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Les banques arrêtent de snober le microcrédit

Par L'Economiste | Edition N°:1926 Le 28/12/2004 | Partager

. Complémentarité entre les deux activités. Le secteur en quête de nouvelles ressources. La microfinance dans l’agenda prioritaire du gouvernementL’année 2005 marquera un tournant pour la microfinance. Le secteur suscite un intérêt croissant à la fois du gouvernement et des banques. Le fait que l’expérience marocaine soit citée en exemple par les bailleurs de fonds internationaux y est sans doute pour beaucoup. Tout comme la décision de l’ONU de décréter 2005 l’année du microcrédit dans le monde. En ce sens, la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM) aura relevé le challenge. Aujourd’hui, les pouvoirs publics prennent conscience du rôle déterminant du microcrédit dans l’éradication de la pauvreté. Preuve de cet intérêt, le Premier ministre a rencontré pour la première fois, jeudi dernier, la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM). L’occasion pour la profession d’exposer la stratégie globale du secteur. A la primature, l’on exprime la ferme volonté du gouvernement de s’impliquer dans l’expansion de la microfinance pour consolider la politique nationale de proximité. «Il est temps de s’approprier ce vecteur extraordinaire de lutte contre la pauvreté et le chômage en développant une stratégie de partenariat avec les associations», indique un membre du cabinet du Premier ministre. De son côté, la fédération exprime le besoin d’être soutenue par les décideurs politiques pour encadrer un secteur en pleine croissance. Maintenant que la volonté de coopérer existe de part et d’autre, il faudra mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour entretenir la dynamique et réaliser dans les meilleures conditions l’objectif commun, à savoir l’éradication de la pauvreté par la création de richesse. Parallèlement, les banquiers ne sont pas restés insensibles à l’ébullition qui touche ce jeune secteur. Ils prennent conscience de la complémentarité des deux métiers et prêtent une oreille plus attentive aux associations de microfinance (AMF). Certaines d’entres elles sont en mesure de jouer un rôle central dans la bancarisation des populations marginalisées par le circuit bancaire classique.Le dialogue entre les deux professions a été officiellement établi lors de la réunion tenue au siège du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), le 20 décembre dernier. Un groupe de travail a été chargé de repérer les pistes de collaboration potentielles entre les deux sphères. Le défi n’est pas mince. «Il faut d’abord approfondir la connaissance mutuelle de nos métiers puis défricher le terrain, pour améliorer le refinancement du secteur du microcrédit et augmenter sa force de frappe», précise Rida Lamrini, président de la FNAM. Dans l’immédiat, la commission devra formuler des recommandations pour uniformiser le processus de déblocage des fonds bancaires aux associations. Pour l’heure, ces fonds sont jugés insuffisants pour satisfaire la demande de crédits. De plus, le secteur s’est fixé comme ambition de tripler le nombre de bénéficiaires pour le porter à 1 million et multiplier par 8 l’encours actuel pour atteindre 4,5 milliards de DH.A fin 2003, les lignes de crédit accordées par les banques marocaines s’élevaient à 4 milliards de DH et les subventions plafonnaient à 100 millions de DH. Selon la FNAM, l’encours bancaire aurait augmenté en 2004. Parallèlement, les prêts étrangers ont dépassé 174 millions de DH contre 50 millions pour les cautions. Les subventions octroyées par les bailleurs de fonds internationaux se chiffraient, elles, à 273 millions de DH.Au total, les associations ont mobilisé au cours de la décennie quelque 844 millions de DH dont la moitié sont d’origine étrangère. Pour la pérennité du secteur, il faudra que les deux parties tissent un partenariat «gagant-gagnant». Parallèlement, la FNAM est décidée à mener un lobbying actif pour amender la loi afin de permettre une diversification des sources de refinancement, notamment par la collecte de l’épargne populaire.A défaut, la plupart des associations de microfinance continueront de puiser dans leurs fonds propres pour rembourser les encours, au lieu de satisfaire les besoins de financement croissants de la population.


Les prêts explosent mais pas les impayés

Le nombre de prêts aura littéralement explosé durant les 4 dernières années. Entre 2000 et 2004, ils passent de 90.000 à 300.000!Même tendance pour les encours qui grimpent de 90 à 540 millions de DH. Certaines associations ont augmenté de plus de moitié leur activité en 2004.En tête des bénéficiaires, les femmes et les microentrepreneurs. Et la couverture régionale serait en train d’évoluer pour rétablir l’équilibre entre le monde rural et les villes.Par ailleurs, si les engagements connaissent une progression fulgurante, le risque est maîtrisé. Le taux de remboursement est estimé à 99%, pour l’ensemble du secteur. Une performance qui résulte de l’accompagnement et du suivi systématique des clients par les réseaux. Pour maintenir ce score, la fédération compte mettre en place une centrale des risques. Elle abritera une base de données nécessaire à l’estimation de la capacité de remboursement des emprunteurs.


L’offre se diversifie

L’offre de produits de financement s’est diversifiée à partir de 2003. A la base, les associations octroient sur une durée de 3 à 9 mois, des prêts solidaires d’un montant variant entre 1.000 et 10.000 DH. Le prêt solidaire est destiné à un groupe de 5 microentrepreneurs en moyenne qui se cautionnent mutuellement pour rembourser les prêts.Autre produit classique: le prêt individuel dont le montant est inférieur à 20.000 DH sur une durée de 24 mois. La loi 97/18 prévoit uniquement le financement des activités génératrices de revenus. Elle sera amendée en 2003 pour permettre de financer l’habitat (crédit logement), l’installation des panneaux photovoltaïque (crédit d’électrification et de l’eau potable) ainsi que le tourisme rural.Mais la commercialisation de ces produits reste tributaire de la capacité à lever des fonds suffisants. La fédération estime à 70 millions de DH au moins, le coût de leur mise en place. Mouna KABLY

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