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    Enquête

    «Ceux qui pratiquent l’avortement sont en liberté provisoire»

    Par L'Economiste | Edition N°:3836 Le 27/07/2012 | Partager
    Ils risquent des sanctions pénales en cas de complications
    L’éducation sexuelle devrait être introduite dans le cursus scolaire

    Professeur Chafik Chraibi, président de L'AMLAC: «notre association n’encourage nullement le libertinage

    Même s’ils sont interdits par la loi, les avortements sont pratiqués par des médecins. «On les laisse faire car ils rendent service», selon le Professeur Chafik Chraibi, président de l’association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin. Mais en cas de complications, ils sont poursuivis.

    - L’Economiste: Le PJD a été un des partis politiques à être réceptifs à une réforme de la loi sur l'avortement. Pensez-vous qu’il modifiera la loi sur ce sujet?
    - Professeur Chafik Chraibi: Je suis très étonné du comportement du PJD. Il a été effectivement le 1er parti à me recevoir, m’écouter et même à m’ouvrir les portes du Parlement pour y organiser une journée d’étude sur la question. J’avais même des appuis sérieux au sein du parti (ndlr: l’actuel ministre des Affaires étrangères) qui a toujours déclaré à la presse audio-visuelle qu’il était favorable à une libéralisation partielle. Tout cela, c’était quand le PJD était dans l’opposition. Maintenant qu’il est au pouvoir, tout ce beau monde s’est volatilisé. La preuve, aucun d’entre eux n’a assisté au 2e congrès de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), encore moins, la ministre de la Femme qui est censée être la première concernée par cette question. 
    - Où devrait s'arrêter la responsabilité du médecin par rapport à l'avortement?
    - Malgré toute la mauvaise presse lancée actuellement (très souvent à tort) contre les médecins, je dis heureusement qu’ils sont là, car ils rendent service. Imaginez le nombre de complications et le nombre d’enfants abandonnés si tous ces avortements étaient pratiqués hors circuit médical ou pas pratiqués du tout.
    La société et les autorités savent que ces avortements sont faits de façon illégale. On les laisse faire car ils rendent service. Mais le jour où ils ont une complication, on leur tombe dessus et on les jette en prison. Et c’est là la véritable hypocrisie. Je dis à tous ces médecins qui pratiquent l’avortement qu’ils sont tous en liberté provisoire et qu’ils devraient se mobiliser pour rendre sa pratique légale, du moins dans certaines situations.

    - Ni le système scolaire, ni la société ne jouent un rôle de sensibilisation  contre les risques de grossesses non désirée. Est-ce qu'il n’y a pas des actions à mener dans ce sens?
    - Il faut absolument que des actions soient menées en amont pour prévenir les grossesses non désirées. L’éducation sexuelle au sein des écoles, des familles, des associations est primordiale. Nous réitérons notre souhait auprès du ministère de l’Education nationale pour l’introduire dans le cursus scolaire. J’espère qu’un jour on sera entendu.
    Ceci dit, notre association n’encourage nullement le libertinage, ni l’avortement. Notre souhait est de sauver de nombreuses femmes et des jeunes filles des conséquences dramatiques des grossesses non désirées: complications, suicides, crimes d’honneur et, enfin, abandon de milliers d’enfants, voire des infanticides.


    Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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