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Economie

Un budget hors normes pour tacler la crise

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5866 Le 16/10/2020 | Partager
10 milliards de DH mobilisés via la privatisation
L’investissement public table sur 230 milliards de DH

Après le programme Intelaka et le Fonds stratégique d’investissement, Mohamed Benchaâboun vient de récidiver. En effet, le ministre des Finances a capitalisé sur le sentiment de solidarité induit par l’actuelle pandémie au sein de la société. Il a ainsi prévu de mettre en place dans le projet de loi de finances de 2021 (PLF 21) une contribution de solidarité sur les bénéfices et les recettes.

Cette initiative permettra de canaliser 5 milliards de DH qui seront affectés au Fonds de cohésion et de protection sociale. C’est ce qui est ressorti de son exposé devant le conseil des ministres de mercredi où il a présenté les orientations générales du PLF 21.

Vu le contexte de crise, le ministre compte développer des ressources supplémentaires, en misant sur les mécanismes innovants dans le cadre du partenariat institutionnel. Ce mécanisme devra rapporter au budget de l’Etat la bagatelle de 14 milliards de DH en 2021. De même, le ministère compte sur la gestion dynamique du portefeuille public pour drainer des fonds. Dans le pipe également, la poursuite de la cession des actifs et les opérations de la privatisation qui vont canaliser vers le budget 10 milliards de DH.

Cette manne servira à la mise en œuvre de la feuille de route tracée par le Souverain afin de dépasser les difficultés économiques et sociales de la crise. C’est le cas de la valeur ajoutée du tourisme qui a reculé de 50%, le transport de 12% et le commerce de 9,1%. L’idée est de renforcer les fondamentaux d’une économie forte et compétitive, sur la base d’un modèle social plus inclusif. D’où les trois principales orientations du projet de budget.

La première vise à accélérer la mise en œuvre du plan de relance économique. Il s’agit de mobiliser différents mécanismes en mesure de garantir l’efficience nécessaire aux interventions du Fonds Mohammed VI des investissements.

Le gouvernement continuera à promouvoir l’investissement public pour atteindre 230 milliards de DH, en prenant en compte les 45 milliards de DH au titre de ce Fonds. Ce dernier sera doté de la personnalité morale et des organes de gouvernance, conformément aux instructions royales. Il interviendra directement à travers le financement des projets d’investissement via le recours au partenariat public-privé ou indirectement en vue de renforcer le capital des entreprises. Dans ses interventions, il s’appuiera sur des fonds sectoriels, selon les domaines prioritaires comme la restructuration industrielle, l’innovation, les secteurs émergents, les PME, les infrastructures, l’agriculture et le tourisme. La sélection des projets se fera principalement sur la base de l’impact sur l’emploi. Dans ces chantiers, il sera question de renforcer la préférence nationale.

Dans le même élan, Mohamed Benchaâboun compte donner une nouvelle dynamique au programme Intelaka. En effet, il a rappelé la nécessité de permettre l’accès des jeunes aux sources de financement en mesure de répondre à leurs besoins de création et de développement des entreprises. En outre, les entreprises vont bénéficier  d’une exonération de l’IR  durant deux années des salaires versés aux jeunes lors de leur premier recrutement à condition que leur contrat de travail soit à durée indéterminée.

Autre orientation du PLF 21, l’exemplarité de l’Etat et la rationalisation de la gouvernance, en mettant en œuvre les orientations royales. Et cela pour donner le coup d’envoi à la réforme profonde du secteur public. Sur ce registre, deux projets de loi ont été préparés. Le premier est relatif à la création d’une agence nationale de gestion stratégique des participations de l’Etat. Le 2e vise la refonte des établissements et entreprises publics, en mentionnant la dissolution de ceux qui ne remplissent plus leurs missions.

Concernant les prévisions, le PLF 21 mise sur un taux de croissance de 4,8%, en prenant en compte un début de relance de l’économie mondiale, particulièrement la zone Euro, selon les perspectives du FMI. Il mise sur une collecte céréalière de 70 millions de quintaux et un prix du gaz butane de 350 dollars la tonne. En 2021, le déficit budgétaire sera ramené à 6,5% du PIB contre 7,5% dans la loi de finances rectificative de 2020.

Principaux indicateurs

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- Taux de croissance: 4,8%,
- Collecte céréalière: 70 millions de quintaux
- Prix du gaz butane: 350 dollars la tonne.
- Déficit budgétaire: 6,5% du PIB contre 7,5% dans la loi de finances rectificative de 2020
- Investissement public: 230 milliards de DH
- Privatisation: 10 milliards de DH
- Mécanismes innovants: 14 milliards de DH en 2021
- Fonds de cohésion et de protection sociale: 5 milliards de DH

                                                                                   

2 ans pour la couverture médicale obligatoire

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L’une des grandes orientations du PLF consiste à démarrer le projet de généralisation de la couverture médicale obligatoire, à travers l’accélération de l’adoption des amendements du cadre légal et réglementaire. Il est question de mettre en place cette couverture pour les couches les plus vulnérables, bénéficiaires actuellement du Ramed.

Un coup d’accélérateur sera donné à la généralisation de la couverture des indépendants et des non salariés exerçant des acticités libérales. Ce chantier sera mené sur une période de 2 ans, avec un coût de 14 milliards de DH. Elle nécessitera un budget de l’Etat de 9 milliards de DH dont 4,2 milliards au titre de 2021.

Ce chantier stratégique sera accompagné d’une réforme fiscale qui permettra de regrouper divers impôts appliqués aux revenus modestes en une contribution professionnelle unique. L’accompagnement de la généralisation de la couverture médicale obligatoire passe également par la mise à niveau de l’offre de soins.

Ainsi, le budget du ministère de la Santé augmentera en 2021 de près de 2 milliards de DH pour atteindre 20 milliards. Cette tendance haussière s’étend au budget de l’Education nationale qui augmentera de 4,3 milliards de DH. En outre, ces deux ministères vont bénéficier de 23.500 postes budgétaires au titre de 2021, soit une hausse de 3.500 postes par rapport à l’année dernière.

Mohamed Chaoui

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