×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Un rapport accablant sur les ouvrières de Huelva

Par L'Economiste | Edition N°:3710 Le 31/01/2012 | Partager
Discrimination, atteintes des droits du travail…
Des mesures draconiennes à adopter

LA situation des cueilleuses de fraises marocaines en Espagne inquiète. L’Anapec, organisme de liaison avec les patrons espagnols, est dans la ligne de mire. En effet, le dernier rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), datant du 25 janvier, sur les conditions de travail et de vie de ces travailleuses saisonnières est accablant. L’enquête menée entre le 2 et 6 mai 2011 révèle qu’il y a plus de 50.000 travailleurs, à grande majorité étrangers et féminins, qui chaque année se retrouvent pour la cueillette des fraises, au sud de l’Espagne à Huelva en Andalousie.
Or, le cadre juridique en vigueur ne leur donne quasi aucun droit. Non seulement les jours travaillés ne sont pas rémunérés mais plus encore, aucune représentation syndicale  n’est possible. De plus, le système de migration circulaire induit des atteintes aux droits de ces salariées qui se trouvent complètement dépendantes de leur employeur. D’ailleurs, «certains employeurs retiennent les passeports pendant leur séjour, arguant du fait qu’elles risquent de le perdre». Une restriction à la liberté de mouvement qui est illégale et considérée par les organes internationaux comme contrevenant au droit à un travail librement choisi. Autre aberration: les travailleuses dans le secteur de la fraise sont embauchées par voie d’un contrat saisonnier. Ce type de contrat a comme particularité de ne pas intégrer de «date de fin».  Ainsi, «il  prend effet le jour d’arrivée de la saisonnière et prendra fin sans formalités à la date convenue ou à la fin des travaux, mais il peut également prendre fin pour des raisons objectives (volonté du travailleur, renvoi collectif ou individuel…). De fait, le contrat peut être rompu à tout moment par l’employeur et ce, sans préavis », souligne la FIDH. En outre, même si la convention collective en vigueur à Huelva prévoit un salaire minimum journalier, aucune rémunération minimale pendant la totalité de la durée du contrat n’est garantie. Autant dire que les migrants sont placés dans une situation de vulnérabilité face aux employeurs.
Dans son rapport, la FIDH, appelle le gouvernement marocain à prendre certaines mesures draconiennes pour remédier à la situation. En effet, le Maroc doit non seulement impliquer les partenaires sociaux marocains représentatifs dans la commission en charge du recrutement des travailleurs saisonniers et dans le suivi de la mise en œuvre de l’accord. Mais aussi, de supprimer les critères discriminatoires dans les recrutements. Ainsi, les hommes devraient également disposer de l’opportunité d’être recrutés. Les conditions relatives au recrutement censées garantir le retour au pays du candidat, doivent être également abrogées. En effet, depuis 2006, les critères de l’Anapec sont clairs: pour aller à Huelva il faut être âgé entre 18 à 45 ans, mariées, veuves ou divorcées avec des enfants de moins de 14 ans à charge. Contacté par L’Economiste, l’Anapec souligne que « ses équipes sont en train d’étudier le rapport afin de préparer des réponses concrètes».
Enfin, le rapport recommande d’intégrer les femmes de retour d’Espagne  dans les programmes d’activités génératrices de revenu.

Contingents

LE nombre des contingents de marocaines à Huelva n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Il est passé de 200 pour la campagne 2001 à 13.700 en 2008, année de l’annonce de l’arrêt des contrats pour cause de crise en Espagne. Toutefois, pour la campagne 2010-2011, 5.427 travailleuses ont été recrutées. Près de 4.000 ouvrières, sélectionnées de manière préliminaire, n’ont pas pu partir pour la campagne.

Zineb SATORI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc