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Economie

Import céréales: Le stock sécurisé avant terme

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5764 Le 19/05/2020 | Partager
Bond de 38% des achats à fin avril
Plusieurs navires céréaliers attendus sur les prochains mois
L’évacuation des marchandises au ralenti au port de Casablanca
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Le trafic céréalier enregistre toujours un rythme exceptionnel. Situation de sécheresse oblige, conjuguée à l’exonération des droits de douane, les flux de denrée alimentaire restent orientés à la hausse (Ph. DR)

Régime turbo pour l’import des céréales. A fin avril dernier, le volume s’est chiffré à 3,5 millions de tonnes en forte hausse de 38% par rapport à la même période de 2019. «C’est l’effet de la nouvelle formule consacrant la liberté aux importateurs de saisir les opportunités du marché moyennant leur engagement de collecter la totalité de l’offre du blé tendre local», se félicitent les opérateurs. Ces derniers doivent par ailleurs assurer un stock de sécurité renouvelable couvrant, au moins 4,5 mois de besoins de consommation. Et c’est à la portée.

Conjuguée au gel des droits de douane, les cours à l’international restent compétitifs, malgré la décision du premier exportateur mondial, la Russie, de suspendre ses exportations de céréales jusqu’à fin juillet prochain. A titre d’exemple, la tonne du blé tendre ciblé par les importateurs marocains est négociée actuellement à moins de 200 euros. «Avec la bonne récolte 2020-2021 annoncée, les prix devraient se stabiliser à un niveau encore plus bas», s’accordent des analystes.

Sauf que cette dynamique prometteuse bute sur quelques dysfonctionnements, en particulier en ce qui concerne le rythme d’évacuation des marchandises, notamment au niveau du port de Casablanca. Un constat relevé par l’Agence nationale des ports (ANP) malgré les mesures mises en place pour assurer la fluidité requise.

Selon l’Agence, «le processus de transit portuaire des céréales aurait pu être plus performant avec une mobilisation et une réactivité positives de l’ensemble des acteurs de la filière via une optimisation des infrastructures d’accostage».

L’efficacité de la chaîne de transit dépend en effet de la concordance des opérations de déchargement des navires, de la durée de stockage dans les silos et du rythme d’évacuation des cargaisons en dehors de l’enceinte portuaire. Or, la logistique, en particulier les moyens de transport, a des ratés.

Résultat, des délais jugés longs d’ensilage des cargaisons et du séjour des navires aux postes de déchargement. Plus grave encore, les files d’attente des navires en rade. Ce qui est source d’application par les armateurs de surestaries payables en devise. D’où le risque d’annihiler les gains résultant de la situation du marché et du gel des droits d’importation.

Selon des sources professionnelles, la situation «s’expliquerait par l’entrée en jeu de certains opérateurs ne disposant pas de moyens de stockage en dehors du port, en particulier celui de Casablanca». La pratique consiste à évacuer les marchandises une fois vendues ou avoir fait l’objet d’une option d’achat. Comment va évoluer la situation au port de Casablanca? C’est la grande inconnue.  Surtout, en prévision du grand nombre d’arrivées attendues des navires céréaliers.

Pour le moment, le trafic céréalier enregistre toujours un rythme exceptionnel. Situation de sécheresse oblige, conjuguée à l’exonération des droits de douane, les flux de denrée alimentaire restent orientés à la hausse. Et il faut s’en réjouir, compte tenu de la crise de la pandémie du Covid-19 dont les conséquences sur la sécurité alimentaire relèvent toujours de l’inconnu. A tel point que le risque de rationnement du commerce mondial des céréales n’est pas à écarter. 

Dans ces circonstances difficiles, le trafic portuaire des céréales a connu un niveau sans précédent à la fois en termes de volumes traités et en nombre de navires céréaliers reçus par les ports gérés par l’ANP. A ce titre, les services de l’Agence ont doublé de vigilance pour faire face à une situation de pointe. La mobilisation a été totale pour assurer un encadrement de proximité des opérations d’accueil et de traitement des navires de céréales.

L’encadrement mis en œuvre par l’Agence nationale des ports, pour assurer la continuité de l’approvisionnement du pays en céréales, s’est matérialisé, entre autres, par l’adaptation des leviers de régulation en vigueur notamment la décision n°30 relative au traitement des navires céréaliers sur les quais banalisés à compter du 21 mars 2020. Ladite décision a permis de répondre aux spécificités du moment.

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 L’activité d’importation des céréales est marquée par une forte concentration aux ports de Casablanca et Jorf Lasfar qui ont traité respectivement 54% et 22% du trafic global des céréales. Avec le port d’Agadir, la proportion globale atteint 88%

L’une des décisions prises par l’ANP pour améliorer les conditions de transit portuaire des céréales s’est traduite par le renforcement de l’offre portuaire par l’ouverture, en plus des terminaux spécialisés, de quais banalisés au trafic des céréales. Ceci a permis de porter le nombre de quais pour le traitement des navires céréaliers à 5, voire jusqu’à 7 postes au port de Casablanca au lieu des deux silos dédiés à ce trafic.

Dans les autres ports, deux postes ont également été ouverts au lieu d’un seul silo. Ce nombre n’est pas figé et reste adaptable à chaque fois que c’est nécessaire en fonction des conditions d’exploitation de chaque port et de la situation des navires, toutes catégories confondues, en attente au niveau de la rade.

Les différentes mesures prises, en plus des concertations au quotidien entre les services de l’ANP et les intervenants dans la filière céréalière, ont permis d’atteindre des résultats honorables puisque les flux massifs et concentrés des navires ont pu être absorbés sur les premiers mois de l’année 2020. Les ports spécialisés dans le traitement de ce trafic (Nador, Casablanca, Jorf Lasfar, Safi et Agadir) ont ainsi assuré le transit de 3,5 millions de tonnes marquant ainsi un fort rebond de 38% en comparaison avec la même période de l’année écoulée.

Les services portuaires ont également connu un saut qualitatif, puisque les cadences de manutention au port de Casablanca, à titre d’exemple, ont marqué un fort rebond de 23%, avec un rendement moyen de 10.000 tonnes/navire/jour, contre environ 8.100 tonnes lors de la même période de l’année écoulée. Au niveau des terminaux spécialisés, ces cadences peuvent atteindre 13.000 tonnes/navire/jour.

A.G.

 

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