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Politique

Le quotient électoral plombe les concertations politiques

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5851 Le 25/09/2020 | Partager
Appel à baser son calcul sur le nombre des inscrits sur les listes électorales
Le PJD s’y oppose et estime être visé par cette proposition

Le quotient électoral a canalisé l’essentiel des discussions politiques entre les patrons des 8 partis politiques représentés au Parlement, le chef du gouvernement et le ministre de l’Intérieur mercredi dernier en fin de journée.

Les désaccords sur ce mécanisme décisif pour les résultats des formations politiques lors des prochaines élections sont si profonds que deux courants émergent. Le premier, composé d’un groupe de six partis, veut changer le quotient électoral, basé jusqu’ici sur le nombre de voix valides exprimées. Il s’agit du RNI, du MP, de l’USFP et de l’UC. L’Istiqlal et le PAM ont rejoint la partie.

En effet, la formation de Abdellatif Ouahbi a soumis cette question au vote de son bureau politique: 7 voix en faveur du changement et 6 contre. Finalement, le parti a opté pour la modification qui consiste à calculer le quotient électoral sur la base des électeurs inscrits sur les listes électorales. Ce qui signifie que le mémorandum commun présenté par les trois partis de l’opposition (Istiqlal, PAM et PPS) tombe à l’eau. Pour l’Istiqlal, cette volte-face n’a pas encore été publiquement justifiée. Quant au PPS, il a maintenu sa position exprimée dans le mémorandum commun et qui consiste à prendre en compte les voix exprimées, valides et nulles.

Dans le deuxième groupe, le PJD est le seul à refuser le changement. Il considère que cette modification le vise. Le nouveau format, s’il est adopté, lui fera perdre plusieurs sièges. Selon les résultats des élections d’octobre 2016, il fera perdre au parti au moins 30 sièges. Idem pour le PAM, qui, avec ce nouveau système, sera dépouillé de 20 sièges.

■ Quotient électoral: mode d’emploi
Le mode de calcul pour répartir les sièges sur les listes dans les circonscriptions locales, s’il change, pourrait impacter la configuration de la prochaine Chambre des représentants. En effet, la répartition se fait au moyen du quotient électoral dans un premier temps et suivant la formule du plus fort reste. Cette règle permet d’attribuer les sièges restants aux listes ayant obtenu les scores les plus proches du quotient. C’est la base du code électoral en vigueur. Jusqu’ici, ce quotient est basé sur le nombre de voix valides exprimées. Si demain, ce quotient est calculé sur la base du nombre des inscrits sur les listes électorales, il réduira les différences entre les premiers et les derniers au niveau du nombre des sièges. Les partis forts auront du mal à décrocher deux sièges dans une circonscription électorale. Même les voix des abstentionnistes seront prises en compte dans le comptage des voix pour répartir les sièges, note un observateur de la scène politique.

■ Le seuil sans importance
Avec l’émergence du quotient électoral, le seuil n’a plus d’importance, au point que le PAM souhaite le supprimer. Reste que le système en cours prévoit un seuil de 3% pour les législatives et 6% pour les élections locales et régionales.

■ Trois scrutins en un seul jour
Les partis sont favorables à l’organisation, en un seul jour, des trois principales élections que sont les communales, les régionales et les législatives. Le PJD ne s’y oppose pas. Il a juste demandé au ministère de l’Intérieur de lui expliquer la faisabilité technique de cette nouvelle formule. De même, le déplacement des élections du vendredi à un autre jour suscite le consensus de tout le monde.

■ La liste nationale des femmes et des jeunes
Abdellatif Ouahbi veut supprimer la liste des jeunes. Les partis ont utilisé ce mécanisme pour offrir des sièges aux membres de leurs familles. Le secrétaire général du PAM souhaite les remplacer par les cadres des partis. De manière générale, les formations politiques veulent des listes des femmes et des jeunes au niveau régional mais pour aller au Parlement. Une manière de couper court avec l’habitude d’y intégrer les fils des notables.

                                                                                            

El Othmani joue sa survie à la tête du parti

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(Ph. L'Economiste)

Il semble que le point de divergence concernant le nouveau quotient électoral sera décisif pour l’avenir politique du chef du gouvernement, particulièrement en tant que secrétaire général du parti. Car, s’il l'accepte, il donnera du grain à moudre à ses adversaires pour se soulever ouvertement contre lui. Ils vont l’accuser d’abdication à des instructions venues de l’extérieur du parti, pour reprendre un terme d’un responsable au PJD.

D’autant qu’El Othmani est affaibli par une pétition animée par les partisans du courant de Abdelilah Benkirane. Ceux-ci réclament purement et simplement la tenue d’un congrès extraordinaire avant les élections. L’objectif est de le faire tomber et organiser le retour sur scène de l’ancien chef du gouvernement à la tête du PJD.

Pour l’heure, il n’a pas d’autres choix que de refuser cette disposition et aller au vote contre au niveau du Parlement. La nouvelle formule du quotient électoral sera adoptée puisque soutenue par 6 partis, membres de la majorité et de l’opposition. Le PJD votera contre. Cette séquence, si elle se réalise, serait une première: un parti du chef du gouvernement vote contre un projet de loi apporté par son exécutif. Cette incohérence sera certainement enseignée dans les instituts de sciences politiques comme une exception marocaine. Surtout que les chefs de partis se sont séparés mercredi soir sans se donner rendez-vous pour une prochaine réunion. Ils se sont contentés de rappeler que les consultations politiques sur les lois électorales vont continuer.

En tout cas, tout le dispositif législatif, qui régira les prochaines élections, sera soumis au Parlement au cours de la session d’octobre. Il est impératif d’adopter les lois électorales avant la clôture de la session d’automne. Le processus devra démarrer par la révision des listes électorales, les élections des chambres professionnelles et les représentants des salariés.

Mohamed CHAOUI

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