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L’ALCS veut aider au dépistage à grande échelle du Covid-19

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5756 Le 07/05/2020 | Partager
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Pr Mehdi Karkouri, président de l’ALCS: «Nous avons acquis une expertise certaine en matière de dépistage communautaire et nous sommes prêts à partager toutes les bonnes pratiques que nous maîtrisons» (Ph. ALCS)

Créée par le Professeur Hakima Himmich, il y a plus de 30 ans, l’Association de lutte contre le sida (ALCS) a pour mission de prévenir le VIH/sida, les IST et les hépatites virales. Elle contribue, concernant le VIH, à hauteur de 80 % des objectifs nationaux en matière de couverture des populations clés en termes de prestations de services (prévention, dépistage, soutien psychologique…).

L’ALCS parvient à dépister, chaque année, près de 50% des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) alors qu’elle n’effectue que 10% de la totalité des tests VIH réalisés au Maroc. Aujourd’hui, l’idée est de partager cette expertise pour un dépistage à grande échelle du Covid-19, comme l’explique Pr Mehdi Karkouri, président de l’ALCS.

- L’Economiste: En quoi l’ALCS est-elle concernée par l’épidémie du covid-19?
- Pr Mehdi Karkouri:
Nous sommes persuadés que la vulnérabilité à l’infection au VIH est extrêmement augmentée par l’addition de la vulnérabilité au SARS-Cov-2 et que l’addition de vulnérabilités ne fait qu’augmenter le risque et réduire l’impact d’années d’efforts dans le cadre de la riposte au VIH et aux hépatites. Nous croyons donc fermement, qu’en plus de notre mission principale de prévenir les IST, les hépatites et le VIH/sida, nous devons déployer activement notre réseau auprès des populations que nous couvrons pour réduire les risques liés au SARS-Cov-2. Et c’est ce que nous faisons au quotidien.

- Le dépistage à grande échelle du covid-19 en s’appuyant sur l’expertise de l’ALCS en matière de dépistage VIH est-il envisageable?
- Depuis 2014, l’offre de dépistage démédicalisé du VIH a marqué un tournant dans les services offerts par l’ALCS et a révélé une forte implication des pairs éducateurs auprès de leurs communautés. Utilisant des tests rapides, ce service a permis d’atteindre des personnes jamais testées auparavant et de compléter la forme médicalisée d’offre de dépistage.
Concernant l’éventuel déploiement d’une stratégie massive de dépistage du covid-19, nous sommes persuadés de l’intérêt d’impliquer les agents communautaires. Nous avons acquis une expertise certaine en matière de dépistage communautaire et nous sommes prêts à partager toutes les bonnes pratiques que nous maîtrisons.
Il ne s’agit pas uniquement de tester mais il est indispensable de traiter, d’accompagner, de soutenir, d’informer tout en évitant toute discrimination et stigmatisation et en adoptant une approche santé respectueuse des droits humains dans leur universalité́.

- Quid du dépistage? Le confinement impacte-t-il négativement la réalisation des tests?
- Effectivement, le nombre de demandeurs de tests VIH a beaucoup baissé, dû aux restrictions de mobilité mais également au fait que le public est moins attentif à la prévention du VIH en ce moment, ce qui pourrait être préjudiciable à la lutte contre le sida une fois le confinement terminé.  L’ALCS dispose de locaux dans 19 villes du Maroc et le dépistage du VIH n’a jamais cessé d’y être pratiqué. Nous avons cependant dû nous adapter à la crise sanitaire dans le sens où les personnes désireuses d’effectuer un test doivent prendre rendez-vous avant de se déplacer, ce qui n’était pas nécessaire auparavant.
Dans nos centres, le dépistage du VIH est effectué par un médecin ou par un intervenant associatif formé; il peut l’être également en utilisant des autotests VIH, avec les personnes faisant elles-mêmes leur test, sous la supervision d’un médecin. Pour les personnes n’ayant aucune possibilité de se déplacer, il est arrivé à nos pairs éducateurs d’assurer la livraison des autotests à domicile. Les mesures sanitaires n’autorisant plus les regroupements, nous ne pratiquons plus le dépistage communautaire hors des murs. De même, le dépistage avec les camions mobiles ne peut plus être réalisé.

- Les séropositifs courent-ils un risque plus important de contracter le coronavirus?
- Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ayant une charge virale indétectable et aucune maladie concomitante, le coronavirus n’est pas plus dangereux pour eux que pour les séronégatives. À ce jour, aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer que les PVVIH sont plus exposées au risque d’acquisition du Covid-19 ni qu’elles développeront une forme plus grave de l’infection. Il est recommandé aux PVVIH de suivre les mêmes précautions que la population générale.
Par contre, les personnes qui vivent avec le VIH ou une hépatite et qui souffrent de comorbidité (ndlr: maladies cardiovasculaires, diabète, insuffisance respiratoire chronique…) ou d’immunodéficience, ces sujets-ci sont davantage exposés et fragilisés en cas d’infection au Sars-Cov-2. Elles devront donc être encore plus prudentes que les autres et respecter scrupuleusement toutes les mesures barrières pour se protéger: confinement, port de masque, lavage des mains, distanciation physique...
Dans tous les cas, les PVVIH doivent absolument poursuivre leur traitement, sous peine de développer des résistances ou un affaiblissement de leur système immunitaire, qui les exposeraient potentiellement à des formes graves du Covid-19.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

                                                                        

Comment se procurer le traitement du VIH en cette période de confinement

Le traitement antirétroviral (ARV) est dispensé gratuitement par le ministère de la Santé. En temps normal, les PVVIH se rendent à l’hôpital où elles sont suivies pour effectuer les analyses de rigueur et récupérer leur traitement, tous les 3 mois.

Au regard des dispositions prises par les autorités sanitaires appelant au confinement, des mesures d’urgence ont été mises en place. C’est ainsi que nous avons instauré, en partenariat avec le ministère de la Santé, une procédure exceptionnelle pour la dispensation des ARV.

Ainsi, pour les PVVIH déjà sous traitement et sans problème de santé particulier, ce sont, désormais, les médiateurs thérapeutiques et sociaux de l’ALCS qui contactent les PVVIH et leur remettent à domicile, ou par voie de messagerie, leur traitement.

Les PVVIH ont également la possibilité de contacter directement l’ALCS à travers les médiateurs thérapeutiques, le numéro vert de l’ALCS, la page Facebook ou encore par courrier électronique ([email protected]). Ainsi, ces personnes, qui sont en bonne santé, n’ont plus besoin de se rendre à l’hôpital uniquement pour récupérer leur traitement, désengorgeant les services de soins pour les malades urgents ou dont l’état de santé est grave.

Toutes ces mesures visent donc à assurer la dispensation des ARV, à réduire le risque d’abandon du traitement ARV, à réduire les déplacements des PVVIH au système de soin et minimiser ainsi le risque de contamination par le SARS-Cov-2. Cette procédure a ensuite été étendue aux centres pénitentiaires.

Dans les centres pénitentiaires, le médecin référent informe les médiateurs de l’ALCS des besoins en médicaments; cette coordination permet un acheminement des traitements dans des conditions optimales.

 

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