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7e Salon International du Livre de Tanver
Hassan Nejmi: «La poésie, premier rythme de l'humanité»

Par L'Economiste | Edition N°:1441 Le 21/01/2003 | Partager

Grâce à son coup de plume, Hassan Nejmi a été élu, pour un deuxième mandat, à la tête de l'Union des écrivains du Maroc. Poète sensible au féminin, son oeuvre brise les limites entre le réel et le fictif. Il est aussi emblématique du grand renouveau de la poésie marocaine, laquelle abandonne progressivement le terrain politique. Elle cherche aujourd'hui le beau dans la valorisation de ses racines. Elle produit l'agiornamento de l'art poétique du Maroc. . L'Economiste: Que représente l'expression poétique pour vous?- Hassan Nejmi: C'est une façon de s'exprimer, c'est un mode de vie et d'existence. Ce n'est pas, comme le croient certains, des mots croisés qu'on s'amuse à tisser quand on n'a rien de mieux à faire. La poésie, c'est le premier hymne de l'humanité. Pour moi, c'est aussi ma façon d'exprimer mon état d'apprenti devant la complexité du savoir humain. Quand j'écris un poème, j'essaie de communiquer aux autres, une modestie sincère devant les êtres et les choses. . Votre dernier recueil «Les Baigneuses», parle de la femme, seriez-vous devenu le poète de la femme?- Ce recueil aborde le corps féminin. L'écriture utilisée est très érotique. Les poèmes sont longs et le style utilisé reflète la sensibilité du sujet. La langue est complexe et classique. Le grand soufi de l'islam, Ibn Arabi, a dit: «Ce qui peut être féminisé est inutile». Quand le côté féminin est présent dans un poème, il donne un flux plus poétique et une vivacité qu'aucun autre élément ne peut procurer. Plus le féminin est présent, plus il y a une complicité spirituelle entre le poète et son produit. Ceci d'une part. D'autre part, ce genre de poèmes donne un nouvel élan à la poésie marocaine. On s'est habitué à une certaine poésie qui porte une charge idéologique. Or, l'introduction de l'élément féminin a permis de reproduire les modèles d'antan. Pour revenir à votre question, dire que je suis «le poète de la femme», est un cliché. Nizar Qabbani n'a jamais été le poète de qui que ce soit, il est avant tout le poète de l'amour avec tout ce que recèle ce mot. . Dans «Petite éternité», votre deuxième recueil, il y a une économie dans le langage...- En effet, l'écriture est fragmentée dans une «Petite éternité», les moments sont éphémères et le style qui ressemble au style d'un journal personnel est spontané. Dans ce recueil, j'ai travaillé sur une dichotomie de paysages et de scènes urbaines. Il y a aussi une présence très forte du visuel et de l'espace concret du début jusqu'à la fin. . Comment voyez-vous le champ culturel marocain?- Il est vraiment plus riche maintenant. Avant, le champ culturel était monotone. La plupart des poètes par exemple se contentaient d'un seul poème où ils décrivaient le même vécu, la même réalité dans un même langage, exception faite de quelques noms qui arrivaient à sortir du bavardage idéologique de l'époque. Les moments de la poésie marocaine durant les années 60, on les trouvait surtout chez Mohamed Mejjati, Mohamed Bentalha et Abdellah Rajia. C'est vrai qu'ils adhéraient à l'opinion ambiante, mais ils parvenaient quand même à se différencier et s'isoler dans leurs poèmes. Aujourd'hui, on assiste à l'émergence d'une nouvelle vague de poètes. Leurs expériences sont certes différentes de la nôtre. Ils bénéficient de la floraison du champ artistique et culturel. On remarque aussi, au niveau du langage, qu'il y a une pluralité linguistique structurelle. . Qu'est-ce que vous reprochez à la poésie marocaine?- L'expérience en matière de poésie est encore jeune. Elle a commencé dans les années 60. Mais les poètes n'ont jamais exploité l'héritage de nos ancêtres. L'oralité et les contes ne figurent pas dans notre poésie. . Quels sont les poètes qui vous ont le plus influencé?- Il y a plusieurs noms. Je ne peux pas les citer tous. Mais ceux qui m'ont marqué sont le Grec Yanis Ritsos et le Japonais Haiku. Parmi les Arabes, je peux citer le grand Adonis, Saâdi Youssef, Mahmoud Darwich… On ne peut pas s'imprégner de la matière poétique seulement par les poètes, mais par toute sorte d'expressions artistiques.


L'amitié est polyphone

«Au Maroc, on a vraiment plus que jamais besoin de ce genre de manifestation. Mais, je ne vous cache pas au début, durant les premières éditions, j'avais des appréhensions par rapport aux vocations de cette manifestation. Personnellement, j'avais peur que l'élément marocain soit ignoré et qu'elle s'oriente plutôt vers l'appui de la francophonie en négligeant les composantes de la culture marocaine. Je me suis trompé, le Salon est un espace d'échange et d'enrichissement. Les organisateurs, surtout mon ami Nicole de Pontcharra, veillent à ce qu'il soit le carrefour de dialogue entre les civilisations humaines. La scène culturelle a besoin de ce genre d'activité. C'est une soupape qui nous permet à tous de respirer un air propre et sain. Le salon est un canal de diffusion des savoirs et de discours de créativité. Les rencontres de Tanger créent une dynamique pluriculturelle et plurilinguistique. Aujourd'hui, on a vraiment besoin de parler la langue de l'autre pour mieux communiquer et pour mieux parvenir à résoudre les problèmes. L'amitié littéraire est polyphone.»Propos recueillis par Hayat KARIM ALLAH

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