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Culture

Casablanca: La mort annoncée du street art?

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5832 Le 31/08/2020 | Partager
Une deuxième fresque monumentale de l’artiste international Millo détruite
Une identité de la ville en déperdition
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L’œuvre aux allures poétiques, de l’artiste italien Millo,  surplombant la place de la Victoire à Casablanca a été recouverte, sans aucun préavis, d’une couche de peinture blanche, à la grande stupeur des casablancais (Ph DR)

Quel acte plus violent que l’effacement d’une œuvre d’art, a priori quand celle-ci est monumentale, installée  dans l’espace public? C’est le sort subi par l’impressionnante fresque de l’artiste italien Francesco Camillo Giorgino, alias Millo, qui égayait la bouillonnante place de la Victoire, dans le non moins agité quartier de Derb Omar à Casablanca.

Baptisée, ironie du sort, « Manipuler avec soin » l’œuvre géante habillant la façade d’un immeuble avait été réalisée l’année dernière, lors de l’édition 2019 du festival  de street art Sbagha Bagha. Elle a été recouverte d’une bien triste couche de peinture blanche, jeudi 27 août, sans le moindre préavis, à la stupeur générale des casablancais.

L’artiste italien, dont l’une des œuvres située place Ouad Al Makhazine, dans la métropole avait subi le même sort (2015/2018) , avait dit comprendre, bien qu’avec beaucoup de tristesse, le droit du propriétaire de disposer de son bien: «Cela fait partie en quelque sorte du jeu, le street art est par essence éphémère. En tant qu’artiste de rue j’ai grandi avec cette notion. Quand j’étais plus jeune, certaines de mes œuvres pouvaient durer quelques heures, quelques jours ou quelques mois. Aujourd’hui elles durent plus de 10 ans» nous déclarait l’artiste au pied de son œuvre fraîchement peinte en 2019. 

L’œuvre en question, représente une jeune fille émergeant d’un carton d’emballage rempli de polystyrène, dans un décor urbain, spécifique à l’artiste. Elle lui avait été inspirée par l’environnement du quartier: «J’ai eu comme une vision avec tous ces cartons d’emballages et cette marchandise dans le quartier. J’ai voulu en même temps  illustrer la fragilité des femmes qui luttent contre la violence dans le monde entier» expliquait celui qui avoue une fascination pour la ville de Casablanca et pour son énergie débordante. Force est de constater que la métropole est loin de lui rendre son amour.

En quelques années d’existence le festival Sbagha Bagha a réussi à inscrire la métropole dans la cartographie mondiale des hauts lieux du street art. Avec sa voisine, Rabat et son festival Jidar, les deux villes sont régulièrement citées aux côtés des plus grandes métropoles mondiales, notamment Hong Kong, Los Angeles, ou encore Melbourne.

Battle de graffiti, résidences d’artistes internationaux, expositions d’art, fresques murales orchestrées comme de vrais shows publics, créés au cœur de la ville, font chaque année braquer les projecteurs des médias internationaux sur les deux villes. Une communication positive, que les autorités de la ville de Casablanca pourraient optimiser en protégeant ces œuvres de grande qualité.

Malheureusement, tout comme pour le patrimoine architectural de la métropole, des chefs d’œuvres sont en train de disparaître dans l’indifférence générale, face à la pression financière. Car à n’en pas douter, une belle affiche publicitaire remplacera certainement dans les jours qui viennent une œuvre qui n’avait d’autre fonction que d’égayer, d’interroger ou de surprendre les milliers de passants traversant chaque jour la place.

A.Bo
 

 

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