que les couples ne sont pas égaux face à une tentative d’insémination artificielle. Certains ont plus de chances, d’autres moins, selon l’âge de la femme, son poids, sa réserve ovarienne et la qualité des spermatozoïdes. «Les chances de réussite atteignent leur paroxysme avant 30 ans chez la femme. L’homme pouvant procréer à tout âge», indique Osman.
    Quant à la fécondation in vitro, son coût varie entre 30.000 et 40.000 DH y compris les frais des médicaments. Le taux de réussite avoisine, quant à lui, les 40%, en fonction de plusieurs paramètres.
    Outre la fécondation in-vitro, trois laboratoires au Maroc dont celui de Farid Osman proposent la congélation du sperme. Une technique qui peut faciliter la réalisation de techniques d’assistance médicale à la procréation, mais qui apporte aussi une solution aux hommes qui savent que leur fécondité baissera un jour. Cela pourrait être dû à un traitement anti-cancéreux (très sévère) ou un traitement immunosuppresseur, suite à une transplantation d’organes. «Certains hommes peuvent aussi congeler leur sperme au cas où ils ne peuvent pas être présents physiquement ou s’ils vivent très loin de leurs femmes», indique-t-on auprès d’un laboratoire spécialisé. Dans ce cas, le mari devra faire parvenir au laboratoire une autorisation signée, permettant à sa femme d’effectuer une fécondation in vitro. La congélation, très prisée aujourd’hui, coûte entre 2.000 à 3.000 DH, sans compter les frais de «stockage». Si la personne désire conserver son sperme pendant deux années, il faudra qu’elle verse au total entre 4.000 à 5.000 DH. Illimitée, la période de conservation est renouvelable, selon le choix et au cas où le projet parental est toujours maintenu. Dans le cas échéant, le liquide congelé est automatiquement détruit, conformément aux clauses du contrat signé initialement par le «patient». En cas de divorce ou mort du conjoint, le sperme est immédiatement détruit.
    Côté pratique, il n’y a pas de recette miracle pour avoir un enfant à coup sûr. Les gynécologues recommandent une position comme celle du missionnaire pour tomber enceinte. C’est une position qui favorise la pénétration et assure de meilleures chances aux spermatozoïdes d’arriver à bon port. Il ne faut pas oublier que les relations sexuelles doivent être suffisamment fréquentes en période ovulatoire. Quant à la médecine «traditionnelle», elle recommande plusieurs recettes et remèdes contre la stérilité masculine. Des mélanges sont préparés à base de lait, de poudre de grains de nigelle ou encore de miel. Pour les médecins spécialistes, ces recettes peuvent uniquement régler les problèmes psychologiques. «Parce qu’il y a beaucoup de cas de stérilités liées à l’état d’âme du couple», explique Saâd Agoumi, gynécologue. Il existe aussi des stérilités transitoires. «Nous préférons parler d’hypofécondité au lieu de stérilité, parce que parfois la nature nous surprend. Il peut s’agir d’anomalies transitoires et c’est au moment où elles vont disparaitre qu’interviendront le miel, le poivron rouge et toutes ces recettes de charlatanisme», souligne Agoumi.
    Par ailleurs, et pour ne pas hypothéquer ses chances de paternité, l’homme devrait surveiller son alimentation et arrêter de fumer. Le tabagisme et un déficit en vitamine B9 (acide folique, folate, folacine) peuvent nuire à la qualité des spermatozoïdes, alors qu’une alimentation riche en lycopène pourrait l’améliorer. Le lycopène est un pigment liposoluble rouge que l’on trouve surtout dans la tomate, mais également dans d’autres fruits rouges, la pastèque, le pamplemousse, etc. Quant à la vitamine B9, elle est concentrée dans les légumes verts (en particulier les foncés comme les épinards, le brocoli, les asperges), les fruits (comme l’orange), le riz, le foie de bœuf, les haricots, etc. Comme le cholestérol, l’hypertension et d’autres facteurs de risques, le tabagisme peut entraîner une atteinte des artères et l’apparition de troubles érectiles. Pernicieux, il agit, bien évidemment, sur la qualité de l’éjaculat. Des études réalisées au niveau mondial ont confirmé ce constat. «Le tabagisme affecte le volume, l’acidité, la densité de l’éjaculat et la viabilité et la vitalité des spermatozoïdes».
    D’autres études ont montré qu’«une carence en vitamine B9 entraînerait chez l’homme une quantité de spermatozoïdes moins importante et de nombreux dommages chromosomiques, qui pourraient aussi prédisposer l’enfant à une malformation ou un cancer».
    Côté psychologie, des réflexions portant sur l’infertilité masculine concluent qu’«une proportion significative d’hommes infertiles sont atteints d’une myriade de blessures psychologiques». Parmi celles-ci peuvent figurer la culpabilité, la honte, la colère et l’isolement, une impression d’échec personnel, une baisse de l’estime de soi, le sentiment de ne pas être à la hauteur, des changements dans la perception de soi sur les plans personnel ou sexuel ainsi qu’une perte de l’appétit sexuel. Lorsqu’ils sont infertiles, les hommes rapportent également des sentiments de perte spécifique, notamment la perte de la filiation génétique et de la transmission du nom de famille, la perte de l’identité sexuelle masculine, la perte de la capacité de contrôler leur existence et la perte de leur capacité à pourvoir aux besoins de leur partenaire. Et puis, naturellement, il y a l’anxiété de performance, présente la plupart du temps lorsque les hommes doivent fournir un échantillon de sperme aux fins d’analyse ou de traitement. Ainsi, les conjoints hypoféconds peuvent connaître des épisodes de dépression, d’anxiété, de troubles du sommeil et de difficultés sexuelles.
    De plus, il est prouvé que leurs sentiments de ne pas être à la hauteur conduisent à un détachement vis-à-vis de leur épouse, marqué par des lacunes au niveau de la communication et de l’engagement.

     

    B. S.

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