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Economie

Al Omrane: Pourquoi faut-il réinventer le logement?

Par Amin RBOUB | Edition N°:5860 Le 08/10/2020 | Partager
Le Covid nous apprend à vivre et à se loger autrement!
Comment résoudre l’équation de la densité

Le contexte Covid nous apprend à appréhender le logement différemment. En marge de la journée mondiale de l’Habitat, le groupe Al Omrane a initié un débat sur les mutations induites par ce contexte inédit de pandémie (1).

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La densité est la principale problématique dans les quartiers populaires et les logements sociaux. D’ailleurs, le Covid nous a appris que les espaces urbains les plus peuplés sont les plus exposés aux contagions. La densité démographique est un facteur accélérateur de contaminations (Ph. L’Economiste)

«Le monde entier est en train de vivre des changements profonds dans la façon de vivre et de se loger. Cette transition nous interpelle tous pour repenser voire réinventer le logement de façon à ce qu’il devienne à la fois un espace de vie, un lieu fonctionnel, un espace de travail et de loisirs inscrit dans la durabilité...», tient d’emblée à préciser Badr Kanouni, président du Directoire du groupe Al Omrane.

«L’innovation devient une nécessité aussi bien sur les approches urbanistiques, les dispositifs bas carbone, l’efficacité énergétique, le financement... Tous les acteurs de l’écosystème sont concernés», soutient Kanouni. L’enjeu est de produire plus vite, produire mieux et surtout produire moins cher, insiste le président du Directoire.

Tout le défi aujourd’hui consiste à pousser plus loin la réflexion pour résoudre l’équation d’un habitat à la fois durable et abordable. Mais pour y arriver, il y a un certain nombre de pré-requis: «Désormais, il va falloir travailler sur de nouvelles approches pour développer des espaces urbains intégrés et qui répondent à des impératifs de proximité, apporter le maximum d’équipements structurants et de connectivité (télécoms, digital, mobilité et transport), d’espaces verts et de loisirs, apporter plus de bien être, de qualité de vie, de sociabilisation...», résume Bouchra Lmoudden, directrice du Pôle Ingénierie et Développement.

Autre prérequis technique sur le plan architectural: produire un logement digne et salubre. Sur ce registre, les architectes sont appelés à repenser le logement de demain et surtout résoudre l’équation de la densité, principale problématique dans les quartiers populaires et les logements sociaux.

D’ailleurs, le Covid nous a appris que les espaces urbains les plus peuplés sont les plus exposés aux contagions. Autrement dit, la densité démographique est un facteur accélérateur de contaminations. In fine, «le Covid est une opportunité pour avoir une réflexion plus globale sur la gestion des espaces et les aménagements urbains», soutient Bouchra Lmoudden. Mais attention, repenser le modèle n’implique pas forcément de produire plus grand. «Ce n’est pas une question de taille, mais plutôt un souci de flexibilité et de fonctionnalité. Il faudra réinventer l’acte de bâtir avec des espaces plus aérés, plus ventilés, plus fonctionnels...», souligne Lmoudden.

C’est dire que les prérequis impliquent d’intégrer des éléments liés à la notion d’efficacité, l’orientation, les fonctionnalités, les dispositions, la configuration, la ventilation, l’ensoleillement... L’aspect acoustique est également un élément fondamental. Ce sont là autant de solutions qui reposent sur de nouvelles approches sur les plans technique, réglementaire, urbanistique, financier, R&D. L’enjeu est de développer l’agilité, la flexibilité, revoir les process, le choix des matériaux... Le tout sur fond d’une forte dose d’innovation.

«Cette situation d’urgence a révélé des besoins de réactivité et de résilience», poursuit Lmoudden. Sauf que le souci de réactivité et d’agilité impose de sortir des sentiers battus dans l’ensemble de l’écosystème et métiers liés à la production de logements (la conception, les études, les techniques, le contrôle,  les process, la gestion, l’aménagement-développement, la planification, les lois, les normes...) pour pouvoir anticiper et gérer des situations de crise et de rupture. 

Autant dire que la pandémie est porteuse de nouvelles opportunités dans le développement de nouvelles approches. L’enjeu est de coller aux nouvelles attentes et besoins avec un logement résolument modulaire et évolutif, des budgets adaptés et abordables, des espaces intégrés... et surtout de fortes doses d’innovation et de qualité évolutive.

Justement, la notion de qualité est transversale. C’est même le principal levier de la réglementation technique et de l’efficacité énergétique. Autres leviers majeurs, la normalisation, la labellisation, l’amélioration des indicateurs de performance dans le bâtiment ou encore la montée en compétences techniques, la formation et qualification, la R&D, l’économie circulaire..., tient à préciser Soraya Khalil, directrice Qualité au ministère de l’Habitat.

                                                                 

Mascir: Des pistes et des solutions

Le centre de recherches appliquées Mascir est aujourd’hui à un stade assez avancé en termes de création de valeur et transfert de technologie dans l’immobilier. Plus de 150 ingénieurs y mènent des recherches pointues pour constituer une force de propositions aux différentes stratégies nationales. Pour repenser le logement, la plateforme préconise désormais le recours au numérique, à l’intelligence artificielle (IA) et au big data afin de mieux utiliser les technologies en fonction des besoins et fonctionnalités. Mascir recommande aussi le recours aux nanomatériaux à travers des ressources naturelles tels que le bois artificiel. Autre piste, l’IA pour concevoir de nouveaux services afin de répondre aux besoins de confort et de flexibilité. Mascir a aussi développé des logiciels pour simulation de trafic afin d’anticiper les besoins en termes d’évolution urbanistique, de démographie et de mobilité. L’association planche également sur la valorisation de fibres naturelles pour l’isolation acoustique et thermique dans l’habitat. Par ailleurs, des expériences probantes ont été menées dans la valorisation de pneus usagés pour produire du pavé. Des projets sont en cours pour le déploiement d’une centaine de points d’éclairage public et compteurs intelligents. Mais le grand défi réside dans l’industrialisation à grande échelle et le déploiement de solutions sur le terrain. Pour relever ce challenge, la prochaine étape consiste à associer les professionnels afin d’apporter des réponses à des besoins précis sur le terrain. Ce sont là autant de briques multi-usages pour définir une feuille de route afin que la R&D se traduise par de la création de valeur.

Amin RBOUB

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(1) C’était lors d’un atelier autour de la qualité, l’innovation et recherche au service d’un logement pour tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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