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Economie

Stress hydrique: Le recours aux mesures d’urgence s’impose

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5805 Le 16/07/2020 | Partager
Forage des puits et camions citernes dans le monde rural
50 barrages pour une capacité de stockage de 32 milliards de mètres cubes d’eau

Les projets d’investissements relatifs aux ressources hydriques ne seront pas impactés par la pandémie. Habituellement, le gouvernement réalise 2 à 3 barrages par an. Cette année, il en a construit 5. Devant les parlementaires de la Chambre des conseillers qui s’inquiétaient du déficit en eau, particulièrement dans le monde rural, Abdelkader Amara s’est penché sur la stratégie de son département en matière de ressources hydriques.

«Je veux rassurer les citoyens. Il n’y aura pas un Marocain qui mourra de soif. Naturellement, nous allons prendre des mesures d’urgence comme nous avons l’habitude de le faire», a souligné le ministre en charge du secteur. Des mesures sont prises dans le cadre national d’approvisionnement en eau. Avec l’avènement de la Covid-19, plusieurs zones vont enregistrer des baisses en eau potable, essentiellement la région d’Agadir et de Tanger.

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Les projets d’investissements relatifs aux ressources hydriques ne seront pas impactés par la pandémie, assure le ministre Abdelkader Amara, en charge du secteur. Des mesures seront prises dans le cadre national d’approvisionnement en eau (Ph. L’Economiste)

Au cours d’une réunion, le gouvernement a décidé de lui consacrer 1,1 milliard de DH. Plusieurs opérations sont au menu comme l’équipement et le forage des puits pour exploiter les eaux souterraines et les amener vers d’autres points dans le monde rural. Il s’agit aussi d’approvisionner la population rurale dans certaines zones en eau à travers des camions citernes.

■ Près de 1.000 barrages collinaires à construire:
Le ministre de l’Equipement et de l’eau a annoncé la réunion au cours des prochains jours de la commission des barrages collinaires pour le développement local, celle de la réutilisation des eaux usées traitées et celle visant le renforcement de l’approvisionnement en eau potable. Il s’agit de construire dans les prochaines années près de 1.000 barrages collinaires qui vont résoudre les problèmes liés aux changements climatiques. En effet, les tonnerres l’été commencent à apparaître et peuvent avoir un effet positif sur le stockage de l’eau, note Abdelkader Amara.

Le transport de l’eau

Les mesures d’urgence au niveau de l’enveloppe de 1, 1 milliard de DH comportent d’autres opérations. Pour Agadir, le ministère va transporter l’eau du barrage Orouz et Mokhtrar Soussi pour l’amener à la station de traitement de Sidi Bous’hab. Il compte terminer avec la région d’Agadir à la fin du mois de mars 2021, le temps que la station de dessalement de l’eau de mer se concrétise. Pour ce qui est de Tanger, le système est lié au barrage de Dar Kharroufa et à celui Aljadid où l’eau est disponible. Le problème de Targuist avec le barrage de Jemaâ sera réglé avec une liaison à l’écosystème d’Al Hoceima qui dispose d’une station de dessalement de l’eau de mer. «Pour le grand Casablanca, nous avons travaillé sur un canal qui relie le nord au sud de la capitale économique», est-il expliqué. Le but est de relier l’écosystème de Casablanca avec celui du barrage de Sidi Mohammed Ben Abdallah pour que les 120 millions de mètres cubes qui viennent d’Oum Rabaê soient à l’avenir dirigés vers l’agriculture et la ville de Marrakech.

■ L’irrigation des golfs par l’eau potable interdite:
Il n’y a pas un seul pays au monde qui aborde le développement de l’offre sans se pencher sur la gestion de la demande. C’est ainsi que dans le cadre du programme 2020-27, le gouvernement a pris la décision d’interdire l’irrigation des terrains de golf par l’eau potable. La seule possibilité qui reste est le recours à la réutilisation des eaux usées traitées. Le gouvernement travaille sur un grand projet, a noté le ministre sans donner davantage de détails.

■ 27 milliards de DH pour l’approvisionnement du monde rural:
Le coût du programme 2020-27 s’élève à 115 milliards de DH dont plus de la moitié (61 milliards de DH) est consacrée à l’offre. Il s’agit de renforcer la mobilisation de l’eau de surface via la construction des barrages et le dessalement de l’eau de mer. Le gouvernement a réservé 27 milliards de DH pour l’approvisionnement du monde rural. «Tous les centres et douars seront connectés à des systèmes structurels de distribution de l’eau. Finies donc les liaisons avec des systèmes locaux qui sont influencés dès qu’une situation de rareté d’eau se présente», a-t-il indiqué.

■ Quid de la hiérarchie dans l’utilisation des ressources en eau?
L’approche du ministère dans la gestion de l’eau se concentre sur les périmètres. Dans les prochains jours, les conseils de bassins hydrauliques seront mis en place. Ils comprennent tous les intervenants de l’administration, des établissements, de la société civile et des élus. L’objectif est que la question de l’eau soit discutée au sein de ces conseils. Car la répartition de la ressource entre sa mobilisation et son utilisateur doit être équilibrée.
Tout déséquilibre peut avoir un effet sur la disponibilité de l’eau. La hiérarchie dans l’utilisation de ces ressources donne la priorité à l’eau potable, ensuite l’agriculture et enfin les autres secteurs comme notamment l’énergie, l’industrie et le tourisme.

                                                               

Un plan de 383 milliards de DH pour les 30 prochaines années

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Le ministère travaille également sur le plan national de l’eau qui s’étend à l’horizon 2050. Ce plan comprend trois axes dont l’un porte sur le renforcement de l’offre en eau. Les deux autres axes sont relatifs à la gestion maîtrisée de la demande et à la protection des ressources en eau et l’écosystème écologique. Il nécessitera la mobilisation de 383 milliards de DH pour les 30 prochaines années. Le département sera contraint de développer l’offre en eau avec 4,5 milliards de mètres cubes et économiser au moins 2,5 milliards de mètres cubes, principalement dans le secteur agricole. Au menu également, la baisse de 10 à 20% de la moyenne du niveau d’envasement des barrages, en plus de la réduction du recours à l’utilisation des eaux souterraines. Aujourd’hui, 1,2 milliard de mètres cubes sont exploités. Ce qui impactera le stock des nappes phréatiques. Pour le ministre, la réalisation de plan exige l’engagement ferme de toutes les parties concernées. Il prévoit la construction de 50 grands barrages. Le but est d’arriver à une capacité de stockage de 32 milliards de mètres cubes d’eau, contre 18,7 milliards de mètres cubes actuellement. «Plus cette capacité augmente, plus nous aurons des marges pour traiter les problèmes liés à la sécheresse, qui peut s’étaler sur 3 ans et parfois plus», a noté le ministre.

M.C.

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