Enquête

12 millions de Dollars pour la fille rurale 12 millions de Dollars pour la fille rurale

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Le Ministère de l'Education Nationale multiplie les réunions de travail sur la scolarisation de la petite fille en milieu rural. La dernière en date a été consacrée à l'évaluation de la situation dans cinq provinces.


Près de 12 millions de Dollars seront consacrés à la scolarisation de la petite fille marocaine. Financé par l'USAID, ce programme va durer jusqu'à l'an 2003. Il s'agit en fait d'assister le Ministère de l'Education Nationale à augmenter les effectifs des filles scolarisées dans les campagnes. Cinq provinces-pilotes ont été retenues pour initier le projet: Essaouira, Ouarzazate, Al-Hoceima, Sidi Kacem et Errachidia. L'opération sera ensuite étendue à 9 autres régions. L'intervention porte sur trois principaux volets: renforcer les capacités d'accueil, intentifier l'innovation dans les écoles et faire participer la population sur place.
L'intérêt accordé pour la petite fille s'explique selon les responsables de l'Education Nationale par les chiffres qui montrent une carence au niveau de sa scolarisation par rapport au garçon. En 1997, le taux de scolarisation a atteint 63,3% pour les garçons, alors qu'il n'a pas dépassé 34,8% pour filles. Ce même taux se situe au niveau de 22,3% dans les campagnes.

La scolarisation de la fille est devenue à l'ordre du jour. C'est pourquoi le Ministère de l'Eduction Nationale a tenu les 8 et 9 octobre une réunion de travail pour débattre de la question. C'était l'occasion aussi de mettre en exergue le programme relatif au projet «Girls Education Activity», conçu par l'USAID.
Elaboré par l'USAID, ce projet a pour principaux objectifs de créer un processus de sensibilisation et de mobilisation en faveur de la scolarisation des filles, promouvoir leur scolarisation et réduire les disparités entre les filles et les garçons, entre les milieux urbain et rural et maintenir les filles dans le système scolaire au moins jusqu'à la fin du premier cycle de l'enseignement fondamental.

Cinq provinces pilotes


Concernant les régions, sites-pilotes de la stratégie, Essaouira affiche le taux le plus bas. 22,1% seulement des petites filles sont scolarisées. Pour Al-Hoceima, Errachidia, Ouarzazate et Sidi Kacem, le taux de scolarisation pour les pe-tites filles est respectivement de 33,1, 58,8, 41,2 et 42,1%. Ensuite, parce que la petite fille, future mère, peut être un plaidoyer pour l'éducation.
Par ailleurs, le MEN a identifié les principaux obstacles à la scolarisation de la petite fille. Ceux-ci sont divers mais presque identiques pour toutes les délégations. Il s'agit notamment de l'éloignement de l'école, de la pauvreté des familles, de l'insuffisance des internats et des cantines. Les obstacles socio-culturels sont aussi de taille. Les parents sacrifient le plus souvent la scolarisation de la fille au profit de celle du garçon. Les différents intervenants ont également relevé l'importance de l'affectation des institutrices en milieu rural. Les familles hésitent en effet à scolariser leurs filles dans une classe encadrée par un instituteur.


Chiffres de l'Education


Plus de 4,6 millions d'élèves se sont inscrits cette année dans les établissements de l'Education Nationale, soit une augmentation de 5,6% par rapport à l'année dernière. Ce sont là les chiffres donnés par M. Rachid Benmokhtar, ministre de l'Education Nationale, lors du Conseil de Gouvernement du 8 octobre. L'effectif des nouveaux inscrits en première année de l'enseignement fondamental a atteint 453.000 élèves.
Côté murs, le nombre total de salles de classe s'élève à 112.820, soit plus de 3% que l'année scolaire 1996/1997. L'encadrement pédagogique des élèves est assuré par quelque 192.600 enseignants.
Cette année verra également la concrétisation de nombre d'actions. C'est le cas notamment des filières bilingues et de l'orientation de la neuvième année de l'enseignement fondamental et le passage au lycée. Le Ministère projette aussi d'effectuer une évaluation du bilan de l'enseignement.

Malika EL JOUHARI

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