×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Post-Covid: La finance verte au service de la relance

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5860 Le 08/10/2020 | Partager
La crise sanitaire et économique a relancé le débat autour de la transformation du système financier
Le volontarisme des politiques publiques, décisif pour l’implémentation de la finance verte
L’implication du privé est incontournable vu l’ampleur des besoins

Lancée il y a quelques années, notamment dans le sillage des Sommets sur le climat, la finance verte peine encore à percer. C’est l’un des principaux constats des intervenants lors du webinaire organisé par l’institut CDG autour de cette thématique.

finance-verte-00.jpg

Les intervenants lors du webinaire organisé par l’institut CDG ont expliqué que face aux effets induits par la crise Covid, aujourd’hui, c’est une nécessité de penser la relance à travers la finance verte, en misant sur une combinaison des flux financiers publics et privés pour la réalisation de projets répondant notamment aux besoins de résilience face aux changements climatiques (Ph. Bziouat)

«Pour atteindre les engagements internationaux en matière de neutralité carbone, il faut mobiliser près de 5.700 milliards de dollars par an. Or, la réalité aujourd’hui est très en deçà, dans la mesure où le volume de la finance verte ne dépasse pas 300 à 600 millions de dollars par an», a souligné Mihoub Mezouaghi, DG de l’AFD à Rabat. Même son de cloche du côté de Bertrand Badre, PDG du fonds d’investissement Blue like an Orange Sustainable Capital, ex-DG de la Banque mondiale. Il a rappelé le lancement en 2015 d’un rapport sur la révolution dans les finances, notamment avec des initiatives qui montraient la transformation de ce secteur.

«Cinq ans après, ce n’est toujours pas révolutionnaire. Il faut aller plus loin», a-t-il affirmé. Les différents intervenants lors de ce webinaire ont estimé qu’il s’agit aujourd’hui de rompre avec la logique d’une finance verte considérée comme un marché de niche. C’est plutôt tout le système qui est appelé à se transformer, est-il indiqué.

«La finance ne doit plus être une fin en soi. C’est un outil pour mettre l’économie au service du climat», selon Benoît Leguet, DG de I4CE, un think tank sur l’économie de la transition énergétique. Les intervenants ont plaidé pour un «verdissement de la finance».

Depuis le lancement des engagements des pays et des premiers produits verts, le système international dans ce domaine est basé sur une logique volontariste, qui dépend de l’engagement individuel des Etats, des entreprises et des autres acteurs. Maintenant, il est urgent de «procéder à des réglages, notamment en s’attaquant à des sujets comme les normes comptables, les obligations fiduciaires des acteurs qui gèrent l’argent, des modes de rémunération, des contraintes prudentielles…», a expliqué Badre.

Aujourd’hui, la crise Covid a remis sur la table l’importance d’accélérer l’implémentation de la finance verte. «C’est plus qu’une opportunité. C’est une nécessité aujourd’hui de penser la relance à travers la finance verte», a noté pour sa part Hamid Tawfiki, administrateur directeur général de CDG Capital. Pour l’instant, «on ne mobilise pas suffisamment de flux au service de cette transition», selon Leguet.

Impact social de l’économie verte

Au Maroc, il y a une réelle prise de conscience de l’importance de la finance verte, notamment avec l’implication des pouvoirs publics via Bank Al-Maghrib, l’AMMC ou encore une entreprise comme Masen, comme l’a rappelé Tawfiki. Cela concerne les aspects liés à l’émission de green bonds, mais également ceux de sensibilisation et d’explication. Cette prise de conscience est confirmée par Mihoub Mezouaghi, qui a mis en avant une série d’enjeux de la dynamique en cours.

Par exemple, le débat autour de la sécheresse au Maroc et ses effets macroéconomiques pose un challenge de pouvoir inverser les priorités, a-t-il souligné. Pour lui, «la question de l’eau, par exemple, est fondamentale dans ce sens».

En matière de transformation du système financier, l’un des principaux leviers est lié au volontarisme des politiques publiques. Au Maroc, «peut-être la question du climat n’est pas suffisamment intégrée dans le programme de relance. Mais peut l’être via des projets comme ceux de la rénovation thermique des bâtiments, de l’efficacité énergétique de l’éclairage public…», a-t-il expliqué.

Le DG de l’AFD au Maroc a également insisté sur l’importance d’expliquer l’impact social de l’économie verte, qui peut être un véritable levier pour la création d’emplois. De son côté, Hamid Tawfiki a précisé qu’au-delà des produits qui peuvent exister, certains éléments feront que la finance verte soit perçue de façon crédible. Il s’agit d’abord de se doter des outils de mesure d’impact. La combinaison des initiatives publiques et privées est également décisive dans ce domaine.

«Vu l’ampleur du sujet, il faut réussir ce rapprochement et favoriser la combinaison des flux publics et privés, moyennant un partage adéquat des risques». Il est important, selon lui, de réorienter les flux financiers vers les projets de résilience face aux changements climatiques.

Convergence

La place réservée au climat dans les plans de relance en Europe pose une série d’enjeux pour le Maroc. Surtout que l’UE reste l’un des principaux partenaires du Royaume. «Nous allons voir s’ériger de nouvelles barrières à l’entrée du marché européen, notamment en matière de normes environnementales et fiscales», a fait savoir Mihoub Mezouaghi. Le challenge pour le Maroc est de franchir ces barrières, notamment en misant sur la convergence des standards, a-t-il affirmé. Autre défi: le débat autour de la relocalisation des filières de production. «Cela suppose un véritable effort de décarbonisation de l’économie marocaine», a-t-il ajouté.

M.A.M.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc