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Economie

Crédit Covid: La garantie CCG nécessaire, mais pas suffisante

Par Franck FAGNON | Edition N°:5753 Le 04/05/2020 | Partager
Pour certains cas, il peut être exigé des cautions personnelles
La gestion des impayés trop lourde, d’où cette précaution
Le taux de rejet se limite à 1,4% pour la formule «Oxygène»

D’après le premier relevé de Damane Oxygène, 9.000 demandes d’un montant global de 3,7 milliards de DH ont été adressées aux banques. Très rapidement, le gouvernement a déployé ce mécanisme pour venir en aide aux entreprises de moins de 500 millions de DH de chiffre d’affaires dont les revenus se sont effondrés en raison de la pandémie.

Celles disposant de crédits court terme auprès des banques pourront mobiliser jusqu’à 20 millions de DH de trésorerie et un montant maximum 5 millions de DH pour celles n’ayant pas de lignes de fonctionnement, pour faire face aux charges courantes (salaires, règlement des fournisseurs, etc). L’écrasante majorité des demandes (97%) porte sur des montants de moins de 2 millions de DH.

Pour ces découverts exceptionnels garantis à 95% par l’Etat, les banques bénéficient de la délégation de la Caisse Centrale de Garantie (CCG). Ce niveau de couverture du risque est censé encourager les banques à fluidifier le soutien aux entreprises fragilisées.

Si l’on s’en tient au taux de rejet qui se limite à 1,4%, elles font plutôt le job. Garantie de la CCG ou pas, l’instruction des dossiers se fait avec la même rigueur et la même grille. Garantie de l’Etat ne signifie pas déroger à l’orthodoxie de l’analyse du risque. Ainsi, certains dirigeants de PME ont été surpris de devoir engager une caution personnelle pour bénéficier de ces prêts.

Au lancement du dispositif,  les banquiers avaient prévenu qu’ils ne sacrifieraient pas le risque pour renflouer les entreprises, surtout si elles affichaient une situation bilancielle déséquilibrée avant la crise. «La garantie de l’Etat ne dispense pas de l’analyse de la solvabilité de l’entreprise. Par ailleurs, l’engagement du client est très important», estime un banquier.  Certaines exigences ont du mal à passer auprès des entreprises. «Il est inacceptable que des banques exigent des cautions personnelles en plus de la garantie CCG», regrette la dirigeante d’une TPE qui a dû engager une caution solidaire pour un prêt de 300.000 DH. Dans certains cas, il est demandé l’aval et caution et le nantissement du fonds de commerce.

Contrairement à Damane Intelaka pour laquelle il a été expressément demandé aux banques de ne pas exiger des cautions personnelles, il n’y a rien de tel concernant Damane Oxygène. La Caisse Centrale de Garantie n’exige aucune sûreté en contrepartie de Damane Oxygène mais la banque dispose d’une liberté totale d’appréciation. Les clients mal notés ou par exemple, les entreprises qui ont entamé une procédure de sauvegarde juste avant la crise sont susceptibles d’être recalés. Le comité de crédit peut aussi exiger des sûretés à une entreprise saine, qui est juste fragilisée par la crise.

La crainte de certains banquiers est que les crédits Covid ne soient assimilés à des subventions et n’entraînent une hausse des impayés. «C’est quelque chose de dur à faire comprendre au client mais, les banques ont aussi leurs propres contraintes». Les crédits de trésorerie Oxygène sont tirables après épuisement des lignes existantes. Cependant, leur remboursement est prioritaire sur tous les autres crédits.

En cas d’impayé, la procédure est identique à celle des autres produits garantis par la CCG c’est-à-dire que la banque récupère 50% de la garantie sur le champ et le reliquat une fois qu’elle aura épuisé toutes les voies de recouvrement, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Entre temps, elle doit déclasser tous les prêts du client et les provisionner. «Ce sont des ressources qui pourraient être allouées à d’autres entreprises», indique un professionnel. La pandémie coronavirus a de nouveau mis en exergue la crise de confiance dans la relation banque/client ou plutôt mis en lumière la mauvaise compréhension du fonctionnement que chaque partie a de l’autre. Il y a probablement un problème de pédagogie.

Affectation de Damane Oxygène

  • Les frais du personnel ;
  • Les loyers relatifs aux locaux exploités par l’entreprise ;
  • Les factures d’eau, électricité, énergie, télécom… ;
  • Les dépenses d’entretien et réparation ;
  • Les dépenses d’obligations légales tels que les assurances, les droits de douane… ;
  • Les charges sociales et fiscales dont le paiement ne peut pas être différé ;
  • Les achats de matières et fournitures prioritaires et nécessaires pour le maintien de l’activité de l’entreprise (1) ….

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(1) : A noter que les achats de matières et fournitures à financer par le découvert exceptionnel doivent être commandés ou à commander (via bon de commande/marché) au titre de l’activité de l’exercice 2020 et non encore réglés au moment du dépôt de la demande auprès de la banque. Le montant finançable de ces achats ne doit pas dépasser 50% au maximum du montant du découvert exceptionnel.

F.Fa

 

 

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