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Economie

Modèle de développement économique - Digital: L’approche «Citizen-centric» de l’Istiqlal

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5761 Le 14/05/2020 | Partager
Formation des jeunes et démocratisation de l’outil numérique
@commerce, @gov, télémédecine… les 12 propositions de l’AEI

L’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI) ne perd pas son temps. Chaque semaine, ses membres partagent leurs propositions par rapport aux différents secteurs économiques et leurs évolutions post-Covid. L’AEI vient de révéler son approche «Citizen-centric» sur l’accélération de la transformation digitale de l’économie et de l’administration. Une approche qui s’inscrit dans le cadre de la préparation du nouveau modèle de développement. Décryptage. 

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L’AEI a dévoilé, hier, son approche «Citizen-centric» sur l’accélération de la transformation digitale de l’économie et de l’administration. Une approche qui vise à relever plusieurs défis et faire de notre pays une nation 4.0 à même de protéger son économie et les emplois d’aujourd’hui et de demain, explique-t-on (Ph. YSA)

■ Préparer sa jeunesse aux nouveaux métiers 4.0
D’emblée, l’AEI note avec un grand intérêt le mouvement inédit de transformation digitale que connaît le Maroc depuis quelques semaines, à la faveur d’une crise brutale et sans précédent. «Notre pays s’est certes inscrit dans cette dynamique et a investi massivement dans les infrastructures télécom, dans les réseaux, et dans la digitalisation de certaines de ses procédures gouvernementales. Cependant, de nombreux défis restent à relever pour que le Maroc puisse rejoindre le cercle des «nations digitales», et préparer sa jeunesse aux nouveaux métiers 4.0», estime l’Alliance. Concrètement, celle-ci propose une série de 12 mesures-phares, au profit de quatre domaines stratégiques, à même de permettre au Maroc de poursuivre de manière volontariste sa transformation digitale, pour préparer et protéger l’avenir de l’économie et des emplois. Aussi, l’Alliance mise-t-elle sur la formation des RH afin de booster «une transformation digitale porteuse d’emplois et de croissance. Pour y parvenir, 3 préalables pour le gouvernement: «former les ressources humaines et préparer les utilisateurs», «adapter le cadre législatif et institutionnel», et «renforcer les infrastructures digitales et télécom». Pour ce 3e volet, l’AEI propose l’accélération du déploiement du plan national du haut débit, en dotant tous les quartiers d’un minimum de 12 Mégas de débit sur le réseau fixe et en assurant un débit mobile de 4 Mégas en zone blanche, la consolidation des capacités et le développement du maillage des territoires (urbains et ruraux) en infrastructures télécoms, en installant la 5G là où la fibre optique s’arrête, le développement d’un cloud souverain sécurisé et la construction de centres de données nationales (Big data marocain), outre l’encouragement des partenariats public-privé pour développer le secteur du digital et des TIC.

■ Généraliser et pérenniser le @gov
De l’avis des économistes istiqlaliens, la période que nous traversons prouve que la dématérialisation des procédures administratives était largement possible. Il est nécessaire de la généraliser et de la pérenniser. Elle permet d’optimiser le parcours du citoyen et de faire émerger la notion de «satisfaction», mais aussi de renforcer sa confiance envers les institutions. Idem du côté des entreprises, dont les démarches administratives significativement fluidifiées, permettront de renforcer la compétitivité internationale. Cette dématérialisation doit être consolidée et accélérée pour contribuer à la relance attendue de notre croissance économique. Dans cette perspective l’AEI invite le gouvernement à créer l’identité digitale du citoyen. Et ce, en incluant une composante d’identité biométrique multimodale du citoyen (e-mail, numéro de GSM, empreintes digitales, face, iris…) sous la supervision du CNDP et une Commission Nationale d’Ethique à créer à cet effet. Le Registre Social Unifié (RSU) doit être le premier output de cette digitalisation. En outre, il faut digitaliser les services publics aux niveaux de l’Etat et des collectivités territoriales, ainsi que les flux de données, et mettre en place des guichets uniques e-Gov, agissant comme interface entre le citoyen et les e-services de l’Etat. Notre société n’étant pas homogène et peu technophile. Ces guichets sont à concevoir comme des maisons de service public digital avec assistance donnée aux citoyens qui en ont besoin.

■ Equiper les concitoyens d’outils numériques
Avec plus de 12 millions d’apprenants dans les différents cycles de notre système éducatif, l’équipement de tous, chez eux et en classe, de PC portables et de connexion internet est à la fois une nécessité impérieuse et une opportunité pour le déploiement de tout nouveau modèle de développement inclusif. Pour ce faire, l’AEI propose d’accélérer la réforme pédagogique des systèmes scolaire et universitaire en s’appuyant sur le numérique. Ceci, à travers notamment l’intégration de l’enseignement du numérique (cours d’informatique et de codage) dans les programmes d’éducation, dès le primaire, pour accélérer la transformation et la formation et l’accompagnement des enseignants dans leur prise en main de l’outil numérique. Par ailleurs, l’AEI invite les universités à s’investir dans le digital et le e-Learning. Dans ce cadre, l’Alliance incite les universités  à mettre un minimum de 10% de leurs budgets dans la plateforme «Maroc Université Numérique»; à effectuer 30% de leurs formations certifiantes en ligne et à fournir gratuitement les certifications aux e-formations. Le lancement de la formation dans la robotique doit également être intégré rapidement dans les filières du supérieur et de la formation professionnelle. Développer un écosystème digital centré sur le citoyen, figure aussi parmi les propositions. Lesquelles se basent sur  l’amélioration des compétences (up-skilling) des citoyens à travers le e-learning, l’appui aux start-ups et entreprises marocaines pour la fabrication massive de PC «Made in Morocco» destinés au marché national et à l’export, et l’élaboration d’un cadre légal permettant organismes publics et privés de mettre leurs PC usagés à la disposition de recycleries, entre autres.

■ @commerce et télémédecine pour un développement inclusif
La crise covid-19 a permis de prendre conscience de l’importance du e-commerce, comme vecteur de croissance des transactions commerciales domestiques et à l’export. L’Etat se doit d’accompagner son développement et de favoriser la digitalisation des TPME. Dans ce cadre, l’AEI suggère de vulgariser le commerce électronique auprès des chefs d’entreprises, des porteurs de projets et des consommateurs, fiabiliser la transaction commerciale électronique, et encourager la télémédecine pour améliorer l’accessibilité des soins de base, contribuer à la digitalisation du secteur et réduire les déserts médicaux. A ce propos,  l’utilisation de la e-santé peut aider le Maroc à consolider son dispositif de prévention, à mieux exploiter les infrastructures médicales existantes, à assurer un service médical de proximité et à réduire les coûts des soins, estime l’AEI. Pour réussir ce pari, il faut assurer un meilleur suivi de la santé des citoyens depuis leur naissance en adoptant systématiquement le carnet de santé numérique unifié et généraliser son application, et implémenter le dossier médical partagé. Revoir le cadre législatif du décret de télémédecine pour élargir ses champs d’application en retirant l’obligation de présence physique d’un paramédical avec le patient, opérationnaliser le remboursement des actes de téléconsultations par les assureurs publics et privés (CNOPS,CNSS, CMIM…), et encourager l’initiative privée de création de plateformes de téléconsultation médicale et inciter les établissements publics à conclure des PPP, ne sont pas en reste. Enfin, des plateaux chirurgicaux (CHU) ultra robotisés et connectés, assistés par l’intelligence artificielle et des spécialistes établis loin du CHU, seraient d’un grand apport.

Fin de la corruption et des lourdeurs bureaucratiques?

De l’avis de l’AEI, la crise actuelle a montré toute l’importance du digital dans la continuité et l’amélioration de la qualité des services publics et privés. Elle a aussi  mis en lumière la capacité du Maroc (ménages, entreprises et administrations) à intégrer cette digitalisation. C’est une variable stratégique pour notre pays à court et moyen terme, qui doit impacter la conception de notre modèle de développement. L’enjeu est d’autant plus important, que grâce à la transformation digitale, le Maroc peut réussir d’importantes améliorations dans une série de facteurs de compétitivité qui conditionnent notre classement mondial en la matière; il s’agit particulièrement de la corruption, des lourdeurs bureaucratiques, de l’inadaptation de la formation à l’emploi et de la faible capacité d’innovation.

Youness SAAD ALAMI

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