×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Régions

Tanger: Un hôtel sur deux à l’arrêt

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5829 Le 26/08/2020 | Partager
Les établissements ouverts tournent avec des taux d’occupation de 15% au mieux
Les opérateurs broient du noir
Cafetiers, restaurateurs, agences de voyages… dans la tourmente aussi

A quelques jours de la fin de l’été, les hôteliers de la ville de Tanger ont tiré un trait sur la saison 2020. Dès le début de la pandémie, en mars dernier, l’affluence touristique a été réduite au minimum. Les opérateurs du secteur continuaient, cependant, à espérer pouvoir se rattraper avec la saison estivale, celle qui concentre la plus grande partie des arrivées et nuitées. Mais c’était peine perdue.

tanger-hotel-029.jpg

Les plages de Tanger sont restées désespérément désertes cet été à cause de la classification de la ville en zone 2, au grand désespoir des opérateurs touristiques (Ph. Adam)

L’évolution de la pandémie et le maintien de Tanger en zone 2 ont douché les espoirs des opérateurs. «Personne n’est venu», constate amèrement Ali Kadiri, président de l’Association régionale des Hôteliers, ARIH. D’abord, à défaut de moyens de transport, tributaires de l’octroi d’une autorisation exceptionnelle de déplacement, et ensuite en raison de la fermeture de l’accès aux plages, l’une des principales attractions de la ville et de son arrière-pays.

Pour les établissements hôteliers, cela s’est traduit par un malheureux record en matière de fréquentation touristique, avec des scores historiquement bas. Pour le mois d’août, la moyenne du taux d’occupation des hôtels en activité s’est établie à environ 15% pour les 5 étoiles et 14% pour les 4 étoiles. Rapporté au total de la capacité hôtelière, le taux descend en dessous des 4%, selon Kadiri.

En effet, près d’un hôtel sur 2 est fermé en attente de jours meilleurs, assure Kadiri. Pour beaucoup d’unités, il ne servait à rien de travailler cet été et de tourner à vide en accumulant les pertes.
Quelques unités, surtout celles en périphérie (en dehors du périmètre urbain), ont atteint les 32% de taux d’occupation (un chiffre bas en période normale) car elles ont réussi à attirer les touristes nationaux d’autres villes et une part des tangérois. Mais l’exploit était limité au dernier long week-end d’août.

Non loin de là, sur la côte tétouanaise, la tendance était plutôt à l’inverse avec des chiffres bravant toute concurrence (cf. l’édition de L’Economiste du 25 août dernier). Une tendance qui a nettement profité du report de la rentrée scolaire avec un rallongement de la saison jusqu’à la mi-septembre pour certains établissements.

tanger-plage-029.jpg

A Tanger, la visibilité est nulle, et même dans l’hypothèse de la levée des restrictions de voyage et de l’ouverture des plages, le mal est fait selon un opérateur. «D’un côté, la saison est déjà passée, et de l’autre, l’image de la ville de Tanger a été nettement écornée, qualifiée de foyer d’infection sur les réseaux sociaux et par les médias», ajoute cet autre opérateur pour qui il faudra du temps pour que la confiance soit rétablie.

Les hôteliers ne sont pas les seuls à être en crise. Les agences de voyages, restaurateurs et cafetiers sont également en proie à une baisse sans précédent de leur chiffre d’affaires. Beaucoup de restaurants avaient eux aussi misé sur la saison estivale et les touristes pour rattraper cet exercice après le confinement printanier, mais le bouclage de la ville en a décidé autrement.

Certains cafés, pourtant ayant pignon sur rue avaient décidé de ne pas ouvrir, alors que nombre de restaurants ont dû se contenter de la clientèle locale, avec les restrictions imposées par les mesures de distanciation et les horaires de fermeture.

Contrat-programme: Dans l’attente des décrets d’application

Pour bon nombre d’opérateurs, à l’attente des clients s’ajoute celle des décrets d’application pour la mise en place des dispositions du contrat-programme pour la relance touristique. «Nous sommes aussi en attente de la signature de la convention avec la CNSS pour les aides aux salariés». L’Etat a prévu une indemnité forfaitaire de 2.000 DH aux salariés du secteur dont les mécanismes d’octroi ne sont pas encore connus faute de décrets d’application. «Nous recevons des appels chaque jour de la part de nos membres pour connaître ces modalités qui tardent à voir le jour», commente Ali Kadiri.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc