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International

Mali, vers une sortie de crise

Par L'Economiste | Edition N°:5828 Le 25/08/2020 | Partager
Les militaires comptent rester trois ans au pouvoir
Le président IBK, bientôt libéré

Au Mali, la mission de la Cédéao en discussion avec les militaires du coup d’État a trouvé une voie de sortie honorable pour chacune des parties prenantes, à l’issue du deuxième jour de négociations (dimanche 23 août). «La junte a affirmé qu’elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’État malien », a indiqué à l’AFP une source au sein de la délégation ouest-africaine à Bamako.

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Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’Etat. Les pays voisins du Mali, réunis en sommet extraordinaire, avaient réclamé jeudi le «rétablissement» du président Keïta et décidé d’envoyer cette délégation à Bamako, la quatrième, depuis le début de la crise qui ébranle le Mali depuis les législatives contestées du printemps.

Si la deuxième journée de négociations a permis des avancées, Il n’y a toutefois pas encore d’accord global, censé intervenir aujourd’hui, 24 août. «Nous avons pu nous entendre sur certains points mais pas sur l’ensemble des points de discussion», a déclaré à sa sortie de plusieurs heures de réunion le chef de la délégation ouest-africaine, l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan, mandaté par la Cédéao pour tâcher de rétablir «l’ordre constitutionnel» au Mali.

Le président «IBK» avait été contraint d’annoncer sa démission dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été arrêté par des militaires.  «Aussi bien la CEDEAO que les militaires veulent que le pays aille de l’avant». Par ailleurs  la junte a donné son accord pour libérer le président Keïta, qu’elle détient et «qui pourra repartir à son domicile » de Bamako.

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Au lendemain du putsch militaire, le numéro deux du «Comité national pour le salut du peuple» (CNSP) mis en place par les militaires, Malick Diaw et ses camarades ont été accueillis avec ferveur par une partie de la population de Bamako (Ph. AFP)

«Et s’il souhaite voyager pour des soins, il n’y a pas de problème», a précisé une source de la commission. Quant au Premier ministre Boubou Cissé, arrêté en même temps que le président Keïta et détenu dans le camp militaire de Kati, «nous avons obtenu de la junte qu’elle accepte qu’il soit dans une résidence sécurisée à Bamako», a ajouté ce participant aux négociations.

Auparavant, les envoyés de la Cédéao avaient été reçus par les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) mis en place par la junte, dont le nouvel homme fort du pays, le colonel Assimi Goïta. Elu en 2013 et réélu en 2018, le président Keïta était fortement contesté dans la rue, à l’appel d’un mouvement d’opposition hétéroclite qui réclamait sa démission. Les putschistes ont également justifié leur intervention notamment par l’insécurité régnant dans le pays et par le manque de moyens de l’armée.

                                                                  

A l’origine de la crise

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a pratiquement toujours été déchiré par des conflits communautaires, plus ou moins violents. Ce vaste pays regroupe  sur son territoire différents groupes ethniques, vivant bien au-delà de ses frontières, fragilisant toutes les tentatives d’unité. A partir de 2012, la situation se dégrade nettement. Le nord du pays se retrouve alors contrôlé par une rébellion touareg qui est vite évincée par des alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique. Les extremistes prennent le contrôle de trois régions du nord, Kidal, Gao et Tombouctou et imposent la charia. Cette attaque déstabilise le pays qui s’enfonce en parallèle dans une crise politique. Des militaires renversent le président Amadou Toumani Touré, accusé d’«incompétence» face aux rebelles. Un président de transition, Dioncounda Traoré, est nommé qui  fait appel à la France pour enrayer la progression des djihadistes. L’opération «Serval» est lancée. De nouvelles élections présidentielles sont organisées qui se déroulent sans incidents. Ibrahim Boubacar Keïta est élu en 2013 avec 77,61 % des voix. En mai-juin 2015, un accord de paix est signé par le camp gouvernemental et les rebelles séparatistes du Nord. L’autorité de l’Etat reste cependant ébranlée par les violences de ces groupes djihadistes, par les tensions intercommunautaires, fomentées ou attisées par ces mêmes djihadistes, et par des trafics de toutes sortes. Les activités mafieuses, en partie contrôlées par Aqmi, en plus de mettre en péril les populations locales du Nord Mali, freinent, depuis, les activités légales: commerce, développement du tourisme et organisation de divers festivals du désert…

A.Bo avec AFP

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