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Régions

Fès: Les marchands ambulants envahissent la ville

Par L'Economiste | Edition N°:3591 Le 09/08/2011 | Partager
Occupation du domaine public, ordures, saletés…
Les trottoirs «interdits» aux piétons

Tous les trottoirs et de grandes parties des chaussées sont occupés par les marchands ambulants. Piétons et automobilistes prennent leur mal en patience. Du moins pour le moment. Mais jusqu’à quand?

L’organisation des marchands ambulants à Fès devient une nécessité impérieuse. Ce secteur informel est générateur de problèmes épineux pour le commerce de la ville. Dans certaines avenues, en plein centre-ville, notamment la Place de Florence, les boulevards Mohammed V et Hassan II, Essaada…, le commerce informel prolifère, ces derniers temps, d’une façon inquiétante.
Il est des endroits où, en plus d’une circulation très dense, s’ajoute l’anarchie qui règne sur les lieux. En effet, depuis quelques mois, nombreux sont les vendeurs ambulants qui envahissent, s’installent avec leurs marchandises sur les trottoirs et chaussées sans risque d’être inquiétés et au su et vu de tout le monde. Des quantités considérables de produits de consommation sont proposées, chaque jour, aux consommateurs. Toutes sortes de marchandises, vêtements, appareils électroménagers, fruits et légumes, parfois même du poisson... Seules les viandes ne sont pas (encore) proposées. Soit, donc, une sorte d’hypermarché à ciel ouvert où l’on ne paye ni taxes, ni frais d’exploitation du domaine public. Il faut dire que ce phénomène s’est accentué depuis le «20 février», voire même quelques semaines avant suite à l’immolation par le feu d’un certain marchand ambulant tunisien dont l’acte a été l’étincelle à l’origine, si l’on peut dire, du soulèvement populaire, qui a entraîné la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.
Les autorités locales sont-elles devenues impuissantes face à l’ampleur du phénomène ? Certainement pas, mais il se raconte qu’elles ont été appelées à «fermer l’œil» et laisser tranquille les marchands ambulants pendant cette période de turbulences. Ainsi, leur «silence» a favorisé et encouragé l’informel. Partout au Maroc, l’on a «toléré» en ces temps de révolte certains dépassements, dont entre autres ceux des vendeurs ambulants.
A Fès, devant les mosquées Tajmouati, Youssef Ben Tachfine et autres, des foules grouillantes de gens se rassemblent autour de charrettes pour faire leurs emplettes. Il est des endroits où on n’entend que les cris stridents et les appels de marchands invitant les acheteurs à acquérir leurs marchandises. Au début, on ne trouvait ces marchands qu’au souk. Depuis quelques mois, ils ont investi la ville sans aucune crainte, bravant souvent les autorités. Ce sont surtout des hommes, mais parfois aussi des femmes ou des enfants, venus de différents quartiers.
A Narjiss, Mont-Fleuri, ou encore le quartier populaire de Aouinate El Hajjaj, la cohabitation entre les occupants de la voie publique et les automobilistes est très dangereuse. Ils se sont installés à proximité d’importants axes routiers ou de carrefours, sur l’ensemble des rues. Les trottoirs et même les chaussées sont pris d’assaut par cette catégorie de marchands. Cela entraîne inéluctablement une véritable anarchie menaçant la sécurité des piétons, provoquant de grandes perturbations de la circulation et occasionnant une dégradation des voies. Sans oublier l’effet sur l’environnement, les ambulants laissant derrière eux un tas d’ordures.
Le phénomène, qui s’amplifie de jour en jour, est considéré par les habitants, même s’ils sont les premiers à en profiter largement, comme une invasion de la ville par une gente particulière. Marchands ambulants, vendeurs à la sauvette et aussi de plus en plus de mendiants s’installent dès le début de l’après-midi. Ils investissent leurs «champs» sur une bonne partie du bitume.
En médina (Fès-Jdid, Talaâ, Attarine, Ras Cherratine, R’cif…), c’est la même image. Ces innombrables revendeurs occupent, parfois, les seuils des maisons, durant la journée, en proposant leurs marchandises sur les trottoirs. Ces lieux constituent pour ces jeunes des lieux de prédilection parce qu’ils sont très fréquentés. «Ces revendeurs à la sauvette proposent aux passants de la bonne marchandise à bas prix», indique un riverain.

Et les «réguliers»?

Pour leur part, les commerçants réguliers n’arrêtent pas de se plaindre du tort qui leur est causé par les ambulants. «Notre commerce souffre de la concurrence illégale de ce secteur informel. Franchement, la situation est de plus en plus pénible. Il y a même des commerçants qui ont abandonné ces lieux..», regrette un commerçant. Aujourd’hui donc, et puisque, apparemment, les marchands ambulants sont là pour longtemps encore, il faut penser à les organiser. Une question qui se pose avec une acuité désespérante. Il faut qu’autorités locales, conseils élus, en collaboration avec la société civile, trouvent une solution à ce phénomène afin de garantir la sécurité et la propreté de la ville.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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