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    Enquête

    Les dé-jeûneurs changent de tactique

    Par L'Economiste | Edition N°:3840 Le 03/08/2012 | Partager
    Nourriture factice et vidéos sur internet
    Beaucoup mangent en cachette
    Même chez les sympathisants, le sujet reste tabou

    Beaucoup de restaurants ferment pendant le Ramadan, ou en profitent pour rénover leur local. Pour ceux qui restent ouverts de jour, ils ne doivent servir que les non-musulmans ou ceux qui ont des motifs admis

    Enfer et damnation! Les réactions fusent, entre promesses de châtiments terrestres et divins, après la sortie d’un groupe de jeunes, qui s’est organisé en Collectif marocain pour les libertés individuelles. La dépénalisation du dé-jeûne fait partie de ces libertés revendiquées. A l’occasion du mois sacré, le collectif a organisé une opération, baptisée «Masayminch 2012» (littéralement, nous ne jeûnerons pas). Un évènement qui doit prendre forme sous différentes actions. Hormis les opérations de dé-jeûne ostentatoire, qui ne rallient pas les foules, le collectif change de méthode pour mieux marquer les esprits. Ainsi, il veut rassembler un maximum de militants et de sympathisants, dans un espace public, autour de couverts et de nourriture en plastique. «Nous préférons rester dans la symbolique pour que les gens comprennent que notre objectif ne s’arrête pas à notre estomac», explique Imad Iddine Habib, co-fondateur du collectif. «Nous voulons que les Marocains comprennent que nous ne sommes pas tous les mêmes, et que nous devons apprendre à vivre avec nos différences», ajoute-t-il. Des vidéos de ces déjeuners factices seront ensuite distribuées sur internet, afin d’atteindre un maximum de personnes.
    C’est aussi une manière de manifester son individualité tout en se protégeant des sanctions prévues par l’article 222 du code pénal. Celui-ci stipule que «celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le Ramadan, sans motif admis par la religion, est passible de «l’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 120 à 1.200 dirhams». Le Collectif marocain pour les libertés individuelles appelle à l’abrogation de cet article. Reste que son but premier est «un changement des mentalités». Habib explique que «le but de tout cela est d’abord d’habituer les Marocains à vivre leurs choix en plein jour, loin de l’hypocrisie». Même chez les sympathisants, le sujet peut encore être tabou. «Beaucoup se cachent  encore face à leurs parents, famille, voisins, ou amis. C’est grave !». Partant du buzz sur Internet, l’initiative avait réuni 900 participants, et 200 autres se déclaraient dans le doute, sur Facebook. Mais le compte de l’un des organisateurs a été piraté, privant tout le réseau d’accès … Et l’évènement avait été annulé. Le 15 juillet, après avoir supprimé le compte piraté, l’administrateur de la page officielle de «Masayminch 2012» lance ce message aux internautes: «On ne lâche pas! Notre combat ne fait que débuter! Invitez vos ami(e)s!».
    Cependant, la reprise semble plus difficile, notamment en raison d’une page doublon, qui s’affiche en premier lors des recherches, et qui accueille plus de personnes que la page officielle.

    Où mange-t-on?

    Rares sont les cafés et restaurants qui restent ouverts pendant le Ramadan. Ceux qui le sont doivent en principe ne servir que les étrangers non musulmans ainsi que les Marocains qui «ont des motifs admis par cette religion». Dans la pratique, il est très difficile de vérifier ces motifs qui sont, notamment les menstrues, le diabète ou autres maladies chroniques. Pour se faciliter la vie, certaines enseignes interdisent tout simplement l’accès aux hommes. D’autres exigent une pièce d’identité ou ne servent que des étrangers. Pour les Marocains, ce sera à emporter. Pourtant, le code pénal ne prévoit rien à l’encontre des restaurateurs. Selon maître Rachid Diouri, «un restaurateur n’est pas une autorité publique, il n’a pas le droit de juger ses clients».

    Rime AIT EL HAJ

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