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Economie

«Globalisation des microbes«: Le Maroc démuni

Par L'Economiste | Edition N°:2030 Le 27/05/2005 | Partager

. Un budget scandaleux pour l’INH: 2,3 millions de dirhams!. Le coup de gueule de sa directrice. L’institut passe à la prestation de servicesLa mondialisation n’épargne aucune entreprise, aucun organisme, aucune grande institution. Pas même l’Institut national d’hygiène dont les responsables redoutent déjà l’ouverture des frontières avec l’Union européenne, programmée en 2012 ainsi que les objectifs de la vision 2010 dans le domaine du tourisme.La globalisation concerne aussi les «microbes», impose une multiplication des activités de contrôle et de ce fait l’existence des moyens nécessaires pour effectuer ces tâches. L’appel lancé par la directrice de l’établissement, Pr Rajae El Aouad, ne prête à aucune équivoque. «Si à la date butoir de 2012, nous ne disposons pas d’un institut capable d’effectuer les contrôles sur les marchandises importées, les risques seront forcément élevés», clame-t-elle. C’est sans doute une des raisons qui expliquent l’initiative de l’INH depuis quelques semaines d’organiser des tables rondes autour de thèmes liés à la santé ou des séminaires d’information. L’INH n’a jamais fait de véritable communication. Hormis des journées portes ouvertes organisées l’an passé, «sans grand succès», nombreux sont ceux à ignorer jusqu’à son existence ou à le confondre avec d’autres services d’hygiène relevant de départements différents. L’occasion de la célébration du soixante-quinzième anniversaire est donc saisie pour «informer les autorités et les professionnels sur ses missions et ses prérogatives», explique El Aouad. L’occasion aussi de pousser un «coup de gueule parce que ça ne peut continuer comme ça». Les moyens font cruellement défaut. L’INH ne dispose que de 2,3 millions de dirhams de subventions annuelles grevées sur le budget, lui aussi bien mince, du ministère de la Santé. Or, «il faudrait au moins cinq millions pour pouvoir assurer convenablement les missions qui lui incombent». A côté de l’accompagnement des programmes de santé dont il a la charge, l’institut consacre une grande partie de ses activités (près du tiers de l’activité globale) aux analyses pour indigents. «80% des examens de l’INH sont destinés à satisfaire la demande d’indigents dont les analyses ne peuvent être réalisées dans le secteur hospitalier à cause de leur coût ou du manque d’équipements», explique El Aouad. Les hôpitaux aussi accusent des carences dans la technicité de leurs plateaux, faute de moyens. Ce que ne peut se permettre l’institut dont la raison d’être est l’activité laboratoire. Il avait pourtant longtemps pâti de négligence de la part des autorités de tutelle, travaillant avec des méthodes obsolètes et un personnel peu recyclé, voire pas du tout. Depuis une dizaine d’années, ses responsables ont entrepris des actions pour le mettre à niveau: équipements techniques, recrutements de personnel qualifié, signature de conventions avec des communes ou collectivités locales.Mais il reste encore de nombreux chantiers à finaliser. «Le recyclage du personnel et la mise à niveau continue des plateaux techniques sont parmi les priorités», affirme El Aouad. Avec l’ouverture des frontières, les importations sont appelées à croître. Les contrôles sur les produits alimentaires, systématiques dans le cadre de ces importations, devraient de ce fait être plus importants. «Nous devons disposer d’un institut où l’on soit capable de rassurer la population sur l’état de salubrité des articles consommés». Pour les exportations, la démarche est quasi similaire car de nombreux pays exigent un certificat de conformité à certaines normes que seul l’INH est habilité à délivrer. Le développement de l’activité touristique nationale concerne également l’INH. «Les cas d’intoxication alimentaire dans des établissements hôteliers ne doivent pas se répéter si le Maroc souhaite atteindre les objectifs de la vision 2010». Le contrôle sanitaire fait incroyablement défaut. Et même si le directeur de l’INH «loue» les efforts des comités de surveillance des bureaux municipaux en charge de ce contrôle, il ne manque pas de tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de multiplier les actions dans ce sens. «Imaginez la catastrophe si un ou deux cas d’intoxication de touristes se produisent!» «Je regrette amèrement que le ministère de la Santé n’ait pas été associé à l’effort déployé dans le cadre de la vision 2010», déplore-t-elle. C’est d’ailleurs une des priorités dans les prochaines semaines. Un courrier devrait être adressé au ministre de la Santé. Le Maroc n’a ni le temps ni la possibilité d’attendre en la matière. «Notre devoir est d’accompagner la vision 2010 notamment en ce qui concerne l’hygiène alimentaire et celle des locaux et du personnel d’hôtellerie». L’institut s’orientera davantage vers les prestations de services. Le modèle des signatures de conventions avec les communes devrait être systématisé, car «il n’y a pas de raison que seuls certains paient». C’est d’ailleurs un des moyens d’augmenter les ressources de l’institut et d’être véritablement compétitif.


Rien à voir avec les bureaux municipaux!

Lorsqu’un cas d’intoxication alimentaire se déclare dans un restaurant, qui en est responsable? L’INH ou les services municipaux? Les deux à la fois?«L’INH n’a aucune responsabilité dans ce genre d’affaires, il est chargé d’examiner les prélèvements qui lui sont adressés par les établissements», explique Rajae El Aouad. Les prélèvements sont anonymes. L’INH ne connaît donc pas l’identité de son «client». L’INH dispose toutefois de représentants au sein des comités de vigilance au niveau de chaque bureau municipal. C’est ce dernier qui a en charge le contrôle sanitaire des établissements ou de tout type de commerce alimentaire. Rien à voir donc avec les intoxications! Amale DAOUD

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