×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    16 mai, deux ans après
    Déploiement d’éducateurs religieux

    Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

    . Un groupe pilote de 220 personnes pour commencer. Les donateurs «clean» n’ont rien à craindre. Le projet de loi des lieux de culte inquiète les islamistesL’après-16 mai est riche en enseignements. Les observateurs s’accordent à dire qu’au lendemain des attentats, l’Etat devait se repositionner dans le champ religieux par une approche sécuritaire qui prenne en considération les dimensions politique, économique et culturelle. Certes, il y a eu des dérives. Et même la Justice le reconnaît (www.leconomiste.com). Mais «il fallait agir face à la montée en puissance du radicalisme», explique Mohamed Darif, politologue. Fin avril 2004, une nouvelle stratégie est élaborée dans le champ religieux. Cette dernière s’articule autour de trois principaux axes: la restructuration du ministère des Affaires islamiques, la réhabilitation des ouléma avec l’élargissement de leurs prérogatives et l’aspect pédagogique lié à l’éducation religieuse et au contrôle des supports. «L’enjeu est de moderniser l’image de l’islam par un projet clair et des mesures concrètes», indique Ahmed Laâbadi, directeur des Affaires islamiques. Le réaménagement du ministère se concrétisera notamment via la création de nouvelles directions dont l’une est dédiée aux lieux de culte. L’étau se resserre sur les mosquées. Le projet de loi 29-04, actuellement au Parlement, apporte quelques changements et instituera de nouveaux critères pour leur construction. L’objectif est de parvenir à une meilleure organisation et surtout un meilleur contrôle des mosquées, ajoute Laâbadi. «L’intérêt, dit-il, est de sortir du caractère informel et mystique de la “sainte nitouche”». Une fois le texte adopté, les donateurs, qui veulent financer la construction de lieux de culte, devront créer, sous l’oeil vigilant des autorités locales, une association et demander une autorisation. L’enjeu de cette démarche est de faire en sorte que les dons ne soient plus une affaire de personnes, mais de structures autorisées et normalement responsables, explique un imam qui requiert l’anonymat. Bien entendu, des mouvements islamistes n’apprécient pas. Pour certains d’entre eux, c’est un retour en arrière qui restreint le champ religieux et revêt un caractère répressif. Le projet de loi prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans à l’encontre de celui qui construit ou procède à l’extension d’une mosquée ou zaouia ou encore mausolée sans autorisation. Une disposition qui freine l’élan des donateurs et autres actes de bienfaisance, mais aussi la construction par des bénévoles de nouveaux lieux de culte, précise Abdelilah Benkirane, membre du secrétariat général du PJD. Selon lui, «les donateurs redoutent les enquêtes policières» et tout ce qui s’ensuit. «Les donateurs clairs n’ont rien à craindre», rétorque Laâbadi. Enclenchées par le ministère des Affaires islamiques, les réformes des mosquées reposent essentiellement sur le recyclage des imams et l’encadrement des prêches afin d’ancrer les principes du fiqh et de la chariaa. Modération et tolérance sont les mots d’ordre pour les prédicateurs. Certains d’entre eux sortent du cadre religieux proprement dit pour aborder des aspects de la vie quotidienne (santé, alimentation…). Il faut dire que la gestion des mosquées a constitué l’épine dorsale de cette stratégie. Car le constat après le 16 mai était que les lieux de culte avaient été déviés de leur mission initiale, sortant ainsi du conventionnel. «Ce qui a laissé place à l’instrumentalisation du discours religieux populaire», souligne Darif. Il fallait aussi traquer les adeptes du wahabisme «hard» qui avaient gagné du terrain. «Avec le web, les nouvelles technologies en général, rien n’empêche d’aller loin dans le wahabisme. D’ailleurs, la Mecque est à 7 heures de vol», explique un membre du PJD. L’objectif actuellement est de combler les interstices par une politique de proximité, indique Darif. «Une proximité orientée», précise le directeur des Affaires islamiques. Selon le politologue, la stratégie de l’Etat consiste à trouver un équilibre entre le discours religieux officiel et le discours populaire. A cet effet, la tutelle a procédé au déploiement d’un groupe pilote d’éducateurs religieux (mourchidines). Quelque 60 femmes et 120 hommes ont ainsi été recrutés pour une meilleure interprétation de la religion et une sensibilisation de la population à la tolérance.Autre pan de la stratégie des Habous, la sélection «rigoureuse» des imams. Ces deux dernières années ont connu une fougue pour une nouvelle génération. Rappelons-nous le phénomène El Kzabri qui a commencé il y a deux ans à El Oulfa à Casablanca avant de passer à la mosquée Hassan II. Mais les imams mobilisateurs de foules se comptent sur le bout des doigts. Amin RBOUB

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc