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7e Salon international du Livre de Tanger
Elias Khoury, le langage contemporain

Par L'Economiste | Edition N°:1441 Le 21/01/2003 | Partager

Ne nous trompons pas de combat. L'insulte contre un Juif ou un Arabe, c'est la même. Nous, intellectuels arabes, sommes indignés par cette entreprise antisémite. (…) Nous alertons à ce sujet les opinions publiques libanaises et arabes et appelons les autorités compétentes du Liban à interdire la tenue à Beyrouth de cette manifestation inadmissible”. C'est en ces termes que s'exprime Elias Khoury, membre d'un collectif d'intellectuels arabes. Lui-même et le collectif refusent catégoriquement la tenue d'une conférence négationniste à Beyrouth. L'objectif des organisateurs de cette rencontre était de renforcer leurs contacts avec des antisémites islamistes et nationalistes locaux. Grâce à l'action courageuse de Khoury et de ses amis, la conférence négationniste fut interdite. “La colère et la rage que nous inspirent les crimes de Sharon ne doivent pas et ne peuvent, en aucun cas, justifier les amalgames et les dérives”. Mais celui qui s'oppose à la montée de l'antisémitisme n'hésite pas à décrire avec perfectionnement et pertinence les massacres perpétrés contre les Palestiniens. Suite aux violences de Jenin, il dénonce et déclare que le fait de masquer les images des morts aux caméras de télévision suffit pour effacer le crime, ou pour l'annuler virtuellement: “C'est pourquoi l'armée israélienne a interdit aux journalistes l'entrée du camp sinistré, tout comme elle a empêché les secouristes internationaux et palestiniens de sauver les blessés”. Dans son roman Bab Achams (La porte du soleil), Elias Khoury trace le périple de Younès, un dirigeant politique dans le coma, et du narrateur, le docteur Khalil. Le docteur se présente comme “médecin provisoire dans un hôpital provisoire dans un pays provisoire”. A l'image de son peuple, Younès balance entre la vie et la mort, la dérision et la certitude. Le coma devient tout au long du livre synonyme de résistance et de bravoure dans un moule de monologue de réminiscence et de vrais-faux dialogues. Le roman construit ainsi une éblouissante succession d'histoires en boucle qui, toutes, ramènent vers ce demi-mort insaisissable. Essayant de trouver les pièces manquantes du puzzle de l'exode palestinien vers le Liban, convoquant récits et souvenirs, ses écrits reflètent cette fervente angoisse qu'Elias Khoury porte en lui.Il trouve son refuge dans l'écriture qu'il «commet« avec son coeur et son âme. L'auteur n'oublie pas les travers du mouvement de libération palestinien. Il ironise douloureusement sur le culte des martyrs, dont les photos étaient affichées sur les murs du camp. Pour convaincre, Elias Khoury joue la séduction: écriture vive, émouvante, humoristique. Séduction aussi d'une construction où la luxuriance des récits entend faire reculer l'échéance de la mort. Et encore séduction du maniement de thèmes, «dans l'air du temps«, tels le mélange des cultures ou l'impasse des combats militants.Témoin de la tragédie quotidienne des Palestiniens, soucieux d'écrire l'histoire de ce peuple et du rôle qu'y ont joué les femmes, Khoury use d'un langage nouveau et contemporain. Son roman est un récit d'exil et de guerre; il manifeste très jeune ses dons d'écriture où il cherche refuge pour alléger la dureté de la souffrance des siens. Elias Khoury partage avec les Palestiniens une complicité rare. Il rêve de «l'identité niée«. Ses écrits sont d'une terre, d'un peuple et d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de genèse littéraire. Les récits de Khoury sont hantés d'une page à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimé côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge symbolique intense.H. K. A.----------------------------------------------Né en 1948 à Beyrouth, Elias Khoury est diplômé d'histoire et de sociologie. Il a enseigné la littérature arabe au Liban et à l'Université de Colombia aux Etats-Unis. Après avoir participé à la création de plusieurs revues littéraires, il est aujourd'hui rédacteur en chef du supplément littéraire du quotidien “An Nahar” (Le Jour). Il est auteur de onze romans et deux pièces de théâtre, jouées à Beyrouth, au Caire, à Paris, à Vienne et à Bâle. Très proche du théâtre, il a dirigé pendant six ans le Théâtre de Beyrouth et est codirecteur du Festival de théâtre à Beyrouth, Ayloul.

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