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L'enquête «FinCEN Files» Une immersion dans le monde des banques

Par L'Economiste | Edition N°:5852 Le 28/09/2020 | Partager
«Carences de la régulation du secteur», «blanchiment d'argent»…
Les accusés répondent

Dans son enquête menée par 108 médias internationaux, de 88 pays, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) dénonce les «carences de la régulation du secteur bancaire». L'enquête «FinCEN Files» est fondée sur des «milliers de rapports d'activité suspecte adressés aux services de la police financière du Trésor américain (FinCen) par des banques du monde entier, mais gardés hors de la vue du public».

L'investigation pointe notamment du doigt plusieurs grandes banques dont JPMorgan Chase, HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank, et Bank of New York Mellon…. Elles sont accusées d'avoir «continué à faire transiter des capitaux de criminels présumés, et ce même après avoir été poursuivies ou condamnées pour faute financière», d’après la même source. Cette affaire «montre qu'un arsenal de sanctions plus dissuasives est nécessaire pour lutter contre ce fléau», estiment certains experts.

Cependant, les rapports d'activité suspecte «ne sont pas des déclarations de crime ou de fraude, mais alertent sur des cas potentiels de crime économique», fait valoir UK Finance, le groupement britannique pour les secteurs bancaires et financiers, dans un communiqué transmis à l'AFP. «Des activités supplémentaires peuvent survenir et ne présenter aucune suspicion ou au contraire confirmer le soupçon originel (...). Les autorités de tutelle peuvent aussi demander à un établissement financier de maintenir la relation client afin de permettre des investigations plus poussées», met en avant UK Finance. Pour le patron du lobby bancaire américain Bank Policy Institute, Greg Baer, il est aussi «absurde que les médias se reposent, pour accuser les banques d'avoir caché des activités illégales, sur les rapports d'activités suspectes transmises par ces mêmes banques aux autorités…».

Ainsi JPMorgan Chase souligne qu'elle «ne peut pas se défendre sur le contenu des accusations puisqu'elle a l'interdiction de discuter de ces rapports d'activité suspecte…». Mais, fait-elle valoir, elle dédie «des milliers de personnes et des centaines de millions de dollars à la lutte contre la criminalité financière…». De son côté, HSBC présente les «accusations de l'ICIJ comme anciennes et antérieures à un accord conclu sur le sujet en 2012 avec le département américain de la Justice». Elle dit aussi avoir, depuis, «renforcé ses capacités de contrôle».

Deutsche Bank assure également que «les révélations du consortium étaient en fait des informations bien connues de ses régulateurs et a dit avoir consacré d'importantes ressources au renforcement de ses contrôles…». ING soutient «avoir cessé sa relation en 2018 avec une des entreprises incriminées pour avoir collaboré avec sa filiale polonaise et s'apprêter à faire de même avec la seconde». Pour sa part, Société Générale affirme que «tous les cas suspects qu'elle détecte font (...) systématiquement l'objet de déclarations auprès des autorités compétentes. Ces déclarations comprenant l'intégralité des éléments que la banque est en mesure de communiquer en conformité avec les réglementations locales…».

2.000 milliards de dollars

Selon l’enquête «des montants astronomiques d'argent sale ont transité durant des années par les plus grandes institutions bancaires du monde». Ces documents portent sur 2.000 milliards de dollars de transactions, effectuées entre 1999 et 2017.

F.Z. T. avec agence

 

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