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Economie

Pénurie mondiale de dispositifs médicaux

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5742 Le 16/04/2020 | Partager
La demande dépasse la capa­cité de production
Les importateurs peinent à approvisionner le système de santé
Ils demandent une procédure exceptionnelle pour 5 mois

Les dispositifs médicaux connaissent une grave pénurie au niveau mondial à cause de la pan­démie du coronavirus qui a entraîné la fermeture de nombreuses usines. Les rares fabricants encore en activité reçoivent des commandes de partout, dépassant leur capacité de production. D’où un allongement des délais de livraison.

Certains produits ne pourront d’ailleurs être livrés qu’à la fin de l’année. La situation devrait s’ag­graver à la reprise avec le risque de perturber l’approvisionnement du Maroc. En effet, la procédure d’enre­gistrement des produits importés est contraignante et fastidieuse. Il faut au préalable un certificat d’enregistre­ment auprès de la direction du médi­cament et de la pharmacie au minis­tère de la Santé pour chaque produit.

Pour cela, l’importateur doit présenter les documents relatifs à chacun des dispositifs médicaux. Mais ces docu­ments doivent émaner de leur fabri­cant et non des intermédiaires interna­tionaux. Or, actuellement, il se trouve que l’essentiel des dispositifs médi­caux a été raflé au niveau mondial par les intermédiaires au début de la crise due au coronavirus.

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Il est donc naturel que les documents relatifs à ces dispositifs médicaux avaient été établis au nom de ces fournisseurs. Si le Maroc maintient le même rythme de l’homologation, il risque de se pénaliser sur le marché mondial, pré­viennent des importateurs.

Or, ces opérateurs doivent faire preuve d’agilité en s’orientant vers d’autres fournisseurs pratiquant des prix compétitifs et capables de livrer dans des délais convenables. Le ministère de la Santé avait mis en place une procédure plus souple pour l’obtention d’une autorisation spécifique covid-19, mais apparem­ment, «elle n’a pas donné les résultats escomptés, notamment parce que les documents exigés ne sont pas faciles à obtenir auprès des fournisseurs en temps de crise.

Ce qui a poussé l’Association ma­rocaine des professionnels des dispo­sitifs médicaux à adresser une note au ministre de la Santé, lui proposant, dans le cadre de l’article 21 de la loi 84-12, de «lever provisoirement l’exi­gence du certificat d’enregistrement à l’importation de tous les dispositifs médicaux pendant les cinq prochains mois et la remplacer par une déclara­tion de l’importateur» via internet.

A charge pour le ministère ensuite de procéder à des contrôles a posterio­ri. Si la procédure en question n’est pas revue, le système de santé serait privé d’une grosse partie des dis­positifs médicaux nécessaires à son fonctionnement. En cause, les délais de traitement des dossiers au Maroc et de prise en charge des commandes par les producteurs. Et pas seulement. «A cause de la forte tension sur ces produits, c’est la logique du pre­mier arrivé, premier servi qui sévit», indique Anouar Yadini, président de l’Association.

En plus de la procédure qu’ils jugent contraignante, les importateurs sont pénalisés par une restriction en matière de change. En raison de la forte demande à l’échelle interna­tionale, les fournisseurs exigent un prépaiement. Or, la réglementation de change limite ces prépaiements à 200.000 DH. Les importateurs pro­posent que ce montant soit dépla­fonné parce qu’il réduit leur marge de manoeuvre.

Par ailleurs, la réduc­tion des lignes maritimes et donc l’allongement des délais de paiement poussent les importateurs de disposi­tifs médicaux à privilégier le fret aé­rien malgré son coût. «Les tarifs sont parfois multipliés par trois», affirme-t-on du côté de l’Association maro­caine des professionnels des disposi­tifs médicaux. A noter que le Maroc reste dépendant de l’étranger pour son approvisionnement. Il ne produit que 10% environ de ses besoins.

Une TVA de 20%!

La TVA de 7% sur les médicaments est régulièrement dénon­cée car elle contribue à renchérir les soins. De plus, de toute la région, le Maroc est le seul pays qui taxe les produits pharmaceu­tiques à l’exception de ceux destinés aux maladies chroniques. Mais pour les dispositifs médicaux, la taxe sur la valeur ajoutée est de 20%, sans oublier les droits d’importation qui varient entre 2,5% et 32% selon la provenance et la nature des composants des dispositifs. Autant d’impôts qui rendent ces produits chers. La gamme des dispositifs médicaux embrasse des milliers de pro­duits allant de la seringue jusqu’au scanner, en passant par les masques, les prothèses, les pacemakers. Les importateurs sug­gèrent que la TVA soit au moins alignée sur celle des médica­ments à défaut d’être supprimée.

Hassan EL ARIF

 

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