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Economie

Comment Athisa sécurise la gestion des déchets Covid

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5743 Le 17/04/2020 | Partager
Protection des agents de collecte, un protocole supplémentaire au cœur du dispositif
Augmentation de la fréquence de collecte auprès des hôpitaux
Stérilisation à base d’autoclavage dans les unités de traitement avant transfert à la décharge
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 «C’est dans les unités de Bouskoura et de Tétouan que les déchets Covid tout comme les déchets à risque infectieux sont traités. Ils ne sont transférés à la décharge qu’une fois devenus inertes et similaires aux déchets ménagers», indique Dr Saloua Alami, directrice de département technico-commercial et chargé de qualité et environnement pour la société (Ph. SA)

 - L’Economiste: Comment se fait la récolte de ces déchets? Y a-t-il un protocole particulier?
- Saloua Alami:
Il faut savoir que la collecte des déchets médicaux et pharmaceutiques est régie par une règlementation en vigueur (décret 02-09-139 du 21 mai 2009). La loi prévoit 4 catégories de déchets et pour chacune des mesures d’élimination, sachant que pour chaque catégorie il existe une couleur spécifique du sachet pour l’identification. Athisa a été la première société spécialisée au Maroc et a développé une expertise pour assurer deux catégories I et II. Les déchets du Covid s’inscrivent dans la catégorie I. C’est-à-dire les déchets à risque infectieux. Bien avant la pandémie au Maroc, Athisa a élaboré son plan d’urgence et pris des mesures supplémentaires face au risque infectieux élevé de ces déchets provenant des zones /salles d’isolement Covid-19.

- Quelles sont ces mesures?
- Ces 3 mesures supplémentaires concernent la protection du personnel. Celui-ci a désormais une tenue spéciale isolante à l’instar de celle que porte le personnel médical au front. En plus des masques spéciaux, nos agents doivent porter une protection entière du visage. La 2e mesure concerne la manipulation de ces déchets. Quel que soit son trajet, l’agent de collecte doit pulvériser son passage avec une solution désinfectante et ce, en parallèle de la procédure normale de collecte pour désinfecter le lieu de collecte, et du dépôt final, préparation pour le transport et pour l’évacuation, préparation pour le traitement. Même protocole et tenue pour la phase du stockage, désinfection des locaux, des moyens de transport. J’en profite pour  rendre un hommage mérité et renouvelé à toute l’équipe qui assure ces opérations (agents de collecte, chauffeurs, aides chauffeurs, techniciens… La 3e mesure que nous avons adopté est l’augmentation de la fréquence de collecte de ces déchets, vu le développement de cette pandémie.

- Où vont ces déchets? Sont-ils incinérés, enfouis?
- Ni l’un ni l’autre. Notre société compte deux unités de traitement: une usine basée à la zone industrielle de Tétouan et qui est pour rappel la première unité créée en 2004 au Maroc pour traiter les déchets médicaux. Notre 2e unité a été créée en 2014 à Bouskoura.

- Alors que faites-vous de ces déchets?
- Nous avons adopté dans nos unités de traitement la stérilisation à base d’autoclavage valable uniquement pour les déchets de la catégorie I  (déchets à risque infectieux), mais aussi une technologie innovante «MIMO» qui permet de traiter à la fois les déchets de la catégorie I (déchets à risque infectieux) et les déchets de la catégorie II (cytotoxiques et oncologie, pharmaceutiques…). Enfin, je tiens aussi à préciser que cette technologie a été recommandée dernièrement dans un guide des méthodes de traitement des déchets médicaux  de l’OMS (publié en 2019). Après ce traitement avec l’une de deux technologies, on transfère ces déchets inertes, similaires aux déchets ménagers à la décharge publique.

- Combien de personnes travaillent pour la collecte et pour la gestion sachant que vous gérez plusieurs CHU?
- D’abord, nous dédions des équipes au sein des CHU ou CHP/CHR. Leur nombre est en fonction de la demande et cela dépend de chaque appel d’offre. Les équipes permanentes peuvent aller d’environ 3 à 30 personnes par établissement selon sa taille et le type d’hôpital. Nous avons ensuite une équipe de chauffeurs/aides chauffeurs, les équipes au niveau des deux unités de traitements et des agents de collecte pour le secteur privé et ceux qui s’occupent des deux unités qui sont à peu près 80 personnes.

- En dehors des CHU de Marrakech, Casa et Rabat, est-ce que vous vous occupez d’autres hôpitaux? Si oui lesquels?
- Outre les trois CHU, nous travaillons  pour l’Institut Pasteur, l’institut National d’hygiène et le Centre national de transfusion sanguine  CNTS et CNTR, la direction des médicaments et de la pharmacie. Pour les structures publiques, nous avons remporté plusieurs appels d’offre de centres hospitaliers régionaux, de centres hospitaliers provinciaux (Al Hoceima, Tanger, Tétouan, M’diq, Moulay Youssef,  Ain Chock, Settat, Taroudant, Tiznit… mais aussi les établissements de santé relevant des délégations du ministère de la santé (dispensaires) dans plusieurs villes. Ces structures bénéficient aussi de ce type de gestion grâce aux efforts du ministère de santé dans ce sens. Nous sommes aussi présents dans le secteur semi-publique comme les polycliniques de CNSS et enfin dans les centres de dialyses, polycliniques, cabinets, laboratoires des analyses médicaux, laboratoires d’industrie pharmaceutiques et autres générateurs des déchets de catégorie I ou II.

- Peut-on estimer le poids en tonne ou en kilo de déchets depuis le début de la pandémie?
- Pour l’instant, on ne peut pas encore donner des chiffres exacts mais on confirme que la génération des déchets à risque infectieux a fort augmenté d’abord parce qu’il y a un grand usage du matériel de protection jetable. Et puis, il n’y a plus de triage des déchets au niveau d’espaces-salles-zones spécialisés pour Covid-19 et tous les déchets sont considérés comme déchets infectieux.

- Les sociétés de gestion de déchets ménagers vous ont-elles sollicité pour former leurs agents, sachant qu’ils sont également exposés?
- La formation est un volet important dans notre activité et nous avons lancé  plusieurs plans pour le personnel interne mais aussi au profit des clients publics et privés pour affronter ces nouvelles conditions de travail. On travaille aussi sur des formations à distance pour nos clients et nous produisons régulièrement des notes informatives qui expliquent la gestion interne de ces déchets et comment le client peut et doit être impliqué. On ne nous a pas sollicités pour le reste, mais nous sommes à la disposition de tout le monde pour les conseils dans ce sens surtout que ces déchets portent le risque d’infection.

Carte de visite

Athisa Maroc est la 1re entreprise de traitement de déchets qui s’est installée au Maroc en 2004. La société a créé sa première unité de traitement de déchets à Tétouan en 2004, suivie 10 ans plus tard d’un plus grand centre à Bouskoura. L’entreprise a traité à peu près 4.000 tonnes de déchets hospitaliers en 2019. Elle est en contrat avec plusieurs cliniques privées, laboratoires, centres d’hémodialyse et a remporté les appels d’offres pour une quarantaine d’hôpitaux publics de Tétouan à Tiznit et dispensaires  en plus de 3 centres hospitaliers universitaires de Rabat, Casablanca et Marrakech. Son personnel est au front au quotidien pour le Covid-19.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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