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    Economie

    Céréales: Les Français aux aguets

    Par L'Economiste | Edition N°:3625 Le 28/09/2011 | Partager
    Grosse opération de promotion hier à Casablanca
    Le Maroc achète 2 millions de tonnes de blé tendre par an en France

    La production française de blé tendre a atteint 33,4 millions de tonnes dont 12,9 millions seront exportées hors UE. Le Maroc y prélève annuellement 2 millions de tonnes

    APRÈS la hausse constatée en juillet-août, les prix des céréales se sont orientés à la baisse depuis le début de ce mois de septembre. Ceci, malgré l’absence de réels changements dans les fondamentaux de l’offre mondiale. Constat, que souligne avec force Cristelle Thailhardat du syndicat français du commerce extérieur des grains.
    Les professionnels français veulent préserver leur position car la concurrence s’organise. Dans quelques semaines, les Américains sont annoncés dans un road-show à Agadir. Dans son intervention à l’occasion des rencontres franco-marocaines des céréales, organisées hier mardi à Casablanca, Thailhardat est formelle: le marché du blé est suffisamment approvisionné.
    La production a au moins augmenté de 30 millions de tonnes, les stocks mondiaux sont en légère hausse et la demande ne devrait pas excéder outre mesure son niveau normal. Un retour massif de l’Ukraine et de la Russie sur le marché des grains a été aussi relevé. Certes, avec une qualité moyenne à faible, mais de gros volumes. A elle seule, la Russie a enregistré une production record de 50 millions de tonnes.
    Mais toutes ces données pour objectives qu’elles soient n’anticipent pas une détente sur les cours. «Ce sont les finances qui vont mener la danse», prévient la responsable du syndicat français du commerce extérieur des grains. Appréciation du dollar par rapport à l’euro, mais aussi intervention des fonds de pension et du système bancaire. Voici, entre autres, les éléments qui influent désormais sur le marché des céréales. Et la poursuite de la dépréciation de l’euro face au dollar accentuerait davantage la pression sur le marché européen et en particulier la France où le Maroc puise 60% de ses besoins en blé tendre.
    Or, qu’en est-il pour le moment? Selon le président de France Export Céréales, Jean pierre Langlois-Berthelot, la production française de blé tendre s’annonce moins mauvaise que prévu: 33,4 millions de tonnes contre 34,6 millions la saison passée. Sur ce volume, près de 20 millions de tonnes seront exportées. «Ce qui est un record», estime Langlois-Berthelot. Plus exactement, 19,7 millions de tonnes dont 12,9 millions hors marchés de l’UE.
    Pour rappel, les importations marocaines de blé tendre à partir de la France avoisinent les 2 millions de tonnes. Pour ce qui est de la qualité, les indicateurs fournis par Benoît Meleard d’Arvalis-Institut du Végétal font état d’un blé panifiable à hauteur de 92%, d’un poids spécifique de 79,4 kg/hectolitre et d’une teneur en protéines de 11,5% en moyenne. Des indicateurs jugés performants par les professionnels marocains.
    Les seules incertitudes continuent de peser sur les céréales fourragères tels le maïs et l’orge. Alimentées en cela par les perspectives de récolte américaine. Mais de plus grosses moissons annoncées par les autres producteurs mondiaux devraient redresser l’offre. Certains prédisent même une production record de 845 millions de tonnes. De plus, les tendances des utilisations dans l’alimentation animale seraient probablement mitigées, estiment les professionnels. Vu l’énorme écart de prix entre le maïs et le blé, certains pays seraient tentés d’utiliser le blé de moindre qualité à la place de cette céréale secondaire. Quant à l’orge, on annonce une bonne production en Turquie et en Russie. Les estimations portent sur une production de 155 millions de tonnes contre une consommation d’environ 135 millions de tonnes. Mais les stocks sont en forte baisse.

    Un fournisseur durable

    LE blé est la céréale la plus cultivée en France. Avec une superficie variant entre 4,5 et 5 millions d’hectares selon les années, la production se stabilise à environ 35 millions de tonnes. Ce qui place la France au premier rang des producteurs européens (25% de la production de l’Union à 27). Chaque année, la moitié de cette production est commercialisée en dehors de l’Hexagone, dont 50% sont destinés aux pays tiers du Maghreb et de l’Afrique occidentale et centrale. A noter que la France produit presque exclusivement des blés meuniers adaptés aux besoins des minotiers et boulangeries. D’où sa prépondérance dans les importations marocaines.

    A. G.

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