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· Placements en bourse une gestion pas comme les autres : Raja: La PME du foot-business

Par L'Economiste | Edition N°:353 Le 09/10/1998 | Partager

Le Raja de Casablanca est aujourd'hui le prototype du club-entreprise. Une organisation moderne, un encadrement sérieux... et le produit fabriqué est vendable. Le mariage du foot et du business commence à faire partie des moeurs des verts.

DIMA, dima, Raja. Dima, dima, Raja. Le terrain est plein, le public est acharné et les slogans jaillissent de tous les coins.
Chaque match joué par les verts est un événement pour ses supporters. Fini le match, ceux-ci auront toute une semaine pour parler des prouesses de leurs joueurs préférés, de la manipulation de l'arbitre, des décisions de l'entraîneur...
La popularité du Raja se conjugue aujourd'hui avec une performance sportive remarquable et une imposante santé financière. Résultat: une saison sportive de haut niveau la consacre championne du Maroc et de la première Ligue des Champions Africains. Quel en est le secret? «Le véritable secret de cette réussite tient au fait d'un mode de gestion rigoureux et une planification financière qui ne repose pas sur l'aléatoire où une quelconque profusion ponctuelle de ressources», affirme M. Ahmed Amor, président du Raja.
Paradoxe, le RCA était jadis un club populaire certes, mais pauvre. En fait, la réussite de ce club ne se résume pas à une gestion financière rigoureuse (le seul club qui a réalisé des excédents pendant deux années consécutives). «Il a compris avant les autres qu'en installant une école de formation, on pourrait industrialiser la production (des joueurs) restée très artisanale», reconnaît un wydadi.
Ce prototype du club-entreprise est aujourd'hui une véritable PME employant un staff de plus de 55 personnes entre encadreurs, cadres administratifs et même médecins, psychologues et kinésithérapeutes.
Small in efficient. Le Raja a su en effet capitaliser sur une gestion efficiente. «Le management de notre club s'apparente à maints égards à celui d'une entreprise».
Première application: une gestion prévisionnelle à court terme des ressources et dépenses du club. Les recettes du club proviennent essentiellement de la billetterie (3 millions de DH en moyenne), du parrainage de l'ODEP (2 millions de DH dont le club verse une partie aux autres sections du club: basket-ball, volley-ball...) et du sponsoring. Pour cette dernière ressource, le contrat de trois ans qui liait le Raja à l'ONA de l'ordre de 3,25 millions de DH vient de s'achever.
Evalué à 8 millions de recettes fixes en moyenne, le budget du Raja n'arrive tout de même pas à couvrir toutes ses charges. Les transferts de ses joueurs permettent toutefois de combler le creux financier. «Mais ça ne constitue que des recettes aléatoires», avance M. Amor. Produits financiers exceptionnels, les transferts des joueurs ne sont pris en considération qu'exceptionnellement. D'ailleurs, aucun transfert n'est prévu pour l'instant au titre de l'actuelle saison. Le Raja devra alors puiser dans ses réserves afin de rééquilibrer les comptes de la prochaine saison.
Le budget du club des verts se distingue toutefois par des recettes particulières par rapport aux autres clubs. Ainsi, il a réalisé une plus-value de 508.000 DH sur ses placements en bourse au titre de la saison précédente. Une autre valeur sûre pour le club, les adhérents. Leurs revenus se sont situés cette année à 600.000 DH.
Outre son budget fixe, l'école de football génère, elle aussi, du profit. Ainsi, avec un budget de 750.000 DH au titre de l'actuelle saison et des charges de 664.000 (la rubrique «frais divers de gestion» ne figure pas au bilan), l'école a pu réaliser un excédent de trésorerie de 86.000 DH.
Côté charges, la masse salariale est de loin la plus importante (8,42 million de DH de salaires et de primes de joueurs). Loin derrière, les frais de transport viennent en seconde position avec 1,5 million de DH. D'autres charges viennent alourdir le bilan: frais extérieurs (1,12 million DH), frais divers de gestion (80.000 DH), amortissement (212.000 DH), impôts et taxes (3.000 DH).

Pas de fonctionnariat


En matière de politique de rémunération, le RCA a une opinion tranchée. «Nous minimisons les salaires mensuels et nous gonflons les primes», souligne M. Amor. Cette option est privilégiée dans le club pour que les joueurs ne s'installent pas dans le fonctionnariat. «Ce système de rémunération permet également de créer une émulation au sein de l'équipe favorisant l'esprit de groupe et de challenge», est-il indiqué.
Mais le challenge ne s'obtient pas sans la présence d'une organisation moderne. Le Raja l'a compris. Et il s'est doté d'une structure organisationnelle qui s'apparente à celle d'une entreprise privée.
Ainsi, trois départements se trouvent sous la houlette de la Direction Générale:
- La Direction Sportive, qui s'occupe essentiellement de la gestion des complexes et de la logistique.
- La Direction Administrative et Financière dont le rôle est la gestion des budgets, du stock, des achats, etc...
- La Direction Technique: qui se charge de la formation des encadreurs, de l'élaboration des programmes ainsi que du suivi des tests d'évaluation.
Cette organisation a réussi également à mettre en place un système de valeurs centré autour du principe de discipline. Là aussi, le Raja l'a bien compris. «Pas de mystère pour que les joueurs se conforment au règlement», est-il précisé. Celui qui déroge à la règle paiera une amende de 100 à 1.500 DH. Tout dépend de la gravité de la faute commise. Et tout est inscrit dans le règlement intérieur. Pas facile pour cette équipe. Mais le règlement est le règlement.
Précision: les joueurs qui daigneront boire «la harira» en cours de route pour un match avec les Fassis du MAS devront payer 150 DH. Les dirigeants, de leur côté, ont du pain sur la planche. Ils doivent surveiller en permanence leurs «protégés». Et même le menu des repas des joueurs doit être faxé à l'hôtel où ils résideront avant leur départ.
Pour remédier au problème du logement, le club envisage de créer un complexe sportif, regroupant un terrain de foot et un hôtel. Et c'est sur la Route de Bouskoura que le choix des dirigeants s'est porté.
En attendant, dima dima Raja.

Hassan BOUCHACHIA

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