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Société

Covid: Les enfants entre sédentarité forcée et perte de repères

Par Karim Agoumi | Edition N°:5849 Le 23/09/2020 | Partager
S’ajoute à cela une ambiance familiale dominée par la peur et l’anxiété
Addiction aux écrans, stress, troubles alimentaires et du sommeil… s’en suivent
Les parents doivent faire preuve de plus d’écoute et de bienveillance
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Le psychique des enfants est particulièrement menacé par le contexte délicat du Covid. Une situation marquée notamment par une sédentarité forcée, un stress familial poussé ainsi qu’une désorientation spatio-temporelle

Le contexte Covid et le confinement nuisent grandement à la santé mentale des enfants. Parole d’experts réunis lors d’un webinaire récemment organisé par la Société marocaine des sciences médicales et la Société marocaine de pédopsychiatrie et professions associées. L’évènement, qui a également compté des associations de parents d’élèves, avait pour objectif de livrer des solutions concrètes à un phénomène qui menace directement l’équilibre psychologique des plus jeunes.

Le lockdown – ou confinement en anglais – a été l’une des premières mesures prises pour tenter de stopper la pandémie. Cette solution a entraîné une sédentarité forcée des enfants partout dans le monde, qui a provoqué un véritable chamboulement émotionnel. «Du jour au lendemain, cette catégorie fragile de la population s’est retrouvée enfermée entre quatre murs dans une ambiance familiale dominée  par la peur et l’anxiété», souligne la pédopsychiatre invitée Zineb Iraqi. A ce climat malsain s’ajoute une désocialisation immédiate et une rupture des liens avec les camarades de classe, mais également une désorientation spatio-temporelle. «En l’espace de quelques heures seulement, le salon a remplacé la salle de classe. Une perte de repères pas toujours évidente à gérer», confie la psychologue clinicienne Lamya Lamrani.

Cette situation délicate a également provoqué de l’inquiétude auprès des enfants - s’interrogeant constamment sur l’état de santé de leurs proches – ainsi qu’un état de fatigue non négligeable. «Rester sédentaire entraîne dans la plupart des cas une fatigue psychique notoire», souligne ainsi Lamrani. A cela s’ajoute également la détresse financière des parents, dans une période marquée par la hausse du chômage et de l’insécurité alimentaire.

Ce contexte délicat a rapidement impacté le psychique des enfants et particulièrement des plus jeunes d’entre eux. La raison? Leur fragilité émotionnelle plus importante. «Les enfants constituent des éponges à émotions. Ils font preuve d’une sensibilité accrue à l’environnement émotionnel», explique Iraqi. De ce fait, bon nombre d’entre eux ont développé au cours de cette période des conduites addictives (en particulier aux écrans et aux tablettes), de la dépression, du stress post-traumatique, ou encore, des troubles alimentaires et du sommeil. Quant à ceux présentant déjà un état de santé mental affecté, certains ont été atteints de troubles obsessionnels compulsifs (tocs), voire même ont développé des idées suicidaires. Des maladies d’anxiété engendrées par l’ennui ainsi que par la solitude.

Afin de ne pas en arriver à ce stade, les parents doivent apporter un environnement stable à leur progéniture, tout en les protégeant des messages souvent «angoissants» véhiculés quotidiennement par les médias. «L’harmonie et la bienveillance du cadre de vie doivent absolument être conservées, et doivent être accompagnées de beaucoup de disponibilité et d’écoute pour éviter que l’enfant ne perde ses repères», insiste Iraqi. Mais la solution peut également venir des enfants eux-mêmes, en les poussant à valoriser «à leur manière» les différentes mesures sanitaires. «Personnaliser sa bouteille de gel, ou encore donner des formes d’animaux à ses savons, permet d’impliquer les plus jeunes et de les amener à prendre du plaisir à pratiquer le protocole de protection actuel», confie Lamrani.

                                                                               

Des solutions pour les jeunes autistes

Les jeunes autistes ne sont pas épargnés par l’instabilité émotionnelle engendrée par le confinement. «A leurs troubles de développement habituels viennent s’ajouter perte d’appétit, perte de sommeil, agressivité et même des actes d’auto-mutilation pour les cas les plus critiques», confie la présidente du collectif Autisme Maroc, Soumia Amrani. Pour lutter contre ces effets, l’organisme a publié un guide informant des mesures de prévention adaptées à la vie de cette couche de la population. Autre action entreprise, la création d’une plateforme numérique présentant aux parents les différentes techniques à adopter pour soutenir les enfants.

Karim AGOUMI

 

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